Israël en guerre - Jour 192

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Smotrich, Ben Gvir, et Chikli outrés : Washington et ses alliés arabes envisageraient un État palestinien sous peu

Selon le Washington Post, le plan, qui comprend un "calendrier ferme", serait lié à une trêve à Gaza ; Israël : "Ce n'est pas le moment de parler de cadeaux au peuple palestinien"

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à droite) participant à une réunion avec le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi, le ministre saoudien des Affaires étrangères le prince Faisal bin Farhan al-Saud, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar Mohammed ben Abdulrahman al-Thani, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah ben Zayed al-Nahyan, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry et le secrétaire général du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Hussein al-Cheikh, lors d'une journée de réunions sur le conflit actuel entre Israël et le Hamas, dans la capitale jordanienne Amman, le 4 novembre 2023. (Crédit : Jonathan Ernst/POOL/AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à droite) participant à une réunion avec le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi, le ministre saoudien des Affaires étrangères le prince Faisal bin Farhan al-Saud, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar Mohammed ben Abdulrahman al-Thani, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah ben Zayed al-Nahyan, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry et le secrétaire général du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Hussein al-Cheikh, lors d'une journée de réunions sur le conflit actuel entre Israël et le Hamas, dans la capitale jordanienne Amman, le 4 novembre 2023. (Crédit : Jonathan Ernst/POOL/AFP)

Les États-Unis et plusieurs de leurs partenaires arabes préparent un plan détaillé pour un accord de paix global entre Israël et les Palestiniens, qui comprend un « calendrier ferme » pour la création d’un État palestinien, selon un article publié jeudi, ce qui a suscité des dénonciations immédiates de la part de hauts membres du cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’un porte-parole du gouvernement.

Selon le Washington Post, citant des responsables américains et arabes, une annonce sur le projet pourrait être faite dans les prochaines semaines, bien que le calendrier dépende principalement de la capacité d’Israël et du groupe terroriste palestinien du Hamas à parvenir à un accord mettant fin aux combats à Gaza.

Le plan proposé comprend des mesures qu’Israël a précédemment refusées, notamment l’évacuation de nombreuses implantations en Cisjordanie, une capitale palestinienne à Jérusalem-Est et un appareil de sécurité et un gouvernement combinés pour la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Les États-Unis et leurs partenaires arabes espèrent que des garanties de sécurité et une normalisation avec des États arabes comme l’Arabie saoudite pourront persuader Israël d’accepter le plan, selon le Washington Post.

Des responsables ont déclaré au Washington Post qu’ils espéraient rendre ce plan public une fois qu’Israël et le Hamas auraient accepté une trêve temporaire visant à permettre l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza et à libérer les 134 otages toujours détenus par les groupes terroristes dans la bande de Gaza.

Selon l’article, pendant cette pause, des mesures seraient prises pour mettre en œuvre la proposition, notamment la formation d’un gouvernement palestinien provisoire qui pourrait également diriger la bande de Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2e à gauche) dirigeant la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 7 janvier 2024. (Crédit : Ronen Zvulun/AFP)

En réponse à cette information, un porte-parole du gouvernement israélien a déclaré que ce n’était pas le moment de discuter des plans pour le « jour d’après » le Hamas.

« Ici, en Israël, nous sommes encore sous le coup du massacre du 7 octobre », a déclaré le porte-parole du cabinet du Premier ministre, Avi Hyman, lors d’une réunion d’information. « Ce n’est pas le moment de parler de cadeaux pour le peuple palestinien, alors que l’Autorité palestinienne elle-même n’a même pas encore condamné le massacre du 7 octobre. »

« Le moment est venu de remporter la victoire, une victoire totale sur le Hamas », a ajouté Hyman. « Toutes les discussions sur le jour après le Hamas auront lieu au lendemain du Hamas. »

Un membre démocrate aguerri du Congrès américain a ensuite répondu à Hyman.

« La solution des deux États n’est pas un ‘cadeau’. C’est la seule solution viable au conflit israélo-palestinien », a écrit Jerry Nadler, représentant démocrate de New York, sur X.

« Israël doit pouvoir se défendre, en particulier après les horreurs du 7 octobre, mais la sécurité à long-terme ne sera assurée que par une solution négociée de manière appropriée qui implique la reconstruction de Gaza et l’établissement d’un État palestinien à Gaza et en Cisjordanie avec des plans de sécurité et de gouvernance adéquats », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, l’Arabie saoudite a accueilli un sommet régional auquel ont participé six ministres arabes de premier plan, dans le but d’élaborer une vision politique commune pour la réhabilitation de la bande de Gaza et la création d’un État palestinien après la guerre entre Israël et le Hamas.

Les participants à la réunion ont convenu d’aller de l’avant et plusieurs ébauches du plan ont déjà commencé à circuler entre les pays, bien que l’on ne sache pas exactement quand il sera dévoilé, ont déclaré deux diplomates de haut rang au Times of Israel.

