Netanyahu voulait tuer Abou al-Ata après la roquette en plein meeting électoral
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Netanyahu voulait tuer Abou al-Ata après la roquette en plein meeting électoral

Le Premier ministre aurait cherché à éliminer le chef du Jihad islamique immédiatement après l'incident du 10 septembre à Ashdod

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu quitte la scène lors d'une campagne à Ashdod en raison de sirènes d'alerte à la roquette, le 10 septembre 2019. (Crédit : capture d'écran Twitter)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu quitte la scène lors d'une campagne à Ashdod en raison de sirènes d'alerte à la roquette, le 10 septembre 2019. (Crédit : capture d'écran Twitter)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu voulait éliminer le chef de l’organisation du Jihad islamique palestinien Baha Abou al-Ata. Ce dernier avait orchestré une attaque de roquettes qui avait contraint le Premier ministre à quitter la scène d’un meeting électoral, une semaine avant le vote du 17 septembre à la Knesset, ont rapporté de multiples médias israéliens.

Deux roquettes avaient été tirées à Ashdod et à proximité d’Ashkelon depuis Gaza le 10 septembre. Cela avait déclenché les sirènes et forcé Netanyahu à interrompre un discours de campagne diffusé en direct. Il avait demandé aux militants de quitter calmement la salle, avant d’être précipité hors de la scène par la sécurité, revenant ensuite finir son discours.

Les roquettes avaient été interceptées par le système de défense Dôme de fer, mais l’image de Monsieur Sécurité de Netanyahu évacué en urgence en avait pâti, et cela avait été considérée comme une réussite significative pour le groupe terroriste de Gaza.

Netanyahu était furieux après cet épisode et avait immédiatement fait pression sur les officiels de la Défense pour qu’ils approuvent l’assassinat d’Abou al-Ata, ont rapporté les Douzième et Treizième chaînes mardi.

Les hauts gradés de l’armée israélienne et du service de sécurité du Shin Bet avaient formulé des réserves, affirmant qu’une telle opération menée immédiatement pourrait blesser trop de civils palestiniens et qu’il y avait un risque de guerre totale avant l’élection.

L’opération avait donc été annulée.

Le chef du Jihad islamique palestinien Baha Abu al-Ata attend à Gaza, le 21 octobre 2019. (Crédit : STR/AFP)

Tsahal avait alors commencé à préparer l’assassinat ciblé, et le Procureur général Avichai Mandelbit avait dit qu’il fallait obtenir l’approbation du cabinet de sécurité, selon les reportages télévisés.

Les ministres ont ensuite discuté du plan à plusieurs reprises au cours des semaines suivantes. Le projet a finalement été approuvé, sur le principe, le 3 novembre.

Pourtant, dans un commentaire aux médias, le ministre de l’Education Rafi Peretz avait fait allusion au projet, repoussant ainsi l’opération.

Peretz, du parti très à droite HaBayit HaYehudi, avait soulevé l’idée d’une reprise des assassinats ciblés, qui n’étaient plus utilisés depuis plusieurs années. Un autre ministre avait réagi dans un commentaire anonyme aux médias en déclarant que la proposition de Peretz était « du non-sens », probablement dans une tentative de limiter les dégâts.

Le cabinet a pris la décision unanime de tuer Abou al-Ata samedi dernier, selon les reportages. Depuis lors, Tsahal attendait le moment opportun, quand il serait aussi isolé que possible pour éviter de faire d’autres victimes.

D’après la Treizième chaîne, l’assassinat ciblé a finalement été mené avant le lever du soleil mardi matin grâce au tir d’un seul missile de précision depuis un avion israélien. Le missile a traversé la fenêtre de la chambre à coucher où Abou al-Ata et sa femme dormaient, tuant le couple. D’autres parties du bâtiment, situé dans la zone de Shejaiya à Gaza Ville, n’ont pas été endommagées.

En plus de la roquette lancée lors du meeting de campagne de Netanyahu, Abou al-Ata aurait aussi été responsable des plus récentes attaques de roquette, y compris une attaque ciblant la ville de Sderot en août lors d’un grand festival pour enfants avec plus de 4 000 participants. Il aurait aussi été l’instigateur d’un affrontement violent entre Israël et Gaza en mai, peu avant le concours de l’Eurovision organisé à Tel Aviv.

Il aurait également été responsable d’une salve de roquettes plus tôt ce mois. Une roquette avait touché un jardin privé à Sderot, au moment même où l’opération visant à l’éliminer était approuvée par le cabinet.

Abou al-Ata était membre du Jihad islamique palestinien depuis la fin des années 1990. Il est devenu l’un des principaux commandants de l’organisation.

Israël avait déjà essayé de le tuer pendant l’opération Pilier de Défense à Gaza en 2012. Sa maison avait été frappée et détruite lors de la guerre à Gaza en 2014, avec celle d’autres chefs d’organisations terroristes.

Plus tôt mardi, l’ancien ministre de la Défense Avidgor Liberman a déclaré qu’il avait voulu cibler Abou al-Ata l’année dernière, mais Netanyahu avait refusé. Les reportages laissaient entendre que des responsables militaires étaient alors opposés à la décision. Liberman a quitté son poste en novembre dernier pour protester contre la politique de Netanyahu vis-à-vis de Gaza.

Selon Tsahal, Abou al-Ata était le véritable « commandant » du Jihad islamique dans la bande de Gaza. Il avait donné l’ordre au groupe de mener la plupart des attaques à la roquette et à la frontière depuis l’enclave palestinienne ces derniers mois. Il prévoyait davantage d’attaques.

Mardi, Netanyahu l’a décrit comme une « bombe à retardement ».

Des roquettes tirées depuis Gaza vers Israël, après l’assassinat ciblé du commandant en chef du Jihad islamique palestinien Baha Abou al-Ata, tué par une frappe israélienne, le 12 novembre 2019.

L’assassinat a entraîné le tir d’au moins 190 roquettes lors du premier jour par les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien à Gaza. Tsahal a lancé une campagne de frappes aériennes de riposte après environ six heures d’attaques de roquettes sans réponse sur le centre et le sud d’Israël depuis l’enclave.

Des dizaines de projectiles en approche ont été abattus par des soldats opérant le système de défense du Dôme de Fer, avec un taux d’interception de 90 % pour les roquettes en direction de zones habitées, a déclaré l’armée. Les 10 % restants des projectiles ont frappé des maisons, des entreprises et des routes, causant d’importants dégâts, mais relativement peu de blessés.

En réaction, l’armée a dit que ses avions de combat, ses hélicoptères et d’autres aéronefs ont ciblé des « centres d’entraînement du Jihad islamique, dont certains utilisés par l’unité de commando marine du groupe terroriste, l’entrée d’un tunnel d’attaque dans le nord de la bande de Gaza et un site de creusage de tunnel dans le centre de la bande de Gaza », mais aussi plusieurs installations souterraines utilisées pour fabriquer et conserver des armes, des postes d’observation et des camps d’entraînement au cours de trois séries de frappes aériennes.

Israël et Gaza se sont opposés dans plusieurs épisodes de violents affrontements au cours des deux dernières années, alors que les deux camps ont tenté d’obtenir un cessez-le-feu à long terme.

Judah Ari Gross et Jacob Magid ont contribué à cet article.

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