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Netanyahu: Ne pas mener d’opération à Rafah reviendrait à « perdre la guerre » contre le Hamas

Le Premier ministre a déclaré que l'armée israélienne mènerait son opération même en cas d'accord avec le groupe terroriste pour la libération des otages

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu tient une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 17 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu tient une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 17 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

L’armée israélienne doit mener son opération dans la ville de Rafah, où s’entassent environ 1,4 million de Palestiniens dans le sud de Gaza, sans quoi elle va « perdre la guerre » contre le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas, a déclaré samedi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Après des offensives à Gaza-City, puis à Khan Younès, Israël se prépare à entrer à Rafah, dernière grande ville de la bande de Gaza, ce qui suscite de vives craintes pour le sort de la population civile sur place, en grande majorité des Palestiniens déplacés par les combats dans le reste du territoire.

Les États-Unis et plusieurs alliés occidentaux d’Israël ont averti Jérusalem qu’une offensive à Rafah dans les conditions actuelles serait catastrophique. Israël, qui a déclaré qu’il établirait un plan d’évacuation des civils avant d’entrer dans la ville, estime qu’il ne peut pas démanteler efficacement le Hamas sans prendre Rafah, qui se trouve à la frontière entre Gaza et l’Égypte. On pense qu’au moins une partie des 134 otages restés à Gaza se trouve dans la ville. Les dirigeants du Hamas y trouveraient également refuge.

Le président américain Joe Biden, dont le pays est le premier soutien d’Israël, a rappelé vendredi qu’une opération à Rafah « ne devait pas avoir lieu sans un plan crédible » pour protéger les civils. Le président français Emmanuel Macron a lui prévenu qu’une opération à Rafah aboutirait « à un désastre humanitaire sans précédent ».

« Quiconque veut nous empêcher de mener une opération à Rafah nous dit en fait de perdre la guerre. Je ne vais pas céder à cela », a déclaré M. Netanyahu lors d’une conférence de presse à Jérusalem. Mais l’opération de Tsahal dans la ville la plus méridionale de Gaza, a-t-il souligné, n’interviendra « évidemment » qu’une fois que les civils auront eu la possibilité « d’évacuer vers des zones sûres ».

En réponse à une question du Times of Israel, qui souhaitait savoir s’il avait été envisagé d’entrer dans la ville la plus méridionale de Gaza plus tôt, au début de l’offensive terrestre, et, si c’était le cas, pourquoi cette mesure n’avait pas été prise à ce moment-là, Netanyahu a évoqué les efforts déployés par le gouvernement pour faire face à la situation des réfugiés à Rafah.

Des Palestiniens font la queue pour un repas gratuit à Rafah, dans la bande de Gaza, le 16 février 2024. (Crédit : AP Photo/Fatima Shbair)

« Je n’entrerai pas dans le détail de nos plans », a répondu le Premier ministre, mais « il y a beaucoup d’espace au nord de Rafah » pour évacuer les civils qui s’y abritent. « Il y aura de l’espace pour l’évacuation. »

« Nous devons procéder de manière ordonnée, et c’est l’instruction que j’ai donnée à l’armée ».

Selon lui, le grand nombre de Palestiniens qui se réfugient à Rafah ne sera pas un obstacle en fin de compte.

M. Netanyahu a reconnu que la communauté internationale avait exercé des pressions pour qu’il n’y ait pas d’opérations à Rafah, mais il s’est demandé comment la communauté internationale pouvait s’attendre à ce qu’Israël « laisse un quart de la force [de combat organisée] du Hamas intacte, dans un territoire défini. Nous ne le permettrons pas. »

M. Netanyahu a souligné que tous les membres du gouvernement souhaitaient conclure un nouvel accord sur les otages. « Je le souhaite également et ce serait ‘très bien’ si cela pouvait se faire », a-t-il déclaré. Mais il a ajouté qu’un nouvel accord sur les otages avec le Hamas « ne semble pas très proche » étant donné les exigences exorbitantes du groupe terroriste.

Il a toutefois précisé que l’armée israélienne mènerait son opération à Rafah même en cas d’accord avec le groupe terroriste islamiste palestinien pour la libération des otages toujours détenus dans la bande de Gaza.

Des négociations complexes à propos d’une trêve dans les combats, d’une libération d’otages détenus à Gaza et de prisonniers palestiniens incarcérés en Israël pour atteinte à la sécurité nationale et faits de terrorisme, se poursuivent par l’intermédiaire des pays médiateurs, Egypte, Qatar et Etats-Unis.

Des personnes marchent à côté de photos de civils pris en otage par des terroristes du Hamas à Gaza, à Jérusalem, le 12 février 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Le Hamas insiste sur un « cessez-le-feu total » et le retrait des forces israéliennes de la bande de Gaza. Benjamin Netanyahu refuse à ce stade ces exigences qu’il a jugé « délirantes« , évoquant une éventuelle pause dans les combats assortie de la libération des otages, mais pas la fin des hostilités.

« Même si nous parvenons à un accord sur les otages, nous allons entrer dans Rafah », a-t-il déclaré samedi soir à Jérusalem.

M. Netanyahu a nié avoir écarté le ministre du cabinet de guerre Benny Gantz et l’observateur Gadi Eisenkot des décisions concernant les négociations sur les otages, comme l’ont prétendu les médias, lorsqu’il a décidé, sans les consulter, de ne pas renvoyer une équipe de négociation israélienne au Caire pour de nouveaux pourparlers.

