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Ouverture prochaine d’un corridor maritime entre Chypre et Gaza pour acheminer davantage d’aide

La construction du port temporaire prendra plusieurs semaines et sera conduite en partenariat avec des "alliés" au sol, a annoncé Joe Biden ; la cheffe de la commission européenne espère un lancement dès dimanche

Des Palestiniens transportent des sacs de farine alors que l'aide humanitaire arrive dans la ville de Gaza le 6 mars 2024, dans le cadre du conflit actuel entre Israël et le Hamas. (Crédit : AFP)
Des Palestiniens transportent des sacs de farine alors que l'aide humanitaire arrive dans la ville de Gaza le 6 mars 2024, dans le cadre du conflit actuel entre Israël et le Hamas. (Crédit : AFP)

L’Union européenne et les Etats-Unis ont annoncé vendredi l’ouverture prochaine d’un corridor maritime entre Chypre et Gaza pour acheminer l’aide humanitaire dans le territoire palestinien, après cinq mois de guerre.

Cette annonce a suivi celle du président américain Joe Biden sur une opération humanitaire majeure par mer impliquant selon des responsables américains la construction d’une « jetée temporaire » à Gaza pour permettre des « aides massives ».

De hauts responsables américains ont indiqué que l’initiative annoncée par M. Biden s’appuyait sur le corridor d’aide maritime proposé par Chypre, pays membre de l’Union européenne (UE) le plus proche de la bande de Gaza.

Israël s’est « félicité » du corridor humanitaire maritime prévu entre Chypre et la bande de Gaza, distantes de près de 380 km. Cette initiative « permettra l’augmentation de l’aide (entrant) dans Gaza après un contrôle de sécurité correspondant aux standards israéliens », a écrit le porte-parole des Affaires étrangères Lior Haiat sur X.

« Israël continuera à faciliter le transfert de l’aide humanitaire aux habitants de Gaza, conformément aux lois de la guerre et en coordination avec les États-Unis et nos alliés dans le monde entier », peut-on lire dans un communiqué.

 

La déclaration ajoute qu’Israël continuera à combattre le groupe terroriste Hamas « jusqu’à son élimination et au retour de tous les otages ».

Un pêcheur palestinien arrive avec un bateau au port de Gaza City, le 1er décembre 2022. (Crédit : RONALDO SCHEMIDT / AFP)

Les Etats-Unis mettent une pression grandissante sur Israël, leur allié, qui assiège Gaza depuis le 9 octobre et ne laisse entrer l’aide qu’au compte-gouttes depuis l’Egypte.

Selon l’ONU, sur les 2,4 millions d’habitants dans le territoire exigu, 2,2 millions sont menacés de famine avec de graves manques de nourriture et d’eau potable et 1,7 ont été déplacés par les combats et les frappes israéliennes qui ont aussi provoqué des destructions colossales et réduit le système hospitalier en lambeaux.

« Nous sommes très proches de l’ouverture de ce corridor, avec un peu de chance ce dimanche », a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen au port de Larnaca dans le sud de Chypre, le pays de l’Union européenne géographiquement le plus proche de Gaza.

Une première opération pilote sera lancée vendredi, a-t-elle ajouté, accompagnée du président chypriote Nikos Christodoulides.

Le président chypriote Nikos Christodoulides et la présidente de la Commission européene Ursula von der Leyen au palais présidentiel de Nicosie, le 8 mars 2024. (Crédit : Iakovos Hatzistavrou/ POOL/AFP)

« La situation humanitaire à Gaza est désastreuse (…) et nous sommes confrontés à une catastrophe humanitaire », a déploré vendredi Mme von der Leyen. « Nous sommes ici parce que les Palestiniens et les habitants de Gaza ont besoin de toute notre aide. »

La Commission européenne a également publié une déclaration commune avec Chypre, les Emirats arabes unis, les Etats-Unis et le Royaume-Uni « approuvant l’activation » du corridor d’aide maritime vers Gaza.

« L’acheminement de l’aide humanitaire directement à Gaza par voie maritime sera complexe, et nos pays continueront d’évaluer et d’ajuster leurs efforts afin de garantir que l’aide soit acheminée le plus efficacement possible », selon la déclaration.

« La situation humanitaire à Gaza est désastreuse (…) et nous sommes confrontés à une catastrophe humanitaire », a déploré vendredi Mme von der Leyen. « Nous sommes ici parce que les Palestiniens et les habitants de Gaza ont besoin de toute notre aide. »

Chypre « réunira bientôt des hauts fonctionnaires pour discuter de la manière dont nous pouvons accélérer la mise en place de cette voie maritime pour soutenir ceux qui en ont besoin, en complément des voies terrestres et aériennes », y compris depuis l’Egypte et la Jordanie », a-t-elle encore dit.

Le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a salué l’annonce de la construction du port, tout en soulignant que la communauté internationale devait continuer à se concentrer sur l’augmentation de l’entrée et de la distribution d’aide « par voie terrestre ».

« Jetée temporaire » à Gaza

L’idée d’un corridor humanitaire maritime vers Gaza est évoquée depuis des années, mais n’a jamais vu le jour en raison de la réticence d’Israël et des préoccupations liées au fait que le port de pêche existant de la ville de Gaza n’est pas équipé pour l’accostage de grands navires. Les États-Unis ont relancé l’idée de la création d’un corridor à la suite de l’incident meurtrier de la semaine dernière, au cours duquel des dizaines de Palestiniens ont été tués alors qu’ils tentaient de collecter de l’aide dans le nord de la bande de Gaza.

