Netanyahu reviendra-t-il sur sa promesse d’une nouvelle implantation pour Amona ?
Rechercher

Netanyahu reviendra-t-il sur sa promesse d’une nouvelle implantation pour Amona ?

Des conseillers du Premier ministre ont démenti qu'il veuille renoncer après les demandes de Trump de ralentissement de la construction

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait dit dimanche aux membres de son cabinet que le gouvernement devra peut-être revenir sur sa promesse de construire une nouvelle implantation en Cisjordanie en faveur des résidents de l’avant-poste illégal d’Amona, qui a été évacué au début du mois conformément à une ordonnance de la cour.

Des conseillers de Netanyahu ont cependant affirmé que le Premier ministre ne reviendrait pas sur sa promesse. « Il n’a absolument pas l’intention de violer l’engagement pris auprès des habitants d’Amona », a déclaré un responsable du bureau du Premier ministre.

« Aujourd’hui encore, son directeur de cabinet Yoav Horovitz a parlé avec Avichai Baron [dirigeant du mouvement des implantations] et lui a dit que tous les efforts étaient faits pour trouver une solution acceptée, et que nous ne reviendrions pas sur notre engagement », a-t-il ajouté.

Ce recul de la part du Premier ministre israélien aurait pu être attribué à la « retenue » demandée par le président américain Donald Trump face aux velléités israéliennes de constructions.

Construction de nouvelles maisons préfabriquées en Cisjordanie, entre l'avant-poste d'Amona (au fond) et l'implantation d'Ofra, au nord de Ramallah, le 31 janvier 2017. (Crédit : Thomas Coex/AFP)
Construction de nouvelles maisons préfabriquées en Cisjordanie, entre l’avant-poste d’Amona (au fond) et l’implantation d’Ofra, au nord de Ramallah, le 31 janvier 2017. (Crédit : Thomas Coex/AFP)

Netanyahu aurait indiqué aux ministres que, s’il n’imposera pas un gel des constructions, elles seront probablement ralenties en Cisjordanie, selon des informations diffusées par la Deuxième chaîne et le quotidien Haaretz.

Les ministres se refusaient dimanche soir à tout commentaire.

Trump avait demandé à Netanyahu, durant une conférence de presse conjointe à Washington, la semaine dernière, de « lever un peu le pied sur les implantations ».

Cette demande, selon le Premier ministre, rendrait difficile l’avancée du plan d’établissement d’une nouvelle implantation, aurait dit Netanyahu, selon la Deuxième chaîne et Haaretz.

Amona est un sujet important, et une solution devrait être trouvée, mais il y a des questions plus pressantes, aurait-il dit à ses ministres, citant notamment la nécessité de travailler avec l’administration Trump pour déjouer les ambitions nucléaires de l’Iran.

« Avec tout le respect dû à Amona, nous devons maintenant nous concentrer sur notre coordination avec Trump sur l’Iran. C’est une priorité fondamentale. Je me fiche de combien de tweets sont écrits ici », a-t-il déclaré selon Haaretz, qui a cité les propos de deux responsables informés du contenu de la réunion. Netanyahu faisait probablement allusion au nombre de tweets écrits la semaine dernière par des membres du parti pro-implantation HaBeyit HaYehudi.

Même si les propos de Netanyahu ont probablement offusqué de nombreuses personnes au sein du cabinet, notamment des membres du parti HaBeyit HaYehudi, les ministres ont en grande majorité gardé le silence sur cette question dimanche.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 19 février 2017. (Crédit : Olivier Fitoussi/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 19 février 2017. (Crédit : Olivier Fitoussi/Pool)

Le président du parti HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, s’est refusé à tout commentaire, ne confirmant ni n’infirmant les propos qui auraient été tenus. Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel, du même parti politique, a indiqué qu’il n’avait pas participé aux discussions sur Amona, mais qu’il pensait que le problème avait pu être soulevé lors des débats du cabinet de sécurité ou pendant des rencontres des ministres du Likud.

« Le ministre n’a rien eu à dire sur ces décisions », a déclaré un porte-parole d’Ariel au Times of Israel, affirmant que le ministre avait clairement fait part de son point de vue dans un tweet publié dimanche en début d’après-midi.

