Nouvelle-Zélande: des boules puantes lancées pendant un film sur Ben-Gurion
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Nouvelle-Zélande: des boules puantes lancées pendant un film sur Ben-Gurion

Les manifestants ont distribué des photos d'un bébé palestinien, dont la mort a été imputée aux troupes israéliennes à Gaza, avant que la famille ne fasse état de sa cardiopathie

David Ben-Gurion, le premier Premier ministre d'Israël, dans une interview récemment découverte, datant de 1968 (Crédit : la Deuxième chaîne)
David Ben-Gurion, le premier Premier ministre d'Israël, dans une interview récemment découverte, datant de 1968 (Crédit : la Deuxième chaîne)

Des militants pro-palestiniens en Nouvelle-Zélande ont acheté des billets pour la projection d’un nouveau film sur le fondateur d’Israël et premier Premier ministre David Ben-Gurion, puis ils ont lancé des boules puantes dans la salle et crié des slogans anti-israéliens, forçant le public invité à quitter les lieux, a fait savoir Hadashot jeudi.

L’incident à Auckland a suivi un incident similaire survenu dans la capitale de Nouvelle-Zélande, Wellington, où les manifestants avaient attaché une boîte noire émettant des signaux à un siège, selon Newsroom, une site internet d’information néo-zélandais.

Peace Action Wellington a fait savoir que les protestataires l’avaient pris pour cible parce que le film « Ben Gurion, Epilogue » était une « propagande raciste » et parce que l’ambassade israélienne avait payé le voyage vers la Nouvelle-Zélande au réalisateur Yariv Mozer.

Mozer a indiqué jeudi à la chaîne Hadashot que lors de l’incident d’Auckland, des manifestants ont distribué des photos de Layla Ghandour, une fillette de huit mois qui est morte la semaine dernière à proximité de la bande de Gaza, soit-disant après avoir inhalé des gaz durant des affrontements entre les Palestiniens et les soldats israéliens.

Photo de Layla Ghandour postée par le porte-parole du ministère de la Santé de Gaza le 15 mai 2018. (Facebook)

Après que sa mort a fait les gros titres dans le monde entier, sa famille avait reconnu qu’elle avait une maladie congénitale du coeur. Un médecin de Gaza avait indiqué à l’Associated Press qu’elle était probablement morte de ses problèmes.

Mozer a indiqué que les personnels de sécurité ont été appelés dans la salle où ils avaient placé les manifestants en détention.

Le film devrait être projeté une seconde fois à Auckland et les manifestants ont menacé de perturber la séance à nouveau, a indiqué Hadashot.

Le film est basé sur six heures d’interview datant de 1968 – un an après la capture par Israël de la Cisjordanie, de Gaza, du plateau du Golan, et de Jérusalem-Est au cours de la guerre des Six Jours.

L’entretien avait été découvert dans des archives, à Jérusalem, et présente Ben-Gurion, 82 ans à l’époque et qui vivait dans le Negev, exprimant ses points de vue sur la paix avec le monde arabe.

Yariv Mozer, directeur du film Ben Gurion, Epilogue.(Capture d’écran : YouTube)

Dans l’entretien de Newsroom, Mozer a invité les manifestants à voir le film, disant qu’ils seraient « surpris ».

« Ben-Gurion était défavorable à la conservation des territoires. Cela avait toujours été son point de vue qu’Israël devrait se retirer en arrière des frontières de 1967 s’il voulaient une paix durable », a commenté Mozer.

« Il avait cette vision claire que nous nous trouverions là où nous en sommes aujourd’hui si ce n’était pas le cas », a-t-il ajouté.

« Il considérait qu’il y avait suffisamment de terres dans le désert du Negev pour tous les habitants d’implantation juifs et il avait offert de rendre les secteurs occupés, notamment Jérusalem, afin de bénéficier d’une solution à deux états », a-t-il poursuivi.

« Il pensait qu’avoir un pays était plus important que d’avoir Jérusalem », a-t-il dit.

Mozer a déclaré que ceux qui réclament un boycott culturel d’Israël sont des « ignorants » et oeuvrent contre les chances de paix.

« La raison pour laquelle nous, réalisateurs de commentaires, faisons ces films est la nécessité que les gens comprennent mieux les choses et qu’ils voient des points de vue différents. Si le mouvement du boycott écarte les artistes ou nous réduit au silence, il stoppe le dialogue », a-t-il estimé.

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