Netanyahu : Israël prend des mesures contre la fabrication d’armes au Liban
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Netanyahu : Israël prend des mesures contre la fabrication d’armes au Liban

Le Premier ministre réaffirme le droit d'Israël à l'auto-défense, souligne que le conflit avec l'Iran en Syrie n'est pas terminé

Une photo d'un avion de combat furtif F-35 israélien survolant la capitale libanaise de Beyrouth, qui aurait fuité aux informations sur la chaîne israélienne Hadashot. (Capture d'écran)
Une photo d'un avion de combat furtif F-35 israélien survolant la capitale libanaise de Beyrouth, qui aurait fuité aux informations sur la chaîne israélienne Hadashot. (Capture d'écran)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu’Israël prenait des mesures contre la fabrication d’armes au Liban et menaçait de poursuivre les combats avec l’Iran.

La menace directe de Netanyahu contre le Liban fait suite aux avertissements répétés des autorités israéliennes selon lesquels l’Iran pourrait essayer de fabriquer des missiles perfectionnés au Liban pour être utilisés contre Israël par le groupe terroriste du Hezbollah.

« Nous nous efforçons d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires. Dans le même temps, nous nous opposons à l’établissement d’une présence militaire iranienne contre nous ; à cette fin, nous nous opposons également au transfert d’armes meurtrières de la Syrie au Liban ou à leur fabrication au Liban. Toutes ces armes sont destinées à être utilisées contre l’État d’Israël et il est de notre droit – fondé sur le droit de légitime défense – d’empêcher leur fabrication ou leur transfert ».

Netanyahu n’a pas précisé quelles mesures étaient prises contre les armements au Liban.

Israël aurait effectué des dizaines de frappes aériennes contre des cibles en Syrie, dont des installations militaires iraniennes, mais s’est surtout abstenu de mener des attaques au Liban, où le Hezbollah est un acteur majeur dans le gouvernement du pays.

La semaine dernière, le chef des forces aériennes israéliennes Amikam Norkin a montré aux généraux en visite une photo d’un chasseur furtif israélien F-35 volant près de Beyrouth, dans ce qui était considéré comme un message direct au Hezbollah.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a répondu vendredi, disant que son groupe ne voulait pas d’une guerre, mais qu’il en gagnerait certainement une.

Les responsables israéliens pensent que l’Iran, qui ne parvient pas à transférer efficacement des armes au Liban par l’intermédiaire du croissant chiite, cherche à fabriquer les armes sur le territoire libanais.

Israël a mené une guerre punitive contre le Hezbollah en 2006. Jérusalem pense que le groupe s’est depuis lors réarmé avec des dizaines de milliers de missiles qui peuvent menacer l’ensemble du pays, mais qui ne disposent pas de la technologie des missiles guidés.

Ces dernières semaines, les autorités israéliennes ont également averti que le Liban pourrait en pâtir si Israël prenait des mesures contre le Hezbollah.

La branche politique du groupe terroriste soutenu par l’Iran a vu ses fortunes politiques s’accroître ces dernières années, y compris lors d’une récente élection qui a fait du groupe le principal rival du Premier ministre Saad Hariri.

Israël a aussi régulièrement signalé que l’Iran, tout en aidant son allié Bashar el-Assad à combattre une insurrection de longue date en Syrie, s’est efforcé d’établir une présence militaire puissante dans le pays.

Les frappes aériennes d’Israël ces derniers mois sur des sites militaires soutenus par l’Iran en Syrie, qu’il admet rarement ouvertement, ont conduit à une augmentation des tensions dans la région de la frontière nord et, plus tôt ce mois-ci, des tirs de plusieurs dizaines de missiles sur le nord d’Israël, apparemment appuyés par les forces iraniennes, ont entraîné une attaque massive de représailles israéliennes.

Netanyahu a déclaré à sa réunion du cabinet que les combats avec l’Iran, qui se sont calmés ces derniers jours, n’étaient pas terminés.

« Le régime de Téhéran est le principal facteur qui mine la stabilité au Moyen-Orient », a déclaré M. Netanyahu au début de la réunion hebdomadaire du cabinet à son bureau à Jérusalem. « La campagne contre son agression n’est pas terminée, elle est toujours en cours. »

Une carte illustrant les localisations des frappes israéliennes en Syrie en réponse à une attaque iranienne présumée sur le plateau du Golan, le 10 mai 2018 (Forces de défense israéliennes)

Le Premier ministre a également révélé qu’il avait personnellement remercié le secrétaire d’État américain Mike Pompeo pour la position ferme de Washington contre l’Iran au sujet de ses aspirations en matière d’armes nucléaires et de son programme de missiles.

« J’ai parlé avec le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et je lui ai dit que je le remerciais pour l’approche que les États-Unis présentent contre l’accord nucléaire iranien et contre l’agression iranienne dans notre région », a déclaré M. Netanyahu.

La semaine dernière, M. Pompeo a prononcé une allocution dans laquelle les États-Unis ont demandé que des sanctions soient imposées à l’Iran à la suite du retrait de l’accord nucléaire, notamment en mettant fin aux activités déstabilisatrices dans la région et aux menaces à l’encontre d’Israël.

M. Pompeo a spécifiquement menacé d’“écraser” les mandataires iraniens tels que le Hezbollah.

Mercredi, M. Pompeo a déclaré à la Commission des affaires étrangères de la Chambre que l’administration Trump travaillerait avec « autant de partenaires, d’amis et d’alliés que possible » pour pour régler la question iranienne, mais son plan a été accueilli avec un scepticisme généralisé, en particulier de la part des autres signataires de l’accord sur le nucléaire.

Les responsables iraniens ont largement rejeté les demandes de Pompeo et se sont engagés à faire avancer leurs programmes militaires. Netanyahu était l’un des rares dirigeants étrangers à faire publiquement l’éloge du discours de Pompeo.

Le président américain Donald Trump a annoncé le 8 mai qu’il retirait les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, connu sous le nom de Plan d’action global conjoint, dans lequel de lourdes sanctions contre l’Iran ont été levées en échange du démantèlement par Téhéran des aspects de son programme nucléaire pouvant servir à la fabrication d’armes.

Netanyahu a également averti qu’Israël ne tolérerait pas « l’agression contre nous depuis la bande de Gaza », se référant aux échanges du week-end le long de la frontière entre Israël et Gaza.

Trois membres du Jihad islamique palestinien ont été tués dimanche matin lorsque des chars israéliens ont tiré sur l’une des positions du groupe terroriste dans la bande de Gaza en réponse à la pose d’un engin explosif le long de la frontière de Gaza. Israël a également effectué des frappes aériennes samedi à Gaza sur les positions des groupes terroristes du Hamas après que les Palestiniens ont violé la clôture de la frontière et sont entrés sur le territoire israélien.

C’était le dernier échange de violence meurtrière à la frontière au cours duquel des dizaines de milliers de Palestiniens ont pris part aux manifestations organisées par le Hamas. Israël affirme que le Hamas utilise les manifestations comme couverture pour prendre d’assaut la clôture et mener des attaques à l’intérieur du territoire israélien.

Netanyahu a ouvert son discours en présentant ses condoléances pour la mort de Ronen Lubarsky, un soldat d’une unité d’élite de l’armée qui est mort samedi, deux jours après avoir été grièvement blessé lorsque des Palestiniens ont lâché un bloc de marbre sur sa tête depuis un toit au troisième étage pendant une opération de Tsahal pour arrêter des terroristes présumés en Cisjordanie.

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