Netanyahu : le Jihad islamique sait qu’Israël continuera à frapper « sans pitié »
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Netanyahu : le Jihad islamique sait qu’Israël continuera à frapper « sans pitié »

Le nouveau ministre de la Défense indique qu'Israël pourrait éliminer d'autres chefs terroristes ; le Likud menace d'intensifier les frappes à Gaza si les roquettes continuent

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration à la presse après une réunion du cabinet de sécurité suite à l'escalade de la violence dans la bande de Gaza, au Quartier général de l'armée, la Kirya, à Tel Aviv, le 12 novembre 2019. (Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration à la presse après une réunion du cabinet de sécurité suite à l'escalade de la violence dans la bande de Gaza, au Quartier général de l'armée, la Kirya, à Tel Aviv, le 12 novembre 2019. (Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a lancé mercredi matin un avertissement aux groupes terroristes de la bande de Gaza après une journée d’intenses combats avec le Jihad islamique palestinien, tout comme le ministre de la Défense Naftali Bennett dans ses premières remarques publiques depuis sa prise de fonctions.

« Nous continuons à frapper le Jihad islamique après avoir éliminé son commandant en chef dans la bande de Gaza », a déclaré M. Netanyahu lors d’une réunion spéciale du cabinet, évoquant l’assassinat ciblé de Baha Abu al-Ata, mardi matin, qui a provoqué cette escalade.

« Il était responsable de la plupart des attentats terroristes perpétrés dans la bande de Gaza au cours de l’année écoulée et prévoyait d’en commettre d’autres dans les prochains jours », a ajouté M. Netanyahu. Les commentaires du Premier ministre ont été ponctués par de nouvelles alertes de roquettes en provenance de la bande de Gaza.

« Cessez vos attaques, ou vous prendrez encore plus de coups », a prévenu mercredi le Premier ministre israélien s’adressant au Jihad islamique palestinien.

« Nous sommes déterminés à combattre et à défendre notre pays, et s’ils pensent que ces salves de roquettes vont nous affaiblir ou nous faire perdre notre détermination, ils se trompent », a déclaré M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

« Ils n’ont donc qu’un choix : arrêter ces attaques ou prendre de plus en plus de coups. C’est leur choix », a mis en garde le Premier ministre israélien.

Précisant qu’Israël n’est pas tourné vers une escalade, M. Netanyahu a déclaré encore que l’armée « répondra à chaque attaque par une attaque plus virulente ».

Mercredi midi, au moins 250 roquettes avaient été lancées depuis mardi matin sur des agglomérations israéliennes ; les tirs de roquettes ont repris mercredi matin après une brève nuit de répit.

« Cela peut prendre du temps », a averti M. Netanyahu, appelant les Israéliens à rester vigilants. « Nous voyons que ceux qui obéissent aux instructions du Commandement du Front intérieur ont de très grandes chances de ne pas être blessés. Les ordres sont clairs, je vous demande de continuer à les suivre. »

Naftali Bennett, chef de HaYamin HaHadash, durant une conférence de presse à Expo Tel Aviv, le 5 septembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Bennett, dans sa première déclaration depuis qu’il est devenu ministre intérimaire de la Défense mardi, a déclaré : « Hier matin, l’armée israélienne et les forces de sécurité ont pris des mesures vitales pour la sécurité d’Israël. Baha Abu al-Ata était un architecte terroriste du Jihad islamique qui s’est employé à terroriser les citoyens israéliens. Il a été éliminé. Nous l’avons fait hier et nous n’hésiterons pas à agir à l’avenir.

« Ce matin, nous envoyons un message clair à tous nos ennemis, où qu’ils soient : Quiconque a l’intention de nous faire du mal pendant la journée ne peut jamais être sûr qu’il passera la nuit », a-t-il poursuivi.

« Vous êtes et resterez dans notre ligne de mire. »

Lors d’entretiens avec les médias mercredi matin, plusieurs ministres du Likud ont menacé qu’Israël intensifiera ses frappes si les nombreux tirs de roquettes se poursuivent et si le Hamas ne prend pas de mesures contre cela.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, le 9 juillet 2019. (Crédit : Flash90)

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan a salué le rival de Netanyahu, le chef de Kakhol lavan Benny Gantz, pour avoir apporté son soutien total à l’opération à Gaza, se disant « heureux pour cela ».

« Les écarts ne sont pas grands, mais c’est quelque chose qui démontre notre besoin d’unité », a-t-il dit au sujet des efforts pour parvenir à une coalition gouvernementale après les élections peu concluantes de septembre. « Si nous arrivons à la situation d’une vaste opération à Gaza, Dieu nous en préserve, si le Hamas ne comprend pas le message, bien sûr, il vaudrait mieux que ce soit avec un consensus total. »

Le ministre Zeev Elkin, également membre du cabinet de sécurité, a déclaré : « Notre mission pour ce round [de violence] a été accomplie », en référence à l’assassinat d’Abou al-Ata.

