Netanyahu vante sa stratégie des réseaux sociaux pour séduire les citoyens ordinaires
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Netanyahu vante sa stratégie des réseaux sociaux pour séduire les citoyens ordinaires

Lors d'une conférence sur la diplomatie numérique, le Premier ministre explique pourquoi il préfère Facebook à Twitter et affirme écrire ses propres posts

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la conférence diplomatique du Jérusalem Post, qui s'est tenue au Waldorf Astoria Hotel de Jérusalem, le 6 décembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la conférence diplomatique du Jérusalem Post, qui s'est tenue au Waldorf Astoria Hotel de Jérusalem, le 6 décembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Israël compte sur les réseaux sociaux pour gagner les cœurs de la population arabe, a déclaré jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu. De nombreux gouvernements de la région coopèrent déjà étroitement avec l’État juif, mais Jérusalem se tourne de plus en plus vers Facebook et Twitter dans le but d’influencer les citoyens ordinaires, a-t-il ajouté.

Lors d’une conférence sur la diplomatie numérique à Jérusalem, Netanyahu a également évoqué son utilisation personnelle des réseaux sociaux, affirmant qu’il rédigeait ses propres posts et qu’il était le plus satisfait de ses vidéos virales adressées au peuple iranien.

« Je pense que la proposition de paix se présentera de plus en plus à travers les réseaux sociaux, plutôt qu’à travers les gouvernements », a-t-il déclaré, s’exprimant en anglais.

Israël a de « très bonnes relations » avec beaucoup de ses voisins arabes, a-t-il noté. Mais afin de transformer les liens clandestins en une véritable paix, l’Etat juif devra « faire un chemin à travers le réseau de mensonges qui ont été dit sur Israël depuis 70 ans et qui se sont ancrés dans l’esprit des diverses populations ».

« Pour ce faire, nous devons atteindre les populations. Nous avons déjà une relation différente avec les régimes et les gouvernements. Mais nous voulons avoir une relation différente avec les gens — et c’est ce que vous faites à travers les réseaux sociaux », a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors de la conférence internationale sur la diplomatie numérique au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 7 décembre 2017 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

S’adressant à des représentants étrangers de plus de 30 pays lors de la Conférence internationale sur la diplomatie numérique du ministère des Affaires étrangères, Netanyahu a de nouveau cité un nouveau sondage censé montrer le désir croissant des citoyens arabes de voir leur pays établir des relations avec Israël.

Le sondage, commandé par le ministère des Affaires étrangères, a été critiqué par des experts pour sa méthodologie, mais Netanyahu a cité cette semaine ses conclusions dans divers événements.

Les résultats du sondage témoignent d’un « changement extraordinaire dans le monde arabe », s’est félicité Netanyahu. « Nous voyons une volonté croissante d’accepter l’Etat d’Israël dans diverses parties du monde arabe. C’est ce qui me donne le plus grand espoir pour la paix — c’est-à-dire la capacité de contacter directement les citoyens arabes de ces pays et de leur parler — parce que beaucoup de gouvernements sont déjà là. »

En utilisant les réseaux sociaux, l’objectif d’Israël est de percer « la croûte de calomnie, la croûte de la tromperie, la croûte de ce faux récit qui a été créé sur Israël — ce merveilleux pays démocratique et vibrant qui produit tant de choses qui peuvent améliorer notre des vies — pour amener les hommes et les femmes arabes dans la rue, le marchand dans le souk, l’enfant à l’école, à comprendre qu’ils peuvent bénéficier d’Israël », a-t-il expliqué.

« Cela ne peut arriver que via les réseaux sociaux. Cela arrive. C’est la partie principale de notre objectif. Il ne s’agit pas simplement de dissiper les mensonges, mais de propager la vérité. » Netanyahu a ajouté : « je pense que la vérité est une arme puissante. elle devient de plus en plus difficile à réprimer. »

S’adressant aux diplomates européens, il a déclaré : « je demande que vos politiques actuelles à l’égard d’Israël ne soient ni plus ni moins les mêmes que les politiques du monde arabe — les politiques actuelles du monde arabe. C’est assez bien pour moi. »

Il y a eu un profond changement dans l’attitude des gouvernements arabes à l’égard d’Israël, même si cela ne se reflète pas dans les déclarations publiques, a-t-il poursuivi.

