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Nouveaux heurts entre émeutiers palestiniens et police sur le mont du Temple

Les émeutiers ont lancé des pierres et des feux d’artifice sur la police lors des prières du matin ; le Croissant-Rouge rapporte 31 blessés et une policière a été blessée au visage

Des Palestiniens manifestent avant des affrontements avec la police israélienne au mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)
Des Palestiniens manifestent avant des affrontements avec la police israélienne au mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Des émeutiers palestiniens ont affronté les policiers israéliens sur le mont du Temple, vendredi matin, lors des derniers heurts en date à survenir dans la Vieille Ville de Jérusalem au cours des sept derniers jours.

Selon la police, des centaines de personnes se sont rebellées durant les prières musulmanes, tôt ce matin, et ont jeté des pierres et des feux d’artifice sur les policiers. La police a déclaré que certains des émeutiers étaient masqués et portaient des drapeaux du groupe terroriste du Hamas au pouvoir à Gaza, qui avait appelé les Palestiniens à « se mobiliser » lors des prières du vendredi au mont du Temple.

La police a déclaré que, malgré les jets de pierres, les agents avaient attendu la fin des prières et la dispersion des fidèles avant d’intervenir. Les heurts se sont par la suite intensifiés et déplacés en direction du mur Occidental, en contrebas, où se déroulaient des prières juives.

« Les forces de police ont été contraintes d’utiliser des moyens de dispersion d’émeutes et de repousser la foule », a rapporté la police dans un communiqué.

Selon ce même communiqué, un émeutier masqué, blessé dans les affrontements, a été conduit à l’hôpital par la police pour y recevoir des soins. Selon le Croissant-Rouge, 31 Palestiniens auraient été blessés dans les affrontements, 14 d’entre eux ayant été conduits à l’hôpital pour y recevoir des soins.

La police a déclaré qu’une policière, atteinte au visage par une pierre, avait été prise en charge.

« Nous continuerons à intervenir contre les émeutiers et les contrevenants », a déclaré la police, tout en promettant de garantir la liberté de culte à Jérusalem.

Au cours des heurts, un arbre situé au sommet du mont du Temple a pris feu. Les autorités israéliennes ont indiqué que l’incendie avait été déclenché par un feu d’artifice lancé par des émeutiers, alors que les Palestiniens tiennent la police pour responsable. L’incendie a finalement été maîtrisé.

Une vidéo publiée par la police donne à voir un Palestinien qui semble lancer un feu d’artifice, suivi d’un dégagement de fumée provenant de l’arbre voisin.

La police a également déclaré que des fidèles musulmans avaient tenté, sans succès, d’arrêter les émeutiers.

« Les émeutiers et les jets de pierres nuisent d’abord et avant tout aux nombreux fidèles du mont du Temple », a rappelé la police.

Au bout de quelques heures, une fois les heurts apaisés, la police s’est retirée du mont du Temple.

Selon les médias israéliens, le commissaire de police Yaakov Shabtai s’est rendu dans la Vieille Ville, au moment des heurts, afin d’examiner la situation. Il a ordonné que les agents de réserve de la police des frontières soient mis en alerte et immédiatement mobilisables, anticipant une extension des violences à des villes arabes comme Umm al-Fahm et Nazareth.

Depuis vendredi dernier, jour d’intenses affrontements survenus dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, le mont du Temple connait des violences similaires presque quotidiennement.

Des Palestiniens lancent des pierres en direction de la police israélienne lors d’affrontements au mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Des affrontements ont également eu lieu jeudi, dernier jour avant la fermeture du mont du Temple aux non-musulmans jusqu’à la fin du Ramadan, le 2 mai. Selon cette pratique déjà ancienne, durant les 10 derniers jours du Ramadan, le lieu est strictement réservé aux fidèles musulmans.

Le mont du Temple est le point névralgique des tensions israélo-palestiniennes et les affrontements qui s’y étaient déroulés l’année dernière avaient très largement contribué au conflit militaire de onze jours entre Israël et les groupes terroristes dans la bande de Gaza, après des tirs de roquettes du Hamas sur Jérusalem.

C’est à la fois le lieu le plus sacré pour les Juifs, car c’est l’emplacement des temples bibliques, et le troisième site le plus saint des musulmans, du fait de la présence de la mosquée Al-Aqsa, au sommet du mont du Temple.

Depuis quelques semaines, Jérusalem est une véritable poudrière, du fait des heurts entre les Palestiniens et la police sur le mont du Temple, de la convergence des fêtes du Ramadan et de Pessah, qui ont attiré des milliers de personnes dans les lieux saints, et des opérations de lutte contre le terrorisme menées par les forces de l’ordre israéliennes en Cisjordanie, sous les incitations à la violence des groupes terroristes de Gaza.

La police israélienne se déplace derrière des boucliers anti-émeutes lors d’affrontements avec des Palestiniens dans l’enceinte du mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Jeudi, le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, a déclaré que « nous n’en sommes qu’au début de la guerre » et a mis en garde Israël au sujet des heurts au mont du Temple.

Ses propos font suite aux récents affrontements armés entre Israël et les terroristes basés à Gaza – les plus nourris depuis les combats de 2021. L’armée israélienne a mené des raids aériens dans la bande de Gaza en réponse aux récents tirs de roquettes et de missiles antiaériens.

Aucun Israélien n’a été blessé par les tirs de roquettes survenus ces derniers jours, mais trois personnes se sont blessées en courant pour rejoindre des abris anti-aériens.

Aucun groupe de Gaza n’a, à ce stade, revendiqué la responsabilité de l’un ou l’autre des tirs de la nuit, comme cela avait été le cas après le premier tir de roquette, lundi soir. Toutefois, plusieurs médias citant des responsables de la sécurité israélienne désignent le Jihad islamique palestinien, rival du Hamas, comme responsable des tirs de roquettes de lundi.

Les tirs de roquettes de cette semaine ont mis fin à une période de calme de près de quatre mois dans la zone de contact avec Gaza.

Un missile du système israélien de défense aérienne du « Dôme de fer » éclaire le ciel au-dessus de la bande de Gaza, le 21 avril 2022. (Crédit : Said Khatib/AFP)

En plus de Gaza et Jérusalem, la Cisjordanie a récemment été le théâtre de tensions, les forces de l’ordre israéliennes ayant intensifié leurs opérations après la mort de 14 personnes dans une série d’attentats terroristes menés par des Arabes israéliens et palestiniens.

Les soldats ont mené de vastes opérations en Cisjordanie en réaction à ces attentats. 17 Palestiniens au moins auraient trouvé la mort dans des affrontements avec les forces israéliennes.

Jeudi soir, l’armée israélienne a fermé les points de passage de Cisjordanie et de Gaza aux Palestiniens pour la fin de Pessah. La mesure sera levée samedi à une heure qui reste à déterminer.

Ces fermetures sont une pratique courante pendant les fêtes et notamment les fêtes juives. L’armée affirme qu’il s’agit d’une mesure de protection contre les attentats en période de tension accrue.

La mission de liaison de l’armée avec les Palestiniens a précisé que, sous réserve des restrictions existantes, les fidèles palestiniens seraient autorisés à entrer en Israël pour les prières du vendredi de Ramadan, à Jérusalem.

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