Miki Zohar menace Mandelblit de révélations s’il ne démissionne pas
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Miki Zohar menace Mandelblit de révélations s’il ne démissionne pas

Zohar a été critiqué pour avoir dit que l'enregistrement de Mandelblit contre Nitzan prouve la théorie non fondée selon laquelle il a été victime de chantage pour accuser Netanyahu

Le député Likud et président de la commission de réglementation de la Knesset, Miki Zohar, (à droite), mène un débat en vue des prochaines élections, à la Knesset, le 9 septembre 2019. (Yonatan Sindel/FLASH90)
Le député Likud et président de la commission de réglementation de la Knesset, Miki Zohar, (à droite), mène un débat en vue des prochaines élections, à la Knesset, le 9 septembre 2019. (Yonatan Sindel/FLASH90)

Mercredi matin, le président de la commission de réglementation de la Knesset Miki Zohar, un allié fidèle du Premier ministre Benjamin Netanyahu, s’est élevé contre le procureur général Avichai Mandelblit, lui demandant de démissionner et l’avertissant que s’il ne le faisait pas, d’autres enregistrements préjudiciables pourraient bientôt être publiés après la diffusion d’un reportage télévisé sur des conversations téléphoniques enregistrées dans lequel Mandelblit est entendu se plaindre amèrement de Shai Nitzan, le procureur de l’État de l’époque, pour ne pas avoir classé une affaire pénale contre lui.

La menace que des enregistrements supplémentaires soient publiés si le procureur général ne démissionne pas et ne retire pas les charges contre le Premier ministre a été condamnée par Netanyahu et par Mandelblit lui-même.

La diffusion des cassettes par la Douzième chaîne mardi a été perçue par les alliés de Netanyahu – que Mandelblit a inculpé pour corruption au début de l’année – comme soutenant une théorie du complot sans fondement selon laquelle le procureur général avait été victime de chantage de la part du procureur de l’État, des procureurs et de la police pour qu’il engage des poursuites dans le cadre d’une « chasse aux sorcières » visant à évincer le Premier ministre.

Les enregistrements récemment diffusés, tout en mettant en évidence un conflit entre Mandelblit et Nitzan des années avant le début des enquêtes sur Netanyahu, ne fournissent aucune preuve d’un tel chantage.

Néanmoins, Zohar a déclaré à Radio 103FM : « Nous attendons juste que la vérité éclate davantage, prouvant que ce que nous avons dit est vrai, à propos de la coordination corrompue entre Shai Nitzan et Avichai Mandelblit, qui a en fait été victime de chantage de la part de Shai Nitzan pour qu’il dépose à tout prix les actes d’accusation contre Netanyahu ».

Lorsqu’un interviewer a souligné que Mandelblit n’avait déposé une accusation de corruption que dans une des trois affaires contre Netanyahu, alors que Nitzan voulait des accusations de corruption dans les trois, Zohar a affirmé que cela était également coordonné.

« Ils savaient exactement où ils allaient, Shai Nitzan savait que toutes les affaires n’aboutissaient à rien, mais il voulait obtenir le résultat souhaité dans au moins une affaire », a-t-il déclaré.

Le procureur général Avichai Mandelblit, (à gauche), et le procureur sortant Shai Nitzan assistent à une cérémonie d’adieu organisée pour Nitzan à Jérusalem, le 18 décembre 2019. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Zohar a déclaré que la fuite de l’enregistrement n’était qu’un début, et que « je peux garantir que d’autres choses seront bientôt révélées. S’il ne démissionne pas, ce sera un tremblement de terre. Mandelblit n’aura pas d’autre choix que de démissionner et d’annuler les actes d’accusation contre Netanyahu ».

Il a refusé de détailler les éléments supplémentaires, mais a déclaré qu’il y avait davantage de conversations enregistrées et que Nitzan détenait des informations qui pourraient « envoyer Mandelblit derrière les barreaux ».

