Netanyahu soutient l’expansion majeure de Jérusalem, en voulant y inclure les implantations avoisinantes
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Netanyahu soutient l’expansion majeure de Jérusalem, en voulant y inclure les implantations avoisinantes

La proposition du Likud vise à absorber 4 implantations de Cisjordanie ainsi qu'un bloc d'implantations qui devrait encore s'étendre, après les congés d'été de la Knesset

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire de cabinet dans ses bureaux de Jérusalem, le 18 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire de cabinet dans ses bureaux de Jérusalem, le 18 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué mercredi qu’il soutiendrait le projet d’absorber quatre implantations de Cisjordanie, ainsi qu’un bloc d’implantations, dans la municipalité de Jérusalem, tout en retirant environ 100 000 Palestiniens du recensement de la ville.

Les implantations en question incluent Maale Adumim, le Gush Etzion, Givat Ze’ev, Beitar Illit et Efrat. Certaines sont assez éloignées en Cisjordanie et situées à plus de 10 kilomètres de Jérusalem, et compteraient actuellement quelque 130 000 Israéliens.

Selon la proposition, initiée par le député Likud Yoav Kisch et soutenue par le ministre du renseignement Yisrael Katz, les résidents de ces implantations pourraient voter aux élections municipales de Jérusalem, mais ces implantations ne seraient pas soumises à la pleine souveraineté israélienne.

Ce changement permettrait à l’équilibre démographique officiel de Jérusalem de pencher plus significativement vers une majorité juive, « confortant ainsi le statut et le symbole de Jérusalem », selon le préambule de la proposition.

Kisch a déclaré que les résidents des implantations en question maintiendraient leur autonomie municipale par des conseils régionaux indépendants. Il a indiqué qu’ils voteraient dans quatre élections locales : pour le maire de Jérusalem, pour un conseil de la municipalité de Jérusalem, pour le chef de leur conseil régional et pour les membres dudit conseil.

Selon la même proposition, environ 100 000 personnes vivant dans des quartiers palestiniens situés à l’extérieur de la barrière de sécurité qui entoure la ville seraient retirées du recensement de la ville. Une nouvelle municipalité serait prévue pour eux.

Netanyahu aurait donné son feu vert à Kisch pour aller de l’avant pour cette proposition, réaffirmant son soutien juste avant les congés d’été de la Knesset, aurait rapporté Haaretz mercredi.

Le député du Likud Yoav Kisch pendant une réunion de commission à la Knesset, le 14 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le député du Likud Yoav Kisch pendant une réunion de commission à la Knesset, le 14 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Israël a annexé Jérusalem-Est, la Vieille Ville et la Cisjordanie, auparavant territoire jordanien, en 1967, et étendu sa souveraineté à la Vieille Ville et à Jérusalem-Est en 1980. Une décision qui n’a jamais été approuvée par la communauté internationale.

La plupart considèrent également les implantations de Cisjordanie illégales en vertu du droit international, ainsi que l’annexion formelle des terres saisies pendant la guerre. Israël a soutenu que les colonies n’étaient pas hors-la-loi, en affirmant que ces territoires étaient plutôt contestés. Israël contrôle la Cisjordanie depuis sa conquête, durant la Guerre des Six jours de 1967, n’ayant cependant pas annexé le territoire au-delà de l’extension de la souveraineté à Jérusalem-Est. L’Etat a ensuite appliqué la loi israélienne sur les hauteurs du Golan, conquises à la Syrie.

La plupart des dirigeants israéliens affirment que les plus grands blocs d’implantations en Cisjordanie feront partie d’Israël dans le cadre d’un futur accord de paix.

La proposition intervient en pleine tension sur le mont du Temple, à Jérusalem. Rappelons qu’après l’attentat terroriste du 14 juillet sur le site sacré, perpétré par trois Arabes israéliens qui ont tué deux policiers israéliens, Israël a fermé le site pendant deux jours et installé des détecteurs de métaux autour du site pour renforcer sa sécurité. Une décision très vigoureusement contestée par nombre de Palestiniens, qui ont organisé des manifestations quotidiennes autour du site.

Mardi, Israël a retiré les détecteurs de métaux. Mercredi, le pays a supprimé le reste des mesures de sécurité, y compris les barrières métalliques et les échafaudages, répondant à une liste de demandes des autorités musulmanes qui administrent le site sacré.

