Moody’s maintient la perspective négative pour Israël, invoquant le cessez-le-feu avec l’Iran
L'agence de notation estime que les risques géopolitiques sont élevés et s'inquiète de l'impact de la hausse des dépenses de défense et du ralentissement de la croissance économique
Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Moody’s a décidé de maintenir une perspective négative sur la note souveraine d’Israël, laissant ainsi la porte ouverte à de nouvelles révisions à la baisse. L’agence de notation mondiale met en garde contre « l’augmentation des dépenses de défense et le ralentissement de la croissance économique » dans un contexte de cessez-le-feu « fragile » avec la République islamique.
L’agence a souligné que cette perspective négative reflétait « les risques de détérioration […] liés aux risques géopolitiques et de sécurité très élevés ». Une baisse de la notation entraîne une augmentation des coûts de crédit pour les gouvernements, les entreprises et les ménages.
« Les implications de ces risques pour les perspectives budgétaires et économiques d’Israël pourraient être plus graves que nous ne le pensons actuellement », a déclaré Moody’s.
« Le déclenchement récent d’un conflit militaire direct avec l’Iran pèsera davantage sur les finances publiques d’Israël. »
Le rapport prudent de Moody’s, publié lundi soir, fait suite à un cessez-le-feu conclu le 24 juin, mettant fin à une guerre aérienne de douze jours contre la République islamique. Parallèlement, Israël a entamé des discussions sur un éventuel accord de cessez-le-feu et de libération d’otages avec le groupe terroriste palestinien du Hamas, affaibli par plus de vingt mois de guerre déclenchée par le pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023.
« Le cessez-le-feu entre Israël et l’Iran reste fragile », a souligné Moody’s.
« Un conflit direct avec l’Iran, s’il se prolongeait, aggraverait les difficultés budgétaires d’Israël en raison d’une augmentation significative des dépenses publiques et d’une baisse des recettes, ce qui se traduirait par des déficits budgétaires annuels plus importants et des niveaux d’endettement plus élevés que ceux que nous prévoyons actuellement. »
« La reprise du conflit menacerait également la puissance économique d’Israël en raison des dommages matériels potentiels causés aux infrastructures et de l’affaiblissement des conditions de sécurité, qui pourraient peser sur les investissements et l’activité économique globale », a ajouté l’agence de notation.
Moody’s a maintenu la note de crédit Baa1 d’Israël, invoquant « l’affaiblissement significatif de la situation budgétaire du pays en raison de l’escalade du risque géopolitique » depuis le déclenchement de la guerre contre le Hamas à Gaza en octobre 2023.
« Malgré les cessez-le-feu conclus avec l’Iran et le [groupe terroriste chiite libanais du] Hezbollah au nord, ainsi que la modération des risques liés au conflit militaire à Gaza, les risques géopolitiques et de sécurité restent importants et constituent une source de risques de crédit à la baisse pour Israël », a averti l’agence de notation.
« Au cours des dix-huit derniers mois, l’escalade significative des risques géopolitiques s’est traduite par une détérioration des perspectives financières du gouvernement israélien, que nous avons reflétée dans nos précédentes décisions de notation. »
« Dans le même temps, compte tenu de l’accès très favorable dont bénéficie Israël aux marchés, nous prévoyons que la dette restera relativement abordable et que le gouvernement n’aura aucun mal à répondre à ses besoins de financement », a déclaré l’agence.
Moody’s a souligné que « les facteurs de notation reflètent la résilience économique démontrée face au choc d’un conflit militaire prolongé sur plusieurs fronts, qui devrait se poursuivre selon nos prévisions ».
L’agence de notation prévoit une croissance économique de 2 % pour Israël en 2025 et de 4,5 % en 2026. Ces prévisions sont inférieures à celles révisées lundi par la Banque centrale d’Israël, qui table sur une croissance du PIB de 3,3 % en 2025 et de 4,6 % en 2026.
« Moody’s prend en compte, et à juste titre, l’impressionnante résilience de l’économie israélienne malgré un conflit prolongé, la capacité avérée du pays à lever des capitaux à des conditions très favorables, ainsi que la poursuite de la croissance et des investissements, même au plus fort du conflit direct avec l’Iran », a déclaré Yali Rothenberg, comptable général au ministère des Finances.
« Cependant, compte tenu des réalisations stratégiques, du soutien international exceptionnel et de la relative solidité budgétaire, nous estimons qu’il existe un écart entre l’évaluation de Moody’s et la situation économique globale. »
« Je suis convaincu que les agences de notation, y compris Moody’s, continueront à suivre de près l’évolution de la situation et qu’elles sauront, le cas échéant, actualiser leurs positions afin qu’elles reflètent de manière plus équilibrée les atouts de l’économie israélienne », a déclaré Rothenberg.
En septembre, Moody’s a abaissé la note de crédit d’Israël de deux crans, la faisant passer de A2 à Baa1, invoquant « la baisse de la qualité des institutions et de la gouvernance israéliennes » dans leur capacité à gérer les finances publiques, ainsi qu’une augmentation des dépenses en période de guerre.