« Nous avons définitivement rétabli la dissuasion », a affirmé Elkin, s’adressant à la Douzième chaîne. « L’une des personnes les plus importantes de leurs rangs est partie, et tout le monde comprend qu’on peut atteindre n’importe qui, n’importe où ». Celui qui succédera à Baha Abou al-Ata dans la direction du Jihad islamique doit comprendre qu’il doit changer sa politique, sinon il va rapidement le rejoindre [Abou al-Ata]. »

Le ministre de la Protection de l’Environnement Zeev Elkin arrive pour la nouvelle réunion hebdomadaire du cabinet, au Bureau du Premier ministre à Jérusalem le 2 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Des écoles dans le sud d’Israël et aussi loin de Gaza que la ville de Rehovot ont reçu l’ordre de rester fermées mercredi. Cela comprenait les grandes villes du sud, Ashkelon, Ashdod, Beer Sheva et Yavne, ce qui signifie que des centaines de milliers d’élèves sont restés chez eux.

Mais le Commandement du Front intérieur a déclaré mardi soir, tard dans la nuit, qu’aucune restriction de sécurité n’empêchait les écoles et les entreprises de la région métropolitaine de Tel Aviv et de la région de Shfela de fonctionner normalement, après l’annulation des cours et la fermeture temporaire à Tel Aviv des entreprises non essentielles pour la première fois depuis la guerre du Golfe en 1990.

Elkin et Erdan ont tous deux justifié la décision de fermer des écoles et de nombreux lieux de travail dans toutes les villes et communautés de la région de Gaza à Tel Aviv, affirmant que l’un des scénarios présentés initialement par les responsables de la sécurité prévoyait la possibilité de lancer beaucoup plus de roquettes sur le centre du pays. Une fois que cela ne s’est pas concrétisé, ils ont dit que c’était le bon choix de supprimer la plupart des mesures d’urgence dans le centre d’Israël mercredi.

Le ministre Yuval Steinitz a déclaré au site d’information Ynet que l’option d’une opération terrestre dans la bande de Gaza était sur la table, et que malgré le prix immense qu’une telle opération impliquerait, « un jour nous n’aurons plus d’autre choix que de le faire ».

Depuis mardi, deux personnes en Israël ont été blessées directement par des tirs de roquettes, toutes deux légèrement blessées par des éclats d’obus. En outre, 23 personnes ont été légèrement blessées après être tombées alors qu’elles couraient vers un abri anti-aérien, et 23 autres ont été transportées à l’hôpital après avoir souffert de crises d’angoisse et d’autres « symptômes de stress » dus aux attaques, selon le service des urgences du Magen David Adom.

Des roquettes sont lancées de la bande de Gaza vers Israël, le 12 novembre 2019. (Hatem Moussa/AP)

Mercredi matin, l’armée israélienne a déclaré qu’elle visait plusieurs escadrons de terroristes qui tentaient de lancer des roquettes sur Israël. Les Palestiniens ont signalé qu’environ six personnes ont été tuées et d’autres blessées lors de frappes aériennes israéliennes, ce qui porte à 18 le nombre de morts à Gaza depuis mardi matin.

Onze des personnes tuées ont été identifiées comme membres du Jihad islamique palestinien et des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa du Fatah par les groupes terroristes.

Israël s’est particulièrement abstenu de mener des frappes contre le groupe terroriste du Hamas, les dirigeants de facto de la bande de Gaza. D’une manière générale, Tsahal a pour modus operandi d’attaquer les cibles du Hamas en réponse à toute violence émanant de la bande de Gaza, car elle considère le groupe terroriste comme le souverain de l’enclave.

Le porte-parole de Tsahal, Jonathan Conricus, a déclaré qu’Israël avait envoyé des messages au Hamas, par l’intermédiaire de tiers non identifiés, exhortant le groupe terroriste à ne pas prendre part à cette série de combats, en échange de quoi Tsahal ne lancerait aucune frappe contre lui.

« Nous surveillons les activités [du Hamas] et nous agirons en conséquence », a déclaré M. Conricus mardi.

Des responsables égyptiens, qui ont pris la parole sous couvert d’anonymat, ont fait savoir que le Caire tentait de désamorcer les tensions entre Israël et les groupes terroristes. Les responsables ont ajouté que les services de renseignements généraux égyptiens ont intensifié les communications et « ouvert des canaux » avec les États-Unis et l’Union européenne.

Israël et Gaza se sont engagés dans plusieurs cycles sporadiques de violence au cours des deux dernières années alors que les parties tentaient d’obtenir un cessez-le-feu à long terme.

Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.

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