Les évacués d’Amona ont choisi leur nouvel avant-poste
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Les évacués d’Amona ont choisi leur nouvel avant-poste

Les anciens résidents ont décidé de s’installer à Gueoulat Tzion, dans l’implantation de Shiloh

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Une jeune israélienne à l'entrée de son habitation à l'avant-poste d'Amona en Cisjordanie, le 17 décembre   2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Une jeune israélienne à l'entrée de son habitation à l'avant-poste d'Amona en Cisjordanie, le 17 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les résidents de l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, qui ont récemment été évacués de leurs maison, suite à une injonction de la Cour suprême qui a ordonné la démolition des lieux, ont choisi un autre avant-poste illégal pour réinstaller leur communauté.

Durant une rencontre qui s’est tenue mercredi soir, les résidents ont voté à la majorité qu’ils s’installeraient dans l’implantation illégale de Gueoulat Tzion, située dans le bloc d’implantations de Shiloh. Amona était construite sur des terres privées palestiniennes, mais Gueoulat Tzion repose sur un lopin de terre appartenant à l’État.

Dans le cadre d’un accord conclu avec le gouvernement avant l’évacuation, les résidents d’Amona ont pu choisir un nouveau site pour réimplanter leur communauté, dans une implantation approuvée par l’État, la première depuis des décennies. Les membres de la communauté étudient les options depuis quelques jours.

Selon l’accord, la nouvelle implantation devra être établie dans les deux mois. Afin de faire pression sur le gouvernement pour qu’il tienne sa promesse, les résidents d’Amona ont prévu de planter une tente de protestation au Gan Havradim, en face de la Knesset à Jérusalem.

Gueoulat Tzion est un avant-poste qui a été démoli à plusieurs reprises par l’administration civile. La police et les forces de l’ordre ont mené de nombreuses descentes sur les lieux, qui s’étendent sur 60 hectares, et plusieurs résidents ont été arrêtés par la police.

La police israélienne a second jour de l'opération de l'évacuation de l'avant-poste illégal d'Amona, le 2 février 2017 (Crédit : AFP Photo/Thomas Coex)
La police israélienne a second jour de l’opération de l’évacuation de l’avant-poste illégal d’Amona, le 2 février 2017 (Crédit : AFP Photo/Thomas Coex)

Au début du mois, le parquet de Jérusalem a condamné 4 adolescents juifs qui auraient menacé des fermiers palestiniens avec des pierres et des pieds-de-biche dans la région de Gueoulat Tzion.

La semaine dernière, en 2 jours, sur ordre d’une décision de la Cour suprême en 2014, des milliers d’agents de police ont afflué vers Amona pour déloger les 42 familles et les centaines de manifestants qui s’étaient barricadés dans les maisons et dans la synagogue.

Les évacués d’Amona ont été temporairement relogés dans l’implantation voisine d’Ofra.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé début février qu’il avait ordonné la création d’une nouvelle implantation pour remplacer Amona. Cette implantation serait la première communauté israélienne officielle en Cisjordanie en 25 ans.

Israël a interrompu l’établissement d’implantations dans les années 90, mais les avant-postes établis depuis ont reçu une approbation rétroactive, et les implantations existantes se sont agrandies, devenant voisines d’implantations qui n’existent que par leur nom.

Lundi, la Knesset a approuvé un nouveau projet de loi, né de la lutte politique au sujet d’Amona. Cette loi permet au gouvernement de légaliser les avant-postes en Cisjordanie construits sur des terres palestiniennes privées.

La loi permet l’expropriation de 16 terrains palestiniens privés au profit de des avant-postes israéliens en Cisjordanie, ce qui ouvre la voie à la reconnaissance de 4 000 logements construits illégalement.

Cette loi, qui a été largement condamnée par la communauté internationale, prévoit une compensation pour les propriétaires palestiniens, financière ou immobilière.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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