Mont du Temple : un tribunal ordonne la fermeture d’un édifice contesté
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Mont du Temple : un tribunal ordonne la fermeture d’un édifice contesté

Les tensions se sont intensifiées ces dernières semaines autour de la fermeture d'un site de la Porte de la Miséricorde, dont des manifestants ont détruit les portes vendredi

Des fidèles musulmans prient devant une barrière après que la police des frontières a fermé l'une des entrée du mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 12 mars 2019 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Des fidèles musulmans prient devant une barrière après que la police des frontières a fermé l'une des entrée du mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 12 mars 2019 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Un tribunal de Jérusalem a ordonné dimanche la fermeture temporaire d’un édifice situé sur le mont du Temple, au cœur de tensions croissantes ces dernières semaines.

La cour de magistrats de Jérusalem a indiqué que le site connu sous le nom de Porte de la Miséricorde ou Porte dorée devrait rester fermé tant que les procédures judiciaires perdurent.

L’administrateur du site, l’organisation religieuse Waqf, dispose de 60 jours pour réagir.

L’ordonnance fait suite à la destruction d’une porte du site par des fidèles palestiniens deux jours plus tôt, après les prières du vendredi, malgré les appels au calme du Waqf.

Un groupe de manifestants a également hissé le drapeau palestinien au sommet de l’édifice, lequel a été retiré depuis par la police.

Une fille passe devant une porte cassée par les Palestiniens au mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 mars 2019. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

L’espace fortifié depuis près de 500 ans qu’abrite la porte de la Miséricorde a été fermé par les autorités israéliennes en 2003, car le groupe dirigeant la zone avait des liens avec le Hamas, et était resté clos pour mettre fin à des travaux de construction illégale par le Waqf.

Israël pense que les travaux entrepris par le Waqf, qui a refusé toute présence d’observateurs israéliens, selon les autorités israéliennes, ont conduit à la destruction d’antiquités issues de la présence juive dans la zone.

Le Waqf remet régulièrement en cause la fermeture de la zone, y organisant des prières de protestation dégénérant souvent en affrontements avec la police israélienne.

Le mois dernier, le Waqf avait rouvert le site, et les fidèles musulmans se mirent à s’en servir de mosquée, malgré les tentatives israéliennes de maintenir la zone close.

Depuis, plusieurs heurts mineurs éclatent régulièrement entre fidèles musulmans et forces de sécurité israéliennes. Jeudi, la police a ainsi fermé l’ensemble du mont du Temple après le lancement d’un engin incendiaire sur un officier de sécurité, qui s’en est sorti avec des blessures légères.

Un policier israélien retient une Palestinienne aux abords de la Vieille Ville après la fermeture de l’entrée de la mosquée d’Al-Aqsa par la police israélienne, après une attaque au cocktail Molotov contre un poste de police au complexe du mont du Temple, le 12 mars 2019 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Des officiels israéliens et jordaniens de haut rang mènent des discussions dans l’espoir d’apaiser la situation. Plus tôt ce mois-ci, des responsables israéliens se sont ainsi rendus en Jordanie pour participer à des rencontres, et leurs homologues jordaniens en ont fait de même à Jérusalem, selon la presse israélienne.

Les deux parties ne sont pas encore parvenues à un accord, a rapporté le quotidien Haaretz cette semaine.

Amman a proposé de fermer le site pour des rénovations de longue durée. Bien que l’État hébreu approuve, il insiste pour que la clôture ait lieu d’abord sans rénovations, pour affirmer l’autorité d’Israël. C’est ce point de divergence qui bloquerait tout accord pour l’instant.

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