Netanyahu : la violence et le chaos entre Arabes et Juifs sont « insupportables »
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Netanyahu : la violence et le chaos entre Arabes et Juifs sont « insupportables »

Les députés de tous bords politiques ont crié leur indignation face à des "prémices d'une guerre civile" et appellent au calme après émeutes et lynchages

Colonnes de fumée au-dessus de la ville de Lod, secouée par des émeutes, le 12 mai 2021. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)
Colonnes de fumée au-dessus de la ville de Lod, secouée par des émeutes, le 12 mai 2021. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dans une vidéo que la violence et le chaos entre Arabes et Juifs ces derniers jours sont « insupportables ».

« Nous avons vu des émeutiers arabes mettre le feu à des synagogues, mettre le feu à des voitures, agresser la police, attaquer des civils innocents pacifiques. Nous ne pouvons pas l’accepter. C’est l’anarchie », a-t-il dit.

« Rien ne peut justifier qu’une foule arabe agresse des Juifs, et rien ne peut justifier qu’une foule juive agresse des Arabes ».

« Je me fiche que votre sang soit en ébullition. Alors il est bouillant. C’est sans importance. Vous ne pouvez pas faire justice vous-même. Vous ne pouvez pas venir vers un citoyen arabe et essayer de le lyncher, tout comme nous ne pouvons pas voir des citoyens arabes le faire à des citoyens juifs. Cela ne sera pas toléré ».

« Cette violence ne nous ressemble pas », poursuit-il. « Nous allons ramener l’ordre et la loi dans toutes les villes israéliennes ».

Netanyahu a ajouté qu’il apportera un soutien total et davantage de pouvoirs et de ressources à la police pour qu’elle fasse respecter la loi, et a déclaré qu’il envisageait également d’envoyer des forces militaires dans les villes dans la mesure où la loi le permet.

« Si nécessaire, nous légiférerons davantage [pour le faire] », a-t-il dit.

Le président Reuven Rivlin est intervenu sur la Douzième chaîne de télévision israélienne et a imploré les Israéliens de mettre fin à la « folie » qui se déroule dans les rues des villes judéo-arabes.

Le président Reuven Rivlin jette un bulletin dans l’urne dans un bureau de vote de Jérusalem, pendant les élections à la Knesset, le 2 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/ Flash90)

« Je suis très inquiet », a-t-il dit, ajoutant qu’il « crie » à la paix intérieure alors qu’Israël fait face à des attaques d’ennemis extérieurs.

« Je lance un appel et une supplique à tous les dirigeants locaux, aux chefs religieux, aux citoyens, aux parents. Faites tout ce que vous pouvez pour arrêter cette chose terrible qui se passe sous nos yeux », a-t-il dit.

« Nous avons affaire à une guerre civile entre nous sans aucune raison. S’il vous plaît, arrêtez cette folie ».

« Je vous en supplie. Ce pays appartient à chacun d’entre nous. Désistez-vous. »

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, publie une déclaration en réponse aux émeutes brutales qui ont lieu dans tout le pays et au cours desquelles des foules arabes et juives ont pris pour cible des passants innocents.

« Ce soir, plus que jamais, ce sont nos divisions internes qui nous menacent. Elles ne sont pas moins dangereuses que les missiles du Hamas », déclare Gantz.

« Nous ne devons pas gagner la bataille à Gaza et perdre la bataille chez nous ». Les images dures des villes et des rues ce soir sont des Israéliens qui se déchirent les uns les autres. La violence choquante à Bat Yam, Akko, Lod et d’autres villes nous retourne l’estomac et nous brise le cœur à tous », ajoute-t-il.

Le député Yamina Bezalel Smotrich s’exprime lors d’une session plénière de la Knesset à Jérusalem le 24 août 2020. (Oren Ben Hakoon / Pool / Flash90)

Le député d’extrême droite Bezalel Smotrich, chef du Parti sioniste religieux, a affirmé avoir « avoir honte » de ce lynchage d’une « cruauté atroce ». « Frères juifs, Stop!! Nous ne pouvons en aucun cas nous laisser aller à des actes violents », a-t-il ajouté.

« Je viens de visionner un clip que je ne peux pas partager ici de Juifs qui malmènent un passant arabe innocent et je suis choqué et honteux jusqu’au fond de mon âme », a-t-il tweeté.