Les États-Unis ont publiquement refusé de soutenir les appels à un cessez-le-feu permanent pour mettre fin aux combats à Gaza, citant la nécessité pour Israël de se défendre en éliminant le groupe terroriste palestinien du Hamas, mais ces dernières semaines, les responsables ont de plus en plus parlé d’une trêve menant à la fin des hostilités.

Le conseiller américain à la Sécurité nationale, Jake Sullivan, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le 14 février 2024. (Crédit : Capture d’écran/YouTube)

« Nous souhaitons une pause temporaire dans le cadre de l’accord sur les otages, avant de passer à quelque chose de plus durable », a déclaré mercredi le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan.

La nouvelle du plan a été accueillie avec véhémence par les ministres du gouvernement israélien opposés à la création d’un État palestinien. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré qu’il demanderait au cabinet de sécurité de haut niveau d’adopter une déclaration rejetant la création d’un État palestinien lorsqu’il se réunirait jeudi.

« Nous n’accepterons jamais, quelles que soient les circonstances, ce plan qui dit en substance que les Palestiniens méritent une récompense pour le terrible massacre qu’ils ont perpétré contre nous : un État palestinien avec une capitale à Jérusalem », a écrit Smotrich sur X.

Le ministre des Affaires de la Diaspora, Amichaï Chikli, membre du Likud, le parti de Netanyahu, a déclaré que le gouvernement devrait réagir en menaçant d’annuler les Accords d’Oslo, l’accord des années 1990 qui a conduit à la création de l’Autorité palestinienne (AP).

Par le passé, Netanyahu s’est prononcé contre la création d’un État palestinien et d’autres se sont également opposés aux propositions de Washington, entre autres, suggérant que les pourparlers sur la fin des combats à Gaza, déclenchés par le déchaînement brutal du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre, soient utilisés pour relancer des efforts longtemps moribonds en vue de parvenir à une solution fondée sur la coexistence de deux États.

L’attaque, au cours de laquelle près de 1 200 personnes ont été tuées dans un paroxysme de meurtres, de viols et d’autres atrocités perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui dirige Gaza, et 253 autres ont été enlevées et retenues en otage, a mis en lumière, pour de nombreux Israéliens, les problèmes de sécurité longtemps invoqués pour s’opposer à la création d’un État palestinien.

Des photos d’otages israéliens détenus dans la bande de Gaza placées sur une maison du kibboutz Beeri, le 20 décembre 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

De nombreux membres de la communauté internationale ont fait valoir que ces attentats montraient les dangers qu’il y avait à laisser le conflit israélo-palestinien s’envenimer.

« Après le 7 octobre, il est plus clair que jamais qu’il est défendu de leur donner un État. Tant que nous serons au gouvernement, aucun État palestinien ne sera créé », a déclaré le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, en réaction à l’article du Washington Post, selon le site d’information Ynet. Le leader d’extrême-droite a qualifié la proposition de « délirante », accusant Washington et les autres parties concernées d’essayer « d’établir un État terroriste à côté de l’État d’Israël ».

L’annonce de ce plan survient alors que les États-Unis et d’autres pays ont multiplié les mises en garde contre l’extension par Israël de son opération terrestre à Rafah, au sud de la bande de Gaza, où s’est réfugiée la moitié environ de la population gazaouie, qui compte plus de deux millions d’habitants.

Selon le Washington Post, les partisans de ce plan, dont l’Égypte, la Jordanie, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et les représentants palestiniens, ainsi que les États-Unis, craignent qu’une incursion terrestre de l’armée israélienne dans Rafah ne fasse dérailler la possibilité d’un processus de paix.

Des Palestiniens inspectant les dégâts causés à l’immeuble où deux otages israéliens étaient détenus avant d’être secourus lors d’une opération des forces de sécurité israéliennes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 février 2024. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

Malgré le danger potentiel pour la population civile, Netanyahu a annoncé vendredi qu’il avait ordonné à l’armée israélienne de présenter au cabinet de guerre du gouvernement un plan visant à la fois à évacuer la population civile de la ville et à détruire les derniers bataillons du Hamas dans la zone.

Israël estime qu’il ne peut pas affaiblir efficacement le Hamas sans prendre Rafah, qui se trouve à la frontière entre Gaza et l’Égypte. Au moins quelques-uns des 134 otages restés à Gaza se trouveraient dans la ville. Lundi, les forces spéciales ont sauvé deux otages israéliens qui étaient en captivité dans un appartement de Rafah, au milieu d’un bombardement qui aurait fait des dizaines de morts, selon les autorités sanitaires du Hamas à Gaza – un fait invérifiable.

Mercredi, le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a appelé le Hamas à conclure rapidement un accord avec Israël pour mettre fin aux combats, avertissant qu’en l’absence d’un tel accord, une nouvelle « Nakba » – le mot palestinien signifiant « catastrophe », pourrait se produire à Rafah.

Jacob Magid et Lazar Berman ont contribué à cet article.

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