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Netanyahu oppose son veto à la poursuite des négociations du Caire sur les otages

N'ayant pas été consultés, les membres du cabinet de guerre, Gantz et Eisenkot, se disent outrés ; considérant la décision du Premier ministre comme une "condamnation à mort" pour les captifs, les familles sont indignées

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre du cabinet de guerre Benny Gantz assistant à une conférence de presse à la base militaire de la Kirya, à Tel Aviv, le 28 octobre 2023. (Crédit : Abir Sultan/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre du cabinet de guerre Benny Gantz assistant à une conférence de presse à la base militaire de la Kirya, à Tel Aviv, le 28 octobre 2023. (Crédit : Abir Sultan/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exclu d’envoyer une délégation israélienne pour de nouvelles négociations sur les otages au Caire, sans consulter le principal organe décisionnel de la guerre, a-t-on appris mercredi de sources diverses.

Cette décision a suscité l’indignation des représentants des familles d’otages et la colère des membres du cabinet de guerre Benny Gantz et Gadi Eisenkot, du parti HaMahane HaMamlahti, qui se sont réunis mercredi soir pour discuter de leur réponse après avoir été récemment tenus à l’écart de plusieurs décisions cruciales.

Netanyahu a déclaré dans une vidéo qu’aucun progrès ne pourrait être réalisé dans les négociations sur les otages tant que le groupe terroriste palestinien du Hamas ne retirerait pas ses exigences « délirantes ».

Dans un communiqué, le Forum des familles des otages et disparus – qui représente les membres des familles de la plupart des otages restants à Gaza – s’est déclaré « abasourdi » par la décision de « faire échouer » les pourparlers en cours, ajoutant « qu’il semble que certains membres du cabinet aient décidé de sacrifier la vie des otages sans pour autant se l’avouer ».

Cette décision marquera « une condamnation à mort » pour les otages restés en captivité, a souligné le forum.

L’Égypte et le Qatar cherchent à donner de l’élan aux pourparlers et souhaitaient organiser des réunions jeudi afin d’éviter le principal point de friction : le nombre de prisonniers de sécurité palestiniens qu’Israël devrait libérer dans le cadre d’un éventuel accord. Selon le site d’information Walla, qui cite des sources au fait de la question, les discussions de jeudi porteraient sur les aspects humanitaires d’un accord.

Des personnes passant devant des photos de civils pris en otage par les terroristes du Hamas à Gaza, sur la « Place des Otages », à Tel Aviv, le 14 février 2024. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Les chefs de l’agence de renseignement du Mossad et de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, ainsi que le conseiller diplomatique de Netanyahu, étaient au Caire mardi pour les négociations. Une source du bureau du Premier ministre a déclaré au Times of Israel qu’ils étaient là pour écouter et rien de plus. Ces négociations se sont terminées sans qu’aucune percée n’ait été réalisée.

La chaîne israélienne Kan a également rapporté mardi que Netanyahu avait rejeté une nouvelle proposition de cadre élaborée par le Mossad, le Shin Bet et l’armée israélienne en vue d’une trêve et d’un accord de libération d’otages.

Le groupe terroriste palestinien exige notamment un cessez-le-feu permanent, un retrait des troupes de Gaza, la reconstruction de l’enclave et la libération de quelque 1 500 prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, dont des cerveaux du terrorisme, en échange des otages restants.

Israël a déclaré que de telles exigences étaient irrecevables.

« Cette semaine, nous avons libéré deux de nos otages au cours d’une opération militaire minutieuse », a déclaré Netanyahu. « Jusqu’à présent, nous avons libéré 112 de nos otages en associant une forte pression militaire et de fermes négociations. C’est également la clé pour libérer davantage de nos captifs : une forte pression militaire et des négociations fermes. » C’est pourquoi, a-t-il ajouté, « j’insiste pour que le Hamas renonce à ses folles exigences, et lorsqu’il y renoncera, nous pourrons aller de l’avant ».

Un peu plus tôt, un communiqué du cabinet du Premier ministre avait indiqué : « Au Caire, Israël n’a reçu aucune nouvelle proposition du Hamas pour la libération de nos otages », et Israël « ne se soumettra pas aux exigences délirantes du Hamas ».

La déclaration a été publiée peu après que les médias ont rapporté qu’Israël n’enverrait pas de délégation jeudi.

« Un changement dans les positions du Hamas permettra de faire avancer les négociations », précise le communiqué.

Selon la Douzième chaîne, Netanyahu a rejeté mercredi une recommandation de ceux qui avaient participé aux pourparlers « d’épuiser toutes les possibilités ».

Les fonctionnaires impliqués dans les négociations ont déclaré à la chaîne qu’ils « comprennent le défi politique de Netanyahu, mais c’est une occasion qu’il ne peut pas manquer ».

