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Naftali Bennet : Idit Silman a « craqué » sous la pression

Le Premier ministre a déclaré que la seule alternative au gouvernement actuel était un nouveau scrutin ; la sécurité de la législatrice a été renforcée en raison de menaces

L'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu à gauche, et l'actuel Premier ministre Naftali Bennett (Crédits : Netanyahu : Menahem Kahana / AFP ; Bennett : Yonatan Sindel / Flash90)
L'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu à gauche, et l'actuel Premier ministre Naftali Bennett (Crédits : Netanyahu : Menahem Kahana / AFP ; Bennett : Yonatan Sindel / Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett a tenu mercredi une réunion d’urgence de sa faction Yamina à la suite de la démission choc d’Idit Silman, cheffe de la coalition et membre du parti. Cette décision a privé le gouvernement de sa majorité parlementaire, sur fond de rumeurs de nouvelles défections potentielles de membres du parti.

Les médias israéliens ont indiqué que l’atmosphère de la réunion était tendue, les députés accusant le Premier ministre de négliger les valeurs fondamentales de son parti et d’adopter une approche beaucoup trop centriste depuis son entrée en fonction.

Bennett, quant à lui, a déclaré qu’il recherchait la stabilité de la coalition et a tenté de projeter la confiance dans les chances de son gouvernement de se relever.

« La principale chose à traiter actuellement est la stabilité de la faction et de la coalition », a déclaré Bennett dans un communiqué publié à l’issue de la réunion.

« J’ai parlé avec tous les chefs de parti – tout le monde soutient ce gouvernement. Ce gouvernement travaille au nom de tous les citoyens du pays. »

Le Premier ministre a déclaré qu’il y avait « une opportunité ici de profiter de cet événement, d’en tirer des leçons et de combler les fossés qui ont été créés… l’alternative est plus d’élections et sans doute encore d’autres d’élections après coup, et un retour aux jours de dangereuse instabilité. »

Bennett n’a pas critiqué publiquement Silman, membre de son propre parti, pour sa décision de quitter le gouvernement, le laissant au bord de la dissolution.

« Idit a subi des persécutions pendant des mois, des harcèlements verbaux incessants » de la part des partisans de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu et du chef du parti d’extrême droite Sionisme religieux Bezalel Smotrich, a-t-il déclaré.

« Elle m’a décrit les menaces qui pèsent sur le lieu de travail de son mari et sur le Bnei Akiva [groupe de jeunes] de ses enfants. À la fin, elle a craqué. »

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett tient une conférence de presse dans une base militaire, près de l’implantation cisjordanienne de Beit El, le 5 avril 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Après la réunion, des responsables anonymes de Yamina ont déclaré à la Douzième chaîne qu’ils étaient optimistes sur le fait que « l’hémorragie s’était arrêtée » et qu’aucune autre défection n’était imminente.

Mais la chaîne a rapporté que le député Abir Kara avait eu des discussions avec Silman et envisageait sérieusement de quitter lui-même la coalition. Plusieurs médias ont déclaré que le député Nir Orbach s’en était pris au Premier ministre lors de la réunion, l’accusant de négliger l’idéologie de son parti.

« Votre utilisation du terme ‘Cisjordanie’ [plutôt que Judée et Samarie] est inacceptable », a déclaré Orbach au sujet des commentaires de Bennett, décriés par la droite, lors de sa rencontre avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken le mois dernier.

« Il n’est lié à aucun des autres partis de la coalition. C’est payer un prix idéologique dans notre propre port d’attache pour rien. Vous m’avez mis dans une situation impossible », a-t-il déclaré, selon la Douzième chaîne.

Un responsable de Yamina cité par la Douzième chaîne a déclaré que Bennett et d’autres dirigeants de la coalition « vivaient dans un monde imaginaire » s’ils pensaient pouvoir sauver le gouvernement actuel. Le responsable a affirmé qu’il y a deux membres de Yamina qui ont déjà déclaré qu’ils migreraient vers une autre coalition de droite si l’une d’entre elles se présentait.

Le député Nir Orbach réagit lors d’une session plénière dans la salle de réunion du parlement israélien sur la loi sur l’électricité reliant les villes arabes et bédouines, à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Auparavant, le chef de l’opposition et chef du parti Likud, Benjamin Netanyahu, avait qualifié la coalition de Bennett de « faible et flasque », estimant qu’elle s’effondrerait en quelques jours.

Netanyahu a félicité Silman pour sa démission et  a appelé « tous les élus du camp [de droite] à rejoindre Idit et à rentrer chez eux. Vous serez accueillis à bras ouverts et avec un respect total ».

Bezalel Smotrich, député d’extrême-droite du parti Sionisme religieux, ancien partenaire de Bennett et fervent opposant du gouvernement, a déclaré que Silman avait pris une initiative « courageuse ».

Le Likud a mené une campagne cinglante sur Internet, une campagne qui a duré des mois, contre le ralliement de Yamina au gouvernement qui a finalement écarté du pouvoir Netanyahu. Silman a été une cible déterminante dans cette campagne.

Avec plus de transfuges, l’opposition pourrait potentiellement renverser le gouvernement et chercher à établir une nouvelle coalition à la Knesset, ou voter pour dissoudre la Knesset et pousser le pays à son cinquième cycle électoral depuis 2019, bien que les voies vers l’une ou l’autre de ces deux options soient compliquées.

Le chef de l’opposition et chef du parti Likud Benjamin Netanyahu assiste à une session plénière spéciale à la Knesset, à Jérusalem, le 6 avril 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu a tenu des réunions avec des responsables de son parti, ainsi qu’avec Smotrich, afin d’envisager ses prochains coups.

Suite à la démission de Silman de la coalition, la législatrice a vu sa sécurité renforcée en raison des menaces proférées à son encontre sur les réseaux sociaux.

L’agitation politique a commencé tôt mercredi avec l’annonce explosive de Silman de sa démission de la coalition, dans laquelle elle a déclaré qu’elle travaillerait pour former un nouveau gouvernement de droite sans avoir recours à de nouvelles élections.

Dans sa lettre de démission, Silman a cité les « préjudices » portés à l’identité juive en Israël comme principale raison de sa démission.

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