Netanyahu accusé de favoriser une « prétendue » crise pour avancer les élections
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Netanyahu accusé de favoriser une « prétendue » crise pour avancer les élections

Les derniers sondages prédisent la victoire au Likud, en cas d'élections anticipées, malgré plusieurs enquêtes policières en cours concernant le Premier ministre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 17 décembre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 17 décembre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Des membres de la coalition gouvernementale ont accusé dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, confronté à une possible inculpation dans au moins deux affaires de corruption présumée, de favoriser une « prétendue crise » politique afin de provoquer des élections anticipées.

Les derniers sondages prédisent en effet la victoire à son parti, le Likud, en cas d’élections anticipées, malgré plusieurs enquêtes policières en cours le concernant.

Une victoire lors de législatives anticipées pourrait renforcer sa position avant la décision du procureur général sur une éventuelle inculpation.

S’exprimant dimanche avec les ministres du Likud, M. Netanyahu a déclaré qu’ils « travaillaient pour un gouvernement stable qui fonctionnerait jusqu’à la fin de son mandat, en novembre 2019 », affirmant qu’il n’était pas à l’origine de cette crise.

« Pour que cela se produise, toutes les factions doivent parvenir à un accord et décider de continuer ensemble », a déclaré le Premier ministre. « Nous travaillons pour essayer d’y parvenir parce que les citoyens israéliens veulent un gouvernement stable qui durera le temps prévu. »

Mais certains au sein du gouvernement laissent entendre qu’il aurait d’autres objectifs.

Les prochains jours s’annoncent en tout cas décisifs pour cette coalition.

L’un des partis représentant les Juifs ultra-orthodoxes menace en effet de ne pas voter le budget si une nouvelle loi dispensant de service militaire les étudiants des écoles talmudiques n’est pas adoptée. Les risques d’élections anticipées ont nettement augmenté dimanche soir, alors que les chefs spirituels des principales factions politiques ultra-orthodoxes ont rejeté un projet de loi de compromis à ce sujet proposé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le ministre des Finances, Moshe Kahlon, lors d’une conférence de presse au ministère des Finances à Jérusalem, le 8 janvier 2018. (Hadas Parush/Flash90)

« Si le budget n’est pas adopté d’ici à Pâques (fin mars), je recommanderai à mon parti de quitter le gouvernement », a également prévenu le ministre des Finances Moshe Kahlon, un centriste. Une défection des dix députés du parti signifierait la fin de la coalition.

Interrogé sur la possibilité d’une dissolution du gouvernement, Kahlon a déclaré : « Nous sommes prêts pour des élections. Bien sûr. »

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman, farouche adversaire de l’exemption des ultra-orthodoxes, a lui aussi mis sa participation gouvernementale dans la balance. Netanyahu a déclaré qu’un gouvernement sans le parti de Liberman, Yisrael Beytenu, n’était « pas une option ». Une destitution de Liberman du gouvernement laisserait Netanyahu avec 61 sièges, face aux 59 de l’opposition.

« Une chose est claire : un gouvernement avec 61 [députés] ne peut pas tenir. C’est clair pour tout le monde. Déjà ce matin, nous avons compris que même des membres du Likud [et notamment Yehuda Glick, qui a annoncé qu’il voterait contre le budget si des mesures anti-tabagisme n’étaient pas incluses] conditionnaient leurs votes en échange d’un certain nombre de demandes. 61 n’est pas une option », a-t-il dit. « Nous allons donc continuer à chercher un compromis. »

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman à la salle de crise du ministère des Affaires étrangères pour discuter des secours envoyés au Népal, le 30 avril 2015 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Alors que le gouvernement comptait seulement 61 députés en 2015, Netanyahu a travaillé pour finalement inclure les cinq membres d’Yisrael Beytenu à sa coalition et augmenter sa faible majorité. Il avait alors nommé Liberman ministre de la Défense un peu plus d’un an plus tard.

Le ministre de l’Education Naftali Bennett, chef du parti nationaliste religieux HaBayit HaYehudi, l’un des piliers de la coalition, a quant à lui déclaré dimanche qu’une « bonne solution » avait été trouvée pour régler la question du service militaire des ultra-orthodoxes. « Je peux vous assurer qu’il n’y a pas de crise », a-t-il dit.

« Il se peut que, pour des raisons personnelles, certains aient intérêt à perpétuer cette crise et mener à des élections mais au final, une seule personne décidera s’il veut ou non des élections et c’est le Premier ministre », a ajouté M. Bennett.

« Si Bennett s’était vraiment soucié du gouvernement de droite, il s’engagerait à rester au gouvernement jusqu’à la fin du mandat en novembre 2019. Mais la dernière chose à laquelle Bennett pense est à stabiliser le gouvernement national dirigé par Netanyahu. Comme ses remarques de ce matin le révèlent, Bennett est en train de comploter afin de faire tomber le Premier ministre Netanyahu et d’obtenir une promotion, » lisait-on dans un communiqué du Likud.

M. Netanyahu a rencontré samedi soir les dirigeants des partis ultra-orthodoxes et a évoqué un projet de loi qui répondrait aux exigences juridiques et politiques.

Le porte-parole du vice-ministre de la Santé Yaakov Litzman, du parti ultra-orthodoxe YaHadout HaTorah, a également déclaré dimanche qu’il y avait des négociations en cours autour de la loi sur la conscription.

« Le sentiment est que le Premier ministre est tombé amoureux de cette prétendue crise » mais qu' »à partir du moment où les chefs des partis ultra-othodoxes ont annoncé qu’il y avait un accord sur cette question, la crise a été résolue », a écrit sur Twitter le député Yaakov Margui, du parti ultra-orthodoxe séfarade Shas.

Afin de laisser plus de temps aux partis pour tenter de régler leurs différends, la ministre de la Justice Ayalet Shaked (HaBayit HaYehudi) a déclaré samedi soir qu’une réunion du Comité ministériel de la législation, qui fixe le programme législatif de la semaine, serait repoussée du dimanche au lundi.

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