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Miriam Adelson aurait prêté un avion pour la visite digne d’une ‘campagne’ de Pence

L'ancien vice-président américain aurait également été accompagné en Israël par Matt Brooks, directeur exécutif de la Coalition juive républicaine et proche d'Adelson

Le Premier ministre Naftali Bennett (à droite) avec l'ancien vice-président américain Mike Pence à Jérusalem, le 8 mars 2022. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett (à droite) avec l'ancien vice-président américain Mike Pence à Jérusalem, le 8 mars 2022. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

WASHINGTON (JTA) – Miriam Adelson, la veuve du magnat des casinos Sheldon Adelson et elle-même faiseuse de roi au sein du parti républicain, aurait mis à disposition de l’ancien vice-président américain Mike Pence un avion pour la semaine, lui offrant ainsi le genre de séances photo appréciées par les candidats à la présidence.

Lors de sa visite en Israël, M. Pence a rencontré le Premier ministre Naftali Bennett et le président Isaac Herzog, il a visité un village dans les implantations en Cisjordanie et s’est arrêté en Ukraine sur le chemin du retour pour constater la dévastation causée par la guerre menée par la Russie contre le pays.

La visite de Pence en Israël, qui était accompagné par sa femme Karen, dans l’avion d’Adelson a été rapportée jeudi par Axios. Si Pence décidait de se présenter face à Donald Trump pour la nomination présidentielle du Parti républicain en 2024, on pourrait voir dans la mise à disposition de l’avion un signal des intentions de la philanthrope milliardaire pour la campagne. Matt Brooks, directeur exécutif de la Coalition juive républicaine et proche d’Adelson, a accompagné M. Pence dans ses déplacements.

Miriam Adelson, une Israélo-Américaine qui finance toute une série d’organisations philanthropiques juives, a été l’un des plus grands soutiens de M. Trump lors des dernières élections, mais elle a laissé entendre l’an dernier, lors d’une conférence de la RJC organisée dans son hôtel de Las Vegas, qu’il était temps de régler les différends que M. Trump avait attisés. Ce dernier serait sur le point de se prononcer sur sa candidature en 2024.

Outre sa rencontre avec Bennett et Herzog, Pence a accordé une interview au quotidien Israel Hayom, qui appartient à Adelson, dans laquelle il s’est engagé à rompre tout accord nucléaire avec l’Iran que Biden aurait négocié. L’abandon de l’accord avec l’Iran était l’une des conditions sine qua non que les Adelson avaient posées aux candidats qui avaient sollicité leur soutien par le passé. Bennett, dans une déclaration, a dit avoir discuté de l’accord avec Pence.

Pence s’est fait photographier, comme il se doit, en train de prier au Mur occidental à Jérusalem.

L’ancien vice-président américain Mike Pence avec le député Itamar Ben-Gvir à l’extrême droite devant le Tombeau des Patriarches à Hébron, le 9 mars 2022. (Crédit : Mike Pence/Twitter)

Pence a également visité une implantation à Hébron pour y prendre le genre de photos qui ravissent les juifs américains de droite et les chrétiens évangéliques pro-israéliens qui veulent qu’Israël annexe la région.

Des photos ont circulé montrant Pence en train de discuter avec Baruch Marzel, un extrémiste qui a été associé à Kach, le mouvement d’extrême droite israélien classé terroriste par les États-Unis. Cela a suscité de vives attaques de la part de la gauche en Israël et aux États-Unis, mais des sources proches de M. Pence ont déclaré que cet entretien n’était pas prévu et que l’ancien vice-président n’avait pas sollicité l’attention de M. Marzel, qui vit dans l’implantation.

Jeudi, Brooks a publié des photos sur les réseaux sociaux de Pence rencontrant des réfugiés et des troupes en Ukraine.

Ces dernières semaines, Pence s’est formellement distancié de Trump et a signalé son intérêt à briguer la présidence dans deux ans. Il aurait ouvertement critique Trump pour l’insistance de l’ancien président sur le fait que Pence avait eu le pouvoir de renverser l’élection de 2020 et de réinstaller Trump, perdant. Plus récemment, Pence a dénoncé les « apologistes du [président russe Vladimir] Poutine », ce qui a également été perçu comme une allusion à Trump.

Pence a été loyal envers Trump tout au long de leur mandat, mais il a été déçu lorsque ce dernier s’est déchaîné sur lui pour son refus de prendre des mesures illégales pour annuler l’élection le 6 janvier 2021, alors que Pence présidait la confirmation par le Congrès de la victoire de Joe Biden à la présidence.

Certains des insurgés présents au Capitole ce jour-là, qui ont interrompu les travaux pendant plusieurs heures, avaient alors lancé un appel à la pendaison de Pence ; une potence de fortune avait été mise en place dans l’enceinte du Capitole.

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