Israël en guerre - Jour 147

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Baisse de la note Moody’s : Les recommandations de chefs d’entreprise au gouvernement

Des chefs d'entreprise disent que la coalition doit revoir son budget 2024, réduire les fonds discrétionnaires et ministériels pour combler le déficit et restaurer la confiance

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich lors d'une réunion du cabinet convoquée pour approuver le budget modifié de l'État pour 2024, le 15 janvier 2024. (Crédit : Haim Zach / GPO)
Le premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich lors d'une réunion du cabinet convoquée pour approuver le budget modifié de l'État pour 2024, le 15 janvier 2024. (Crédit : Haim Zach / GPO)

Les chefs d’entreprise demandent au gouvernement de revoir sa copie sur le budget révisé 2024 suite à la décision de l’agence de notation Moody’s d’abaisser la note d’Israël en raison de l’impact de la guerre contre l’organisation terroriste du Hamas.

Vendredi soir, Moody’s a abaissé d’un cran la note d’Israël – passée de A1 à A2 – expliquant que le « fardeau de la dette du pays devrait être sensiblement plus élevé que prévu » et que les finances publiques se détérioraient avec des risques persistants liés à la guerre.

Cette décision n’est en soi pas une surprise, contrairement à la décision de l’agence d’assortir sa décision de perspectives « négatives », signe d’un manque de confiance dans les capacités du gouvernement à maintenir l’économie à flot alors que le pays s’endette toujours plus pour financer les combats.

Comme explication de ces perspectives négatives, Moody’s a cité « le risque d’une aggravation de la situation avec le Hezbollah, dans le nord d’Israël, avec un impact potentiellement beaucoup plus négatif que perçu actuellement ».

« Dans un pareil scénario, les finances publiques seraient soumises à des pressions plus intenses », a précisé Moody’s, ajoutant qu’elle
« stabiliserait ses perspectives avec la preuve que les institutions d’Israël sont capables de formuler des politiques de nature à accompagner la reprise économique et des finances publiques et de rétablir la sécurité face à une multitude de priorités politiques ».

Les chefs d’entreprise mettent en cause le budget révisé pour 2024, destiné à financer les combats, en attente de validation par la Knesset.

Les volutes de fumée des roquettes tirées depuis la bande de Gaza vers Israël s’attardent au-dessus d’un bâtiment, le 7 janvier 2024. (Crédit : AFP)

L’abaissement de la note et les perspectives négatives sont « des phénomènes dangereux comme nous n’en avons pas vu depuis 36 ans, même lors des dernières guerres ou des problèmes auxquels nous avons dû faire face », a fait savoir l’Israel Business Forum, qui représente les 200 plus grandes entreprises israéliennes et les plus importants employeurs du secteur privé.

Ce forum a déclaré que la décision prise par Moody’s était « une preuve de plus que le projet de budget 2024 n’est pas équilibré et insuffisamment axé
sur l’accompagnement de la croissance et la reprise de l’économie dans l’après-guerre ».

« Nous pensons qu’il n’est pas trop tard pour présenter un budget responsable avec un déficit inférieur à celui fixé et avec des priorités revues pour soutenir la croissance, tout en encourageant l’innovation, la créativité et la productivité », a déclaré le forum d’affaires par voie de communiqué. « Un projet du budget de cette nature aurait sans doute conduit à un autre résultat et aurait peut-être même empêché ces décisions négatives. »

Destruction causée par le Hamas sur le kibboutz Beeri, près de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d’Israël, vue le 19 octobre 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Dans sa forme actuelle, le budget prévoit des dépenses assorties d’un objectif de déficit de 6,6 % du PIB en 2024, soit le deuxième plus fort déficit du monde occidental après celui des États-Unis.

La coalition israélienne de droite est sous le feu des critiques pour ne pas avoir revu ses priorités dans le but de financer l’effort de guerre. Le gouvernement a procédé à des coupes budgétaires généralisées sans toutefois se défaire des ministères jugés superflus ni toucher aux fonds discrétionnaires mis à la disposition des alliés politiques dans le cadre des accords conclus lors des pourparlers de coalition il y a de cela plus d’un an. Les partis ultra-orthodoxes, en particulier, sont critiqués pour leur insistance à percevoir les fonds promis pour l’enseignement haredi, pourtant non conformes aux exigences des programmes de base.

L’économiste en chef de l’IBI Investment House, Rafi Gozlan, recommande au gouvernement de revoir le budget 2024 pour y inscrire « la fermeture des départements ministériels inutiles, l’annulation des fonds discrétionnaires de la coalition et l’allocation des ressources vers des secteurs de nature à encourager et accompagner la croissance ».

Des hommes juifs ultra-orthodoxes à un distributeur automatique de billets à Jérusalem, le 5 février 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Il suggère au gouvernement de « limiter la casse et de prévenir toute nouvelle dégradation de la note en acceptant les critiques et en prenant des mesures pour dégager un horizon politique assorti d’une bien meilleure situation budgétaire ».

Jusqu’à présent, et en dépit de la dégradation de sa note, rien n’indique que le gouvernement changera de cap. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich ont tous deux minimisé la portée de la décision de Moody’s, affirmant que l’économie israélienne restait « forte ».

Smotrich a rejeté l’évaluation de Moody’s, qu’il a qualifiée de « manifeste politique adossé à une vision géopolitique pessimiste et infondée ».

La Banque centrale d’Israël estime le coût de la guerre, pour les années 2023 à 2025, à près de 255 milliards de shekels, soit environ 13 % du PIB, du fait de l’augmentation des dépenses civiles et de défense et de la contraction des recettes fiscales.

Moody’s estime que les dépenses israéliennes en matière de défense seront près de deux fois supérieures à celles de 2022 cette année et qu’elles continueront d’augmenter d’au moins 0,5 % du PIB dans les années à venir.

La notation évalue la capacité d’un gouvernement à rembourser les obligations et les autres outils constitutifs de sa dette, mais elle est interprétée par les milieux d’affaires comme un indicateur de la santé économique du pays.

Au moment où Israël lève des fonds pour financer la guerre et un déficit en hausse, l’abaissement de sa note va avoir un impact sur l’attractivité de ses instruments de la dette et augmenter les taux d’intérêt sur ses obligations et autres prêts. Il aura également un impact sur les instruments financiers dans lesquels l’épargne publique est investie, comme les fonds liés au prix des obligations, aux actions et au taux de change. Ce qui pourrait également avoir un effet négatif sur les entreprises israéliennes à la recherche de fonds sur les marchés mondiaux.

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