Netanyahu épargnera Assad, mais exhorte Poutine à « sortir les Iraniens de Syrie »
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Netanyahu épargnera Assad, mais exhorte Poutine à « sortir les Iraniens de Syrie »

Le Premier ministre aurait demandé à la Russie de faire partir les troupes iraniennes de Syrie, quelques heures avant que le conseiller principal de Khamenei ne se rende à Moscou

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) serre la main du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de leur rencontre au Kremlin à Moscou le 11 juillet 2018. (AFP/Pool/Yuri Kadobnov)
Le président russe Vladimir Poutine (à droite) serre la main du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de leur rencontre au Kremlin à Moscou le 11 juillet 2018. (AFP/Pool/Yuri Kadobnov)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mercredi au président russe Vladimir Poutine qu’Israël ne cherchera pas à destituer le dictateur syrien Bachar Assad du pouvoir, tout en exhortant Moscou à évacuer les troupes iraniennes du pays, selon un responsable israélien.

« Nous ne prendrons pas de mesures contre le régime d’Assad, et vous faites sortir les Iraniens », a déclaré Netanyahu à Poutine, selon l’agence de presse Reuters, citant un responsable israélien qui a demandé à rester anonyme.

Selon un rapport du mois dernier, la volonté d’Israël de laisser Assad au pouvoir fait écho à la position américaine.

Un diplomate occidental a déclaré à Al-Hayat en juin que les Etats-Unis sont disposés à ce qu’Assad reste au pouvoir et ne s’oppose pas au régime qui reconquiert toutes les zones qu’il a perdues aux mains des groupes rebelles pendant les sept années de guerre civile.

Le président syrien Bashar el-Assad, (à gauche), le président russe Vladimir Poutine et le ministre russe de la Défense Sergei Choigou inspectent un défilé militaire lors de leur visite à la base aérienne russe de Hmeimim, dans la province de Lattaquié, le 11 décembre 2017. (Crédit : Mikhail Klimentyev / AFP)

Des médias ont suggéré que lors de leur réunion à Helsinki lundi, Poutine et le président américain Donald Trump pourraient parvenir à un accord qui envisagerait le déploiement de forces gouvernementales syriennes le long de la frontière israélienne et le retrait des forces iraniennes et de leur mandataire, le Hezbollah, de la région.

Les États-Unis et Israël sont inquiets de la présence militaire croissante de l’Iran en Syrie, où il a fourni une aide cruciale aux forces d’Assad.

Israël a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne permettra pas à l’Iran, ou à ses mandataires chiites, d’établir une présence permanente dans la Syrie de l’après-guerre. Ces derniers mois, des tensions ont commencé à se faire jour le long de la frontière, Israël lançant des attaques contre des cibles iraniennes en Syrie en réponse aux tirs de roquettes iraniens visant Israël.

La Russie, l’autre allié clé d’Assad, a averti qu’il était irréaliste de s’attendre à ce que l’Iran se retire complètement du pays, mais des signes laissent entrevoir l’émergence d’un compromis.

Lors de leur réunion de mercredi, Netanyahu a également insisté auprès de Poutine sur le fait qu’Israël continuerait à contrecarrer tout effort de violation de ses frontières, ajoutant que Jérusalem surveille de près l’évolution de la situation régionale en Iran et en Syrie.

« Nous continuerons à agir fermement contre toute violation de l’espace aérien ou du territoire israélien », a déclaré M. Netanyahu à l’approche d’une réunion entre les deux dirigeants à Moscou. « Nous attendons de chacun le respect de notre souveraineté et que la Syrie respecte scrupuleusement les accords de cessez-le-feu. »

Plus tôt dans la journée, Israël a abattu ce qui semblait être un drone de reconnaissance syrien qui est entré dans l’espace aérien israélien au nord du pays. L’armée a déclaré avoir attendu plus de 15 minutes avant de tirer un missile Patriot sur le drone, période au cours de laquelle les responsables ont vérifié qu’il n’était pas dirigé par la Russie, qui fournit un soutien militaire au régime syrien.

Une traînée de fumée d’un missile Patriot qui a intercepté un drone syrien qui est entré dans l’espace aérien israélien depuis la Syrie, comme on a pu le voir au-dessus de la ville de Safed, au nord d’Israël, le 11 juillet 2018. (David Cohen/Flash90)

L’armée israélienne a confirmé qu’Israël avait été en contact direct avec les forces russes basées en Syrie afin de s’assurer qu’il ne s’agissait pas de leur drone.

« La coopération entre nous est un élément clé pour prévenir l’escalade [des hostilités] et la détérioration de la situation d’une manière ou d’une autre », a déclaré M. Netanyahu.

« Il est clair que nous nous concentrons sur la Syrie et l’Iran », a ajouté le Premier ministre lors de la réunion de mercredi soir. « Nous pensons que l’Iran devrait quitter la Syrie, mais nous ne vous apprenons rien ».

Ali Akbar Velayati , conseiller du Guide suprême iranien Ali Khamenei (Crédit : capture d’écran YouTube)

Ali Akbar Velayati, conseiller principal de l’Ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême de l’Iran, se rendait également mercredi à Moscou pour une réunion avec M. Poutine.

Alors que la Russie et l’Iran ont déployé des forces en Syrie pour aider à soutenir le gouvernement d’Assad, leurs intérêts ne convergent pas toujours. La Russie a également maintenu des liens chaleureux avec Israël et s’est montrée disposée à tenir compte de ses préoccupations en matière de sécurité. Israël et la Russie ont mis en place un mécanisme de coordination de l’espace aérien syrien afin d’éviter un affrontement involontaire entre leurs forces.

En février, Israël a déclaré avoir intercepté un drone iranien chargé d’explosifs qui a survolé son espace aérien, déclenchant des frappes aériennes israéliennes sur des cibles iraniennes en Syrie. Un avion de guerre israélien a été abattu pendant les représailles.

Le ministre russe de la Défense Sergei Shoigu a déclaré dans une interview au journal italien Il Giornale publié mercredi que Moscou espère qu’Israël et l’Iran feront preuve de prudence et éviteront un affrontement.

« L’usage de leur force militaire en Syrie conduirait inévitablement à une escalade des tensions dans toute la région du Moyen Orient », a-t-il expliqué. « Dans ce contexte, nous comptons sur des moyens diplomatiques pacifiques pour résoudre tout différend et attendons des deux parties qu’elles fassent preuve de retenue. »

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