Netanyahu est soumis à la pression de ses alliés de la coalition d’extrême-droite pour rejeter ce qu’ils considèrent comme un accord irresponsable avec le Hamas visant à arrêter l’incursion en cours de Tsahal.

Le Forum des familles des otages et disparus a déclaré que « tandis que l’équipe de négociation a décidé de se contenter d’écouter passivement, les femmes otages sont activement violées et les hommes subissent des sévices ». Le groupe a déclaré qu’à partir de jeudi, il formera une « barricade » devant le siège du ministère de la Défense à Tel Aviv jusqu’à ce que le Premier ministre et le cabinet de guerre acceptent de rencontrer les familles.

Des personnes circulant dans une charrette tirée par un tracteur devant les décombres d’un bâtiment détruit et le minaret d’une mosquée à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 février 2024. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Malgré l’absence annoncée d’Israël, une délégation du groupe terroriste palestinien du Hamas se rendra au Caire pour rencontrer des responsables égyptiens et qataris en vue des pourparlers de jeudi.

Les médiateurs égyptiens s’efforceraient d’obtenir un cessez-le-feu avant qu’Israël n’entame une opération terrestre de grande envergure à Rafah.

Israël s’est montré disposé à accepter des pourparlers basés sur le cadre initial de Paris d’il y a deux semaines, qui envisagerait une trêve humanitaire en trois phases : 35 à 40 otages israéliens, dont des femmes, des hommes de plus de 60 ans et des personnes souffrant de graves problèmes de santé, seraient libérés au cours de la première phase, qui durerait six semaines. Les soldats israéliens et les corps des otages tués seraient relâchés au cours des deuxième et troisième phases.

Les détails concernant ces dernières phases, ainsi que le nombre et l’identité des prisonniers de sécurité palestiniens qui seraient libérés par Israël, devaient être discutés lors de négociations ultérieures si les deux parties acceptaient la proposition de Paris. D’autres sources ont présenté des versions différentes du cadre, qui n’a pas été officiellement publié.

Mercredi également, le porte-parole du Département d’État américain, Matthew Miller, a déclaré que la demande du Hamas de limiter la souveraineté d’Israël sur le mont du Temple dans le contexte des négociations en cours sur les otages constitue de toute évidence « une fin de non-recevoir ». Le président américain Joe Biden a déclaré que certaines des demandes du Hamas étaient « exagérées », mais les remarques de Miller semblaient être la première fois qu’un responsable américain précise les vues de Washington concernant la réponse du Hamas.

« Vous avez vu un certain nombre de questions qui étaient manifestement sans issue, par exemple, le statut d’Al-Aqsa ne sera pas résolu par une négociation sur les otages », a déclaré Miller lors d’un point de presse.

Citant des responsables américains et israéliens, le site d’information Axios a rapporté mardi en fin de journée que le principal point d’achoppement dans les négociations est la libération des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël. Biden a déclaré dimanche à Netanyahu que si les exigences du Hamas allaient trop loin, Israël pourrait faire preuve de plus de flexibilité et devrait probablement libérer plus de Palestiniens par otage qu’en novembre, lors d’un précédent accord qui avait permis de libérer 105 civils.

« Le ratio reste une question en suspens », a déclaré un fonctionnaire américain.

Cet accord prévoyait la libération de trois prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël pour chaque otage.

Axios indique également que Netanyahu a dit à Biden qu’il souhaitait conclure un accord pour les otages, mais qu’il devait être soutenu par le cabinet, qui comprend des alliés d’extrême-droite réticents à une trêve.

Les pourparlers de mardi au Caire ont eu lieu alors qu’Israël se préparait à étendre son opération sur la ville de Rafah, au sud de Gaza, où 1,4 million de Palestiniens déplacés ont fui pour se mettre à l’abri des combats qui se déroulent à d’autres endroits de l’enclave.

Lundi, une mission israélienne de sauvetage d’otages a libéré deux otages détenus dans cette ville située le long de la frontière égyptienne. Ce raid aurait coûté la vie à près de 74 Palestiniens, selon les autorités de la Santé du Hamas, dont les données ne font pas le distinguo entre civils et terroristes. Israël a déclaré que bon nombre des personnes tuées étaient des terroristes.

Israël a fait de la destruction des capacités gouvernementales et armées du Hamas et de la libération des otages les principaux objectifs de la guerre, qui a commencé lorsque des milliers de terroristes du Hamas se sont déchaînés dans le sud d’Israël le 7 octobre, tuant 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et en capturant 253 autres, dont des femmes et des enfants. Des dizaines de milliers d’Israéliens ont été déplacés des communautés détruites.

Plus de 28 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Tsahal dit avoir éliminé 10 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus des quelque 1 000 terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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