Nouvelles mises en examen de Shaul Elovitch, l’ex-propriétaire de Bezeq
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Nouvelles mises en examen de Shaul Elovitch, l’ex-propriétaire de Bezeq

Le magnat et plusieurs anciens cadres sont accusés de fraude en valeurs mobilières ; les procureurs réfléchissent à porter plainte contre des groupes de médias dans l'Affaire 4000

Shaul Elovitch arrive à l'ouverture du procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu au tribunal de Jérusalem. Netanyahu est poursuivi pour corruption, fraude et abus de confiance, le 24 mai 2020. (Crédit : Amit Shabi / Flash90)
Shaul Elovitch arrive à l'ouverture du procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu au tribunal de Jérusalem. Netanyahu est poursuivi pour corruption, fraude et abus de confiance, le 24 mai 2020. (Crédit : Amit Shabi / Flash90)

L’ex-propriétaire du géant des télécommunications Bezeq, Shaul Elovitch, a été mis en examen mercredi pour fraude, abus de confiance, violation de la loi sur les valeurs mobilières et pour avoir reçu des cadeaux illicites dans un dossier qui avait mené à l’ouverture de l’un des trois dossiers pour corruption les plus graves impliquant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont le procès dans ces affaires a commencé.

Ce dossier sur les valeurs mobilières impliquant Elovitch et d’autres responsables majeurs de Bezeq est distinct de celui qui incrimine Netanyahu – connu sous le nom d’Affaire 4000 – dans lequel Elovitch et son épouse Iris sont également accusés.

Les procureurs ont aussi fait savoir qu’ils réfléchissaient à porter plainte contre Bezeq et contre le site Walla, propriété d’Elovitch, dans l’affaire
4 000 ainsi que contre le quotidien Yedioth Ahronoth dans une autre affaire impliquant Netanyahu, l’Affaire 2 000. Ce dépôt de plainte pourrait retarder le déroulement du procès de Netanyahu.

Ce nouveau développement survient alors que des informations non-sourcées qui avaient été transmises par le site Globes, le mois dernier, avaient indiqué que le procureur-général Avichai Mandelblit avait pris la décision de ne pas porter plainte contre les groupes de médias.

Dans l’affaire 4000, largement considérée comme la plus grave, Netanyahu est accusé d’avoir fait avancer des décisions réglementaires qui ont bénéficié à Shaul Elovitch, l’actionnaire majoritaire du géant des télécommunications Bezeq, en échange d’une couverture positive du site d’information Walla appartenant à l’homme d’affaires – une entente qui aurait duré quatre ans, jusqu’au début de l’année 2017. Elovitch aurait ainsi offert une couverture favorable de Netanyahu sur le site Walla, éreintant par ailleurs les adversaires du Premier ministre, en particulier pendant les élections de 2013 et de 2015.

Les procureurs ont fait savoir qu’en échange, les interventions de Netanyahu dans des décisions régulatoires et commerciales liées à Bezeq avaient apporté à Elovitch un bénéfice à hauteur de 1,8 milliard de shekels.

Dans l’Affaire 2000, Netanyahu aurait convenu avec l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, d’affaiblir la diffusion d’un quotidien rival, Israel Hayom, en échange d’une couverture plus favorable de Yedioth,.

La mise en examen dans le dossier des valeurs mobilières a été faite mercredi par la cour de district de Tel Aviv et elle concerne Elovitch; son fils, Or Elovitch, qui était également à l’époque directeur de Bezeq ; l’ancien secrétaire Linor Yochelman; l’ancien directeur-général de Yes, la filiale par satellite de Bezeq, Ron Eilon; et l’ancien directeur financier de Yes, Mickey Naiman.

La PDG de Bezeq, Stella Handler, lors d’une audience devant le tribunal de première instance de Tel-Aviv le 18 février 2018. (Flash90)

Exception notable, l’ancienne directrice-générale de Bezeq, Stella Handler, n’a pas été inculpée. Les procureurs ont indiqué qu’elle avait signé un accord avec eux dans lequel elle avait reconnu avoir commis des malversations par lequel elle s’est notamment engagée à payer une amende de 400 000 shekels, et qui lui interdit d’occuper un poste de responsable en entreprise pendant neuf mois – en plus des deux ans et demi passés, où elle n’avait pas eu non plus le droit de travailler à une telle fonction.

Le dossier est parti de deux enquêtes. L’une concernait les dépenses frauduleuses de 10 millions de shekels sur 170 millions de shekels sortis du budget de Bezeq, en échange de la vente des actions que possédait Elovitch dans Yes à Bezeq lors d’une transaction entre partenaires en 2015.

La Division économique et fiscale estime qu’il y a suffisamment d’éléments pour prouver que d’importants responsables de Bezeq avaient peaufiné les performances de l’entreprise pour démontrer qu’ils avaient atteint leurs objectifs trimestriels, dans le but d’accélérer la conclusion de l’accord. Ils avaient reçu, en contrepartie, des primes et des promotions de la part d’Elovitch.

La seconde enquête avait concerné des commissions apparemment frauduleuses qu’Elovitch avait mis en place au sein de Bezeq pour approuver les transactions qu’il souhaitait faire. Il avait ainsi laisser fuiter de la firme de télécommunications des informations commerciales sensibles auprès des autres parties dans les transactions, qui avaient souvent été des compagnies privées placées sous son contrôle.

Parmi les accords qui avaient été approuvés de cette manière, il y avait eu la fusion de Bezeq avec Yes, une initiative qui avait finalement abouti et qui aurait ramené des centaines de millions de dollars à Elovitch.

Jack Chen, l’avocat d’Elovitch, a déclaré que la double mise en examen que doit dorénavant affronter son client « reflète le dur traitement qui est actuellement réservé à monsieur Elovitch ». Il a mis en cause une stratégie d’investigation « inhumaine » à l’encontre de son client et indiqué qu’il continuerait « à lutter pour prouver son innocence, parce que j’ai la conviction que justice sera rendue devant les tribunaux ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) s’entretient avec ses avocats Micha Fettman (à gauche) et Amit Hadad (à droite) dans la salle d’audience, le jour de l’ouverture de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 24 mai 2020. (Ronen Zvulun / Pool Photo via AP)

Les procureurs ont aussi annoncé qu’ils refermaient les dossiers d’un certain nombre de responsables dans l’Affaire 4000 elle-même – notamment concernant Or Elovitch, Amikam Shorer, Eli Kamir, l’homme d’affaires Zeev Rubinstein, l’ancien directeur-général du ministère des Communications Eitan Tsafrir, l’ancien assistant de Tzafrir Adi Kahan, et l’ancienne vice-présidente des Régulations au sein de Bezeq Sharon Fleischer.

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