A la question de savoir comment le fait que Mandelblit ait été en colère contre Nitzan des années avant le début des enquêtes contre Netanyahu prouvait la théorie du chantage, Zohar a répondu : « C’est très simple, vous voulez que votre propre affaire soit classée parce que vous savez que cela met en danger votre position de procureur général… Cette question est restée entre les mains de Shai Nitzan, et le fait même que Shai Nitzan n’ait jamais pris de décision sur la question est ce qui a permis à Mandelblit de rester à son poste ».

L’affaire contre Mandelblit n’a jamais été complètement classée par Nitzan, dont le mandat de procureur de l’Etat a pris fin au début de l’année.

Zohar a également affirmé que Nitzan – un homme nommé par Netanyahu et salué à l’époque par le Premier ministre – était en fait « un homme d’extrême gauche qui a détesté la droite toute sa vie » et voulait que les accusations portées contre le Premier ministre le soient « pour des raisons purement politiques ».

Lorsqu’un interviewer a noté que Nitzan, comme Mandelblit, est un homme religieux – peu d’Israéliens orthodoxes sont de gauche – qui a été nommé par Netanyahu, Zohar a contredit sa précédente déclaration selon laquelle Nitzan était un gauchiste de toujours, disant au contraire qu’il avait « complètement changé, je ne sais plus ce en quoi il croit ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le député Likud Miki Zohar. (Yonatan Sindel/Flash90)

Zohar a été critiqué pour ses propos, des sources du parti de coalition Kakhol lavan de Benny Gantz étant citées par les médias en hébreu comme disant que Zohar devrait être évincé de la présidence de la coalition.

« Il sape la stabilité du gouvernement au quotidien, et tout jour supplémentaire où il reste en fonction nous pousse vers les élections. Israël mérite mieux », aurait déclaré une source.

Zohar a insisté sur Twitter pour dire qu’il n’avait pas menacé Mandelblit, mais il a ajouté : « Les révélations de ces derniers mois sont le reflet d’une pourriture totale et de fausses accusations. Si [Mandelblit] se respecte, il devrait démissionner ».

Netanyahu a publié un communiqué prenant ses distances par rapport à la menace de Zohar.

« Les propos de Miki Zohar ont été tenus à l’insu du Premier ministre et ils ne reflètent pas son opinion », a déclaré le cabinet du Premier ministre. « Le Premier ministre ne s’est pas entretenu avec le député Zohar sur cette question. Le Premier ministre désapprouve ces commentaires inacceptables ».

Le bureau de Mandelblit a répondu que « les menaces ne dissuaderont pas le procureur général de faire son travail », qualifiant de « ridicule et sans fondement » l’affirmation selon laquelle il aurait été victime de chantage ou autrement affecté par des arrière-pensées, et ajoutant que les accusations ont été préparées par de nombreuses personnes et sont actuellement examinées par un panel de juges.

Le procureur général Avichai Mandelblit assiste à un événement à l’hôtel Dan à Jérusalem, le 6 février 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

« Comme cela a été précisé hier, il n’y a aucun lien ou connexion entre les mots prononcés par colère dans une conversation privée entre amis il y a des années, lorsque le Dr Mandelblit était offensé par le traitement dont il faisait l’objet, et les affaires liées au Premier ministre et à d’autres personnes », a ajouté le bureau du procureur général.

Un avocat, Gonen Ben Yitzhak, a déposé une plainte contre Zohar suite à ces propos, alléguant qu’il faisait du chantage à Mandelblit et de l’obstruction à la justice. Mandelblit a déclaré qu’un membre du ministère public s’occuperait de la plainte à sa place en raison d’un conflit d’intérêts.

Les deux appels enregistrés qui ont été diffusés mardi soir et qui ont déclenché le tumulte ont eu lieu entre Mandelblit et le chef de l’Association du Barreau israélien de l’époque, Efi Nave, en 2015 et 2016.

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