Il a déclaré que le cabinet de guerre avait déjà accepté de repousser les demandes « délirantes » du Hamas, qui comprenaient « des demandes concernant le Mont du Temple, des demandes de mettre fin à la guerre et de laisser le Hamas intact, des demandes de se retirer de Gaza, des demandes de libérer des milliers d’assassins ».

Les troupes de Tsahal opèrent dans la bande de Gaza, dans une image publiée le 16 février 2024. (Crédit : armée israélienne)

Alors qu’Israël avait envoyé une délégation israélienne au Caire en début de semaine à la demande de M. Biden, « il n’y a pas eu de changement » dans la position du Hamas, et donc « il n’y avait pas lieu d’y retourner tant qu’il n’y avait pas de changement ».

Il a affirmé que sa position reflétait la politique du cabinet de guerre et a ajouté : « Je dirige une négociation de compromis, pas une négociation de concessions ».

M. Netanyahu a ajouté qu’il souhaitait que l’actuel gouvernement d’urgence reste intact, dans un souci d’unité nationale.

Pas de récompense au terrorisme

Le Premier ministre a également adopté une position combative à l’égard des appels internationaux en faveur d’un État palestinien et a déclaré qu’Israël « ne capitulera pas devant les diktats internationaux » en ce qui concerne un futur accord avec les Palestiniens.

Le président américain Joe Biden s’exprimant lors de la célébration « First in the Nation » organisée par le parti démocrate de Caroline du Sud, au State Fairgrounds, à Columbia, en Caroline du Sud, le 27 janvier 2024.(Crédit : Artie Walker Jr./AP Photo)

« Un accord ne pourra être conclu que dans le cadre de discussions directes entre les deux parties, sans conditions préalables », a-t-il déclaré, soulignant qu’il continuerait à « s’opposer fermement à la reconnaissance unilatérale du statut d’État palestinien ».

M. Netanyahu a déclaré qu’il n’y aurait pas de « plus grande récompense au terrorisme » après les massacres du 7 octobre que l’octroi d’un État aux Palestiniens, et qu’une telle décision « empêcherait tout accord de paix à l’avenir ».

À la question de savoir si les relations avec les États-Unis seraient plus faciles si Donald Trump était au pouvoir, comme son fils Yair et d’autres l’ont affirmé, M. Netanyahu a déclaré qu’Israël travaillait avec le président américain et son administration et que « nous apprécions le soutien que nous avons reçu. Il y a beaucoup de choses sur lesquelles nous sommes d’accord et d’autres sur lesquelles nous ne sommes pas d’accord. Ma politique est beaucoup plus simple : je ne m’implique pas dans la politique intérieure des États-Unis. J’insiste sur les exigences de notre État. Quand c’est possible, je dis oui. Quand c’est nécessaire, je dis non ».

En réponse à une question d’un journaliste sur la décision de Moody’s d’abaisser la cote de crédit d’Israël pour la première fois, M. Netanyahu a réfuté l’idée d’un « échec économique » de son gouvernement.

« Je ne pense pas du tout qu’il y ait eu un échec économique ici », a-t-il déclaré. « Les données macroéconomiques d’Israël sont très bonnes », a-t-il ajouté, insistant sur le fait que l’abaissement de la note était avant tout dû à la guerre entre Israël et le Hamas et que la note remonterait une fois les combats terminés.

Il a également évoqué la perspective d’élections, que les opposants jugent nécessaires pour rétablir la confiance dans le gouvernement après les échecs du 7 octobre. Il a déclaré qu’un vote aurait lieu comme prévu, « dans quelques années ».

« La dernière chose dont nous avons besoin en ce moment, ce sont des élections », a-t-il déclaré, affirmant que le vote pour une nouvelle Knesset diviserait les Israéliens et serait donc une aubaine pour le Hamas. « Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’unité. »

En ce qui concerne l’annonce officielle portant sur le retour chez des résidents israéliens des localités frontalières de Gaza touchées le 7 octobre, M. Netanyahu a déclaré que des dispositions financières avaient été convenues et que le ministère de la Défense publierait bientôt une déclaration claire concernant la situation en matière de sécurité.

« Il n’y a jamais de situation d’absence de danger », a-t-il déclaré. « Mais le danger d’une invasion terrestre du type de celle qui s’est produite le 7 octobre n’est pas réel, c’est clair pour vous. Le Hamas est profondément enfoui dans les tunnels. Quelqu’un peut toujours franchir la clôture. Mais ce type d’invasion terroriste militaire de masse n’est pas envisageable. Et nous ne permettrons pas que cela se reproduise ».

Quant aux tirs de mortier, de roquettes et de missiles, « ils sont toujours possibles », a-t-il reconnu, ajoutant qu’Israël avait détruit une « grande partie » des capacités du Hamas dans ce domaine.

« Je ne dis pas qu’il est impossible que des tirs se produisent », a-t-il déclaré, mais il dit s’attendre à ce que de tels incidents soient minimes.

A Tel-Aviv, des milliers d’Israéliens manifestaient contre le gouvernement Netanyahu qu’ils exhortent à s’entendre avec le Hamas afin de libérer les otages, selon une journaliste de l’AFP sur place. « Cela fait plus de 100 jours que les otages sont à Gaza », s’ils meurent, « le gouvernement aura leur sang sur ses mains » », ont scandé des manifestants.

Un accord de trêve en novembre avait permis la libération de 105 otages sur les quelque 250 enlevés par le Hamas lors de son attaque sans précédent en territoire israélien le 7 octobre. Selon Israël, 130 otages sont encore détenus à Gaza, dont 30 seraient toutefois morts.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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