« Mais si vous connaissiez la richesse de la confiance, la richesse des amitiés, la communauté d’intérêts, et dans un sens fondamental — même si nos sociétés sont très différentes — l’espoir d’un avenir meilleur, plus libre et plus libéral pour nos peuples, vous comprenez qu’il y a un pivot dans la position d’Israël, non seulement dans le monde mais aussi au Moyen-Orient », a-t-il analysé. « Et cela devrait certainement se refléter dans la façon dont vos gouvernements voient Israël. Ça va prendre du temps, mais je pense que tout le monde finira par y arriver. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu répond aux questions sur Twitter, dans sa résidence de Jérusalem, alors qu’Israël célébrait sa 68e Journée de l’indépendance, le 12 mai 2016 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Lors de la conférence, Netanyahu a également discuté de ses propres expériences en utilisant les réseaux sociaux. Son « moment Internet favori », par exemple, est lorsqu’il reçoit des réponses des citoyens iraniens à ses messages enregistrés sur vidéo, a-t-il confié.

Son dernier message adressé au peuple iranien, publié lundi, a été vu plus d’un million de fois.

« Ils disent merci, merci de me différencier du régime. Ils sont très courageux. C’est très émouvant pour moi », a-t-il expliqué.

I never imagined I'd say this…

I never imagined I'd say this, but I think Iran's hostility to Israel can be summed up by the experience of a single Iranian wrestler named Alireza.A few days ago, Alireza was about to beat a Russian wrestler in a world championship, and then his coach ordered him to lose the match. The reason? Because in the next round, Alireza would have had to face an Israeli wrestler. You see, Iran forbids its athletes from competing against Israelis. Now that's not surprising given that the regime in Tehran calls for the destruction of all Israelis, the destruction of Israel. Now, that's not going to happen, I assure you. We won't let that happen.But in the meantime, it's the people of Iran who pay the price. When his coach told Alireza to throw the match, he said his whole world seemed to come to an end. Just imagine, a government forbidding its athletes from competing against blacks, gays or Arabs.Close your eyes and think about Alireza for a moment. He trained countless hours; he dreamed of becoming a world champion. But the Iranian regime would rather see its athletes lose than compete against Israelis. So I have an idea. This is an idea that will honor and inspire future Alirezas buy promoting exactly the kind of coexistence and tolerance that Iran tries so hard to stamp out. I want you to film yourself playing a sport against someone of a different nationality, a different faith or different color. I want you to compete like hell—we're all for competition. Then I want you to shake hands, go out for a drink together, and then upload this to the social media. I want you to show Iran's regime that hating others will never make you a champion. It only makes you a pathetic and insecure loser.Winners aren't afraid to show tolerance and respect. Alireza, I want you to know that the tyrants who made you take a fall will fall themselves. A regime that crushes the creative and competitive spirits of its people—that regime is doomed. So are those who threaten to destroy the Jewish state. They'll go down for the count.

Posted by The Prime Minister of Israel on Monday, 4 December 2017

Netanyahu a fait l’éloge de son équipe de communication et de ses conseillers, mais a semblé réserver la plus grande partie des ses compliments de ces publications pour lui-même. « Oui, j’ai eu des gens qui écrivent des tweets pour moi, mais je les écris moi-même et je suis un éditeur très précis », a-t-il indiqué. « Est-ce que j’écris mes propres trucs ? J’aimerais ne pas avoir à le faire, mais je le fais. »

Netanyahu préfère Facebook à Twitter, a-t-il expliqué, ajoutant que l’un des principaux défis dans l’utilisation des réseaux sociaux est de compresser un message en un nombre limité de caractères. Il a également critiqué le fait que l’activité sur les réseaux sociaux se transforme souvent en « référendums instantanés », conduisant les politiciens à mener une chasse aux « j’aime » plutôt que de se concentrer sur l’avancement des bonnes politiques.

« Je ne suis pas là naturellement, mais je dois m’adapter, alors je m’adapte, donc je publie des tweets », a-t-il expliqué. « Autant que vous en profitiez. »

Dans son discours et une session de question réponse de 35 minutes, il n’a pas abordé ses moments les plus controversés sur les réseaux sociaux, comme lorsqu’il a posté une vidéo le jour des élections avertissant que les citoyens arabes d’Israël se rendaient en masse aux urnes pour voter, ou quand il a salué le projet du président américain Donald Trump de construire un mur frontalier avec le Mexique.

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