« Les promesses doivent être tenues et je ne peux pas imaginer comment la coalition pourra continuer à travailler correctement sans remplir ses obligations envers les habitants d’Amona et les citoyens d’Israël pour établir une nouvelle implantation pour eux », a écrit Ariel.

Les ministres du Likud qui sont membres du cabinet de sécurité ont également refusé de s’exprimer à ce sujet. Un porte-parole du ministre de l’Environnement Zeev Elkin a expliqué qu’il ne s’exprimait pas publiquement sur ces réunions. Un représentant du ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a indiqué ne pas avoir connaissance du problème. Plusieurs autres ministres ont ignoré les demandes de commentaires.

Le bureau du Premier ministre a également décliné les requêtes de commentaires de la part du Times of Israel.

Un Israélien vivant en Cisjordanie lors de l'évacuation de l'avant-poste illégal d'Amona, au deuxième jour de l'opération d'évacuation, le 2 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Un Israélien vivant en Cisjordanie lors de l’évacuation de l’avant-poste illégal d’Amona, au deuxième jour de l’opération d’évacuation, le 2 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un porte-parole des expulsés d’Amona a indiqué que ces derniers n’avaient eu aucune nouvelle du gouvernement. « Comme nous l’avons dit auparavant, nous attendons que l’accord soit honoré. Nous entendons des rumeurs dans les médias mais personne ne nous a rien dit », a-t-il déclaré.

Selon les termes d’un accord signé avec le gouvernement avant l’évacuation, les habitats d’Amona ont été autorisés à s’installer sur un nouveau site pour y reconstruire leur communauté, la première implantation autorisée par l’Etat depuis des décennies.

Netanyahu a répondu à la demande de Trump de freiner l’activité d’implantation en promettant mercredi dernier qu’Israël et les Etats-Unis tenteraient de coordonner leurs positions sur les constructions en Cisjordanie « de façon à ce que nous ne nous heurtions pas sur cette question à chaque fois ».

La semaine dernière, les habitants d’Amona ont voté en faveur d’une installation au sein de l’avant-poste non-autorisé de Geulat Tzion, situé dans le bloc d’implantation de Shiloh. Alors qu’Amona avait été construit sur des terrains privés palestiniens, Geulat Tzion se trouve sur des parcelles appartenant à l’Etat.

Selon l’accord, la nouvelle implantation devrait être établie d’ici deux mois.

Au début du mois de février, pendant deux jours, des milliers de policiers étaient entrés dans Amona pour déloger les 42 familles et les centaines de manifestants qui s’étaient enfermés dans les habitations et dans la synagogue, conformément à une décision judiciaire de 2014.

Les habitants évacués d’Amona avaient ensuite été temporairement relogés dans l’implantation voisine d’Ofra.

Avraham Rossana, ancien habitant de l'avant-poste d'Amona, avec son bébé de trois mois, sur le campus du séminaire d'Ofra, le 2 février 2017. (Crédit : Raoul Wootliff/Times of Israël)
Avraham Rossana, ancien habitant de l’avant-poste d’Amona, avec son bébé de trois mois, sur le campus du séminaire d’Ofra, le 2 février 2017. (Crédit : Raoul Wootliff/Times of Israël)

Les dirigeants du parti HaBayit HaYehudi ont promis vendredi qu’Israël construira une nouvelle implantation pour compenser les habitants d’Amona, malgré les informations annonçant les réflexions de Netanyahu.

« Les promesses doivent être tenues. Le Premier ministre a signé un accord pour établir une nouvelle implantation pour les habitants d’Amona. Je suis certain qu’il tiendra ses engagements », avait tweeté Neftali Bennett.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, qui appartient elle aussi à ce parti de droite, a expliqué que « le gouvernement est dans l’obligation de rester fidèle à l’accord signé avec les habitants d’Amona, et il n’y aucune intention de le rompre. »

« Un nouvelle implantation pour les résidents d’Amona sera établie, comme nous l’avons promis », avait-elle écrit sur Twitter.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...