Convaincus que le meilleur moyen de s’assurer que les civils reçoivent de l’aide est d’achalander la bande de Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime, les États-Unis ont largué de la nourriture au-dessus de Gaza à trois reprises depuis samedi et commenceront dans les prochaines semaines à travailler à la mise en place d’un pont-jetée au large de la côte de Gaza, qui pourra accueillir chaque jour de grands navires transportant des centaines de camions chargés de nourriture, d’eau, de médicaments et d’abris temporaires, selon les responsables de l’administration américaine.

Une opération conjointe jordanienne, française, américaine et égyptienne de largage de colis d’aide dans le nord de la bande de Gaza le 5 mars 2024. (Crédit : AFP)

Mais les parachutages, de même que l’envoi d’aide par la mer ne peuvent se substituer à la voie terrestre, estime l’ONU qui met en garde contre une « famine généralisée presque inévitable » à Gaza.

« La diversification des routes d’approvisionnement terrestres reste la solution optimale » selon Sigrid Kaag, la coordinatrice de l’ONU chargée de l’aide pour Gaza.

« Je travaille d’arrache-pied pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat d’au moins six semaines », a déclaré Joe Biden dans son discours sur l’état de l’Union jeudi, en appelant Israël à ne pas utiliser l’aide humanitaire comme « monnaie d’échange ».

« Ce soir, j’ordonne aux forces armées américaines de conduire une mission d’urgence pour établir un port temporaire sur la côte de Gaza pouvant accueillir de grands navires transportant de la nourriture, de l’eau des médicaments et des abris provisoires », a-t-il indiqué.

Le président américain Joe Biden prononce le discours sur l’état de l’Union lors d’une session conjointe du Congrès au Capitole des États-Unis, jeudi 7 mars 2024, à Washington. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

La réalisation de cet ouvrage ne nécessitera « aucun déploiement au sol de troupes américaines », a-t-il assuré.

Le président américain a par ailleurs appelé le gouvernement israélien à « laisser entrer davantage d’aide humanitaire à Gaza », soulignant que l’aide humanitaire « ne peut être une considération secondaire ni une monnaie d’échange ».

La construction du port temporaire prendra plusieurs semaines et sera conduite en partenariat avec des « alliés » au sol, ainsi qu’avec l’ONU et des organisations humanitaires, avaient auparavant indiqué de hauts responsables américains.

« L’élément principal sera une jetée temporaire », a expliqué un de ces responsables à des journalistes. Le port permettra l’arrivée dans la bande de Gaza de l’équivalent de la capacité « de centaines de camions d’aide supplémentaire chaque jour ».

Israël a été informé de cette initiative et les Etats-Unis doivent travailler avec eux sur les questions de sécurité, selon les mêmes sources.

Le Royaume-Uni collaborera avec les États-Unis pour ouvrir un corridor maritime afin d’acheminer l’aide directement à Gaza, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron.

« Aux côtés des États-Unis, le Royaume-Uni et ses partenaires ont annoncé l’ouverture d’un corridor maritime pour acheminer l’aide directement à Gaza », a déclaré Cameron dans un message publié sur X, anciennement Twitter.

Vendredi après-midi, Cameron, a souligné que le projet américain de construction d’un port temporaire à Gaza pour acheminer l’aide dans l’enclave prendrait du temps, et a réitèré son appel à Israël pour qu’il ouvre le port d’Ashdod dans l’intervalle.

« Il faudra du temps pour le construire », a déclaré Cameron aux radiodiffuseurs britanniques.

« La chose la plus importante à faire est donc que les Israéliens confirment aujourd’hui qu’ils ouvriront le port d’Ashdod. »

L’entrée des aides et leur acheminement dans différents secteurs de la bande de Gaza notamment dans le nord, restent aussi très difficiles en raison des combats, des bombardements, des destructions et parfois des pillages.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque le Hamas a envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza. Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.

Plus de 30 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé dirigé par les terroristes du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 13 000 membres du groupe terroriste à Gaza, en plus d’un millier de terroristes à l’intérieur d’Israël le 7 octobre et dans les jours qui ont suivi l’assaut.

« L’armée israélienne continuera à opérer dans toute la bande de Gaza, y compris à Rafah, le dernier bastion du Hamas », a répété jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Pour parvenir à la « victoire totale », Israël dit préparer une offensive terrestre sur Rafah, dans l’extrême sud de la bande de Gaza contre la frontière fermée avec l’Egypte, où sont réfugiés près de 1,5 million de Palestiniens selon l’ONU.

Après quatre jours de négociations infructueuses au Caire, les négociations sur une trêve impliquant les pays médiateurs -Egypte, Qatar, Etats-Unis- doivent reprendre la semaine prochaine au Caire, selon le média égyptien progouvernemental Al-Qahera News.

Les médiateurs espéraient arracher un accord sur une trêve associée à une libération d’otages en échange de prisonniers palestiniens avant le ramadan, le mois sacré du jeûne pour les musulmans, qui commence en début de semaine prochaine.

Le Hamas réclame avant tout accord un cessez-le-feu définitif et un retrait des troupes israéliennes de Gaza, ce qu’Israël refuse. Par ailleurs, le groupe terroriste refuse de fournir à Israël la liste des otages vivants qu’il s’engage à libérer.

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