Netanyahu renonce à annuler les primaires du Likud, prévues le 4 août prochain
Le parti au pouvoir tiendra ses primaires cet été, malgré des désaccords persistants sur le nombre de places réservées que le Premier ministre revendique sur la liste
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Le Likud, le parti au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu, tiendra ses primaires internes le 4 août. Le comité constitutionnel du parti a voté à l’unanimité dimanche pour reporter le scrutin d’une semaine, le 28 juillet étant initialement prévu, tout en laissant en suspens un différend concernant l’étendue du contrôle que le Premier ministre exercera sur la liste du Likud à la Knesset.
Cette bataille autour des règles des primaires reflète les efforts plus larges déployés par Netanyahu pour s’assurer une influence sans précédent sur la liste du Likud à la Knesset avant les élections législatives prévues avant le 27 octobre, tout en élargissant l’attrait du parti au-delà de sa base militante traditionnelle. Mais cette initiative s’est heurtée à la résistance de personnalités influentes de son propre parti, révélant une lutte de pouvoir interne rare pour déterminer qui façonnera la future composition parlementaire du Likud.
Netanyahu exigerait onze places parmi les quarante premières de la liste, dont cinq dans le top 10, afin d’y placer des candidats triés sur le volet.
Le président du comité constitutionnel et ministre Haïm Katz, ainsi que le député de longue date David Bitan, s’y opposent toutefois et ne seraient disposés, selon certaines sources, à accorder au Premier ministre que six places parmi les trente premières. Aucun accord n’a encore été trouvé et le comité constitutionnel devrait se prononcer sur la question dans les semaines à venir.
Ce différend fait suite à la menace précédemment lancée par Netanyahu de supprimer purement et simplement les primaires et de confier à un comité de sélection le choix de la liste du parti, à moins qu’on ne lui accorde le pouvoir de désigner dix candidats parmi les 35 premiers.
Cette proposition semble avoir été mise de côté en raison de l’opposition vive de Katz, de Bitan et d’autres personnalités de premier plan du Likud. Bitan a d’ailleurs déposé un recours la semaine dernière auprès de la juridiction interne du parti pour bloquer toute tentative d’annulation des primaires.
Le Premier ministre craindrait que les primaires ne désignent des candidats très populaires au sein de la base du Likud, mais qui, selon les sondages internes du parti, séduiraient moins les électeurs de droite modérée et les indécis, dont le soutien pourrait s’avérer décisif lors des prochaines élections législatives.
Parmi eux figurent les ministres Shlomo Karhi et May Golan, pour lesquels la police israélienne a recommandé une mise en examen pour corruption, fraude et abus de confiance, ainsi que la députée Tally Gotliv, à qui la Knesset a récemment accordé l’immunité pénale après avoir révélé l’identité d’un officier de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, ce qu’elle a ouvertement reconnu.
Le comité constitutionnel a, quant à lui, annoncé qu’il publierait les règles relatives aux primaires d’ici le 2 juillet. Les inscriptions au parti seront clôturées le 7 juillet, bien que le comité demande également à la Commission centrale électorale (CCE) de prolonger la date butoir jusqu’au 10 juillet.
En novembre, le parti avait organisé, pour la première fois depuis près de quatorze ans, des élections pour ses sections municipales et sa puissante CCE. En l’absence de challenger à la tête du Likoud, les membres du parti ont simplement été invités à approuver le maintien de Netanyahu à la présidence du parti, ce qui signifie que le scrutin d’août ne déterminera que les candidats classés derrière lui sur la liste du parti.
Le Likud se targue depuis longtemps d’être l’un des rares partis israéliens à organiser des primaires pour sélectionner à la fois son dirigeant et sa liste pour la Knesset, aux côtés des Démocrates de gauche, qui doivent tenir des élections internes le 20 juillet, et de Hadash, parti à majorité arabe, qui a organisé une primaire en mai.
La question de la tenue des primaires étant désormais réglée, les négociations portent exclusivement sur le nombre de places réservées à Netanyahu.
L’insistance du Premier ministre sur les sièges réservés, qui se heurte depuis longtemps à une résistance au sein même de son parti, intervient également alors que Netanyahu cherche à endiguer l’afflux d’électeurs de droite modérée vers Gadi Eisenkot, figure de proue du bloc d’opposition, dont le parti Yashar, récemment créé, ne cesse de progresser dans les sondages et a dépassé le Likud pour la première fois dans un sondage de Zman Yisrael la semaine dernière.
Les derniers sondages indiquent que le Likud passerait de ses 32 sièges actuels à 22 ou 24. Un sondage de la chaîne N12, publié en mai, révélait que 42 % des électeurs du Likud en 2022 avaient soit décidé, soit envisagé de soutenir un autre parti, beaucoup d’entre eux semblant se tourner vers Eisenkot.
Jeudi, un sondage de la chaîne N12 a également révélé qu’Eisenkot devançait légèrement Netanyahu dans un duel pour le poste de Premier ministre, 38 % des personnes interrogées estimant qu’il était le plus apte à occuper ce poste, contre 36 % pour le Premier ministre.
Netanyahu semble prendre au sérieux le défi que représente Eisenkot : lors d’une conférence de presse consacrée largement à la gestion des guerres à Gaza, au Liban et en Iran, il a attaqué son rival et tenté de se présenter sous un nouveau jour, celui d’un rassembleur engagé en faveur de l’unité nationale.
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