« Nous vivons des jours difficiles, nous sommes attaqués, frustrés… mais bon sang, comment les Juifs peuvent-ils être aussi cruels ?! Terrible. »

Smotrich est depuis longtemps accusé d’attiser les tensions raciales et religieuses.

Il a récemment déclaré que les Arabes sont des citoyens d’Israël, « pour l’instant du moins ».

Le président du parti Yesh Atid Yair Lapid a publié un communiqué dans lequel il affirme que « la violence ne nous vaincra pas. La violence ne dictera pas nos vies ».

Dans son communiqué, Lapid assure que de la même manière que « les émeutiers de Lod et d’Akko ne représentent pas tous les Arabes israéliens, les émeutiers de Bat Yam et les membres de La Familia, Lehava et Kahana Lives sont une bande de racistes pathétiques qui ne représentent pas les Juifs d’Israël », faisant référence aux groupes juifs extrémistes.

« La grande majorité du peuple d’Israël, Juifs et Arabes, est bien meilleure que cela. La majorité d’entre nous croit en la coexistence. Le rôle des dirigeants des deux camps est de faire baisser les flammes, d’appeler tout le monde à respecter la loi, de réduire les tensions et de contribuer à rétablir l’ordre. La violence ne nous vaincra pas. La violence ne nous vaincra pas. La violence ne dictera pas nos vies. Nous ne tolérerons pas une situation où des synagogues sont brûlées, où des innocents sont battus et où la vie de ceux qui vivent dans des villes mixtes devient un enfer« , a clamé Lapid.

Le chef du parti Tikva Hadasha Gideon Saar a déclaré que les scènes de chaos à Bat Yam, Haïfa, Akko, Lod et ailleurs « ne laissent pas de place au doute : nous risquons de glisser vers une guerre entre citoyens ».

« Notre engagement envers nos enfants dans ce pays nous oblige tous à agir pour calmer les esprits », a-t-il ajouté.

Pour Issawi Freij, député arabe du Meretz, il s’agit des « prémices d’une guerre civile ».

Issawi Freij, député du Meretz, à la Knesset, le 17 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Freij a déclaré au Times of Israël que les scènes d’émeutiers juifs attaquant des Arabes israéliens le terrifient et qu’il craint que « le pire soit à portée de main. Il sera très difficile d’aller de l’avant », a dit Freij.

« Je suis terrifié à l’idée que les choses se détériorent davantage. Nos jeunes [arabes] insouciants vont vouloir se défendre. »

Freij a évoqué les événements d’octobre 2000, marqués par une série d’affrontements entre Arabes israéliens et policiers israéliens, au cours desquels 13 Arabes ont été tués.

Ces événements ont façonné la relation entre les Arabes israéliens et l’État israélien pendant une génération. Une enquête de l’État a révélé que la police avait fait un usage excessif de la force, mais aucun responsable n’a été inculpé.

« C’est bien pire qu’en octobre 2000. À l’époque, nous avons assisté à des affrontements entre la société arabe et la police. Ce que nous voyons maintenant, c’est entre les citoyens arabes et les citoyens juifs. C’est comme une guerre civile, sans armes », a dit e député.

Freij a appelé les dirigeants arabes et juifs à descendre dans la rue et à chercher à rétablir le calme. « Maintenant, s’il vous plaît, il n’est pas trop tard. Sortez et faites entendre votre voix », a plaidé Freij.

Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a accusé « l’imprudence du Premier ministre et du ministre de la Sécurité intérieure, qui sont à la fois responsables et coupables de cette situation ».

Le grand rabbin séfarade Yitzhak Yosef assiste à la vente traditionnelle du hametz (nourriture contenant du levain) de l’État d’Israël à un non-juif avant la prochaine fête de Pessah, le 29 mars 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Le grand rabbin sépharade d’Israël Yitzhak Yosef a publié une déclaration implorant les Juifs de ne pas devenir violents contre les citoyens arabes.

« Des civils israéliens innocents sont attaqués par des organisations terroristes, le sang coule à flot et nos cœurs sont indignés, les scènes sont difficiles à regarder. Mais nous ne devons pas nous laisser entraîner par les provocations et par le fait de blesser des gens ou de porter atteinte à des biens », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que la Torah ne permet pas de faire la loi soi-même. « Le travail de retour à l’ordre doit être laissé à la police », a-t-il déclaré. « Nous devons être une lumière pour les nations, et non, à Dieu ne plaise, le contraire ».

L’AFP a contribué à cet article.

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