Netanyahu, placé sous le feu des critiques de la droite pour avoir accepté de supprimer ces mesures de sécurité, a opté plutôt pour l’installation de caméras haute résolution, capables de détecter des objets cachés sur le site sacré.

La colère s’est étalée en première page du journal quotidien Israel Hayom, qui soutient pourtant depuis longtemps Netanyahu, avec un titre fustigeant le «reste de faiblesse» du Premier ministre et sa réponse «impuissante» à la crise du mont du Temple.

Israël Hayom, qui appartient au milliardaire américain Sheldon Adelson, était jusqu’à présent fidèle à Netanyahu, selon les analystes des médias, mais le quotidien s’accorde aujourd’hui à donner une couverture plus favorable au rival de Netanyahu, Naftali Bennett, le chef du parti nationaliste juif .

Plus tôt ce mercredi, les législateurs de la Knesset ont approuvé en première lecture un projet de loi qui nécessiterait un appui spécial des deux tiers de l’assemblée, pour renvoyer toute partie de Jérusalem aux Palestiniens dans le cadre d’un futur accord de paix.

Après des heures de débats, et alors même que la Knesset a clôturé sa dernière session mercredi avant ses vacances d’été de trois mois, le projet de loi proposé par la députée Shuli Moalem-Refaeli, sous la bannière HaBayit Heyoudi, a pu dégager le plénum, avec 51 députés en sa faveur, contre 41 opposés au projet.

Shuli Moalem-Refaeli, députée du parti nationaliste orthodoxe HaBayit HaYehudi, devant la Knesset, le 31 octobre 2016. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
Shuli Moalem-Refaeli, députée du parti nationaliste orthodoxe HaBayit HaYehudi, devant la Knesset, le 31 octobre 2016. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Le projet de loi, un amendement à la Loi fondamentale de Jérusalem, rendrait plus difficile pour un gouvernement de diviser la ville, en exigeant l’accord de 80 députés sur les 120 que compte l’assemblée pour soutenir l’abandon de toute partie de Jérusalem à la souveraineté d’une puissance étrangère.

« Ce projet de loi a été conçu pour protéger l’unité de Jérusalem face à l’échiquier politique de gauche », a déclaré Moezlem-Refaeli mercredi.

Il promet d’empêcher « la possibilité de concessions à Jérusalem, même de certaines parties [de la ville] », a-t-elle déclaré. « Jérusalem ne sera pas sur la table des négociations ».

À l’heure actuelle, la loi de Jérusalem, adoptée en 1980 et modifiée en 2000, stipule : « Aucune autorité stipulée dans la loi de l’État d’Israël ou de la municipalité de Jérusalem ne peut être transférée à titre permanent ou temporaire à un corps étranger, qu’il soit politique, gouvernemental ou à un tout autre type de corps étranger similaire « .

Sans prévention particulière, la Loi fondamentale peut en effet être modifiée, en étant renversée, actuellement, à la majorité simple.

Le projet législatif doit encore passer deux lectures supplémentaires, et à cela s’ajoute, au moins, un autre comité de rédaction de la Knesset avant de devenir loi.

Le leader du parti HaBayit Hayehudi, Naftali Bennett, a présenté le plan au gouvernement, en rendant la division de Jérusalem «impossible».

Un porte-parole du parti nationaliste a déclaré le mois dernier que le projet de loi visait à renforcer la position du Premier ministre Benjamin Netanyahu vis-à-vis de la nouvelle administration du président américain, Donald Trump.

Au mois de mai, quelques heures avant que Trump n’arrive en Israël pour ce qui constituait son premier déplacement majeur à l’étranger en tant que président, Netanyahu avait déclaré que la souveraineté israélienne sur les lieux saints de Jérusalem n’était pas ouverte à la négociation, rappelant que la ville serait toujours la capitale d’Israël.

Trump a exprimé quant à lui son désir de parvenir à un accord de paix israélo-palestinien, qu’il a qualifié d’ «accord ultime».

Au cours des derniers mois, rappelons que l’organisme culturel des Nations Unies, l’UNESCO, avait adopté une série de résolutions visant à amoindrir ou nier le lien du peuple juif avec Jérusalem, désignant toujours Israël comme puissance occupante.

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