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Paramount conteste l’offre d’achat de Warner Bros. par Netflix, avec l’aide de Jared Kushner

Des fonds souverains d'Arabie saoudite, du Qatar et d'Abu Dhabi, ainsi que Larry Ellison, un autre allié de Donald Trump dont le fils dirige Paramount, ont aussi déposé une OPA

Le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, participant à une réunion avec le président russe Vladimir Poutine ( hors champ), au Kremlin, à Moscou, le 2 décembre 2025. (Crédit : Kristina Kormilitsyna/Pool via Sputnik/AFP)
Le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, participant à une réunion avec le président russe Vladimir Poutine ( hors champ), au Kremlin, à Moscou, le 2 décembre 2025. (Crédit : Kristina Kormilitsyna/Pool via Sputnik/AFP)

Le groupe de télévision et de cinéma Paramount Skydance a présenté, lundi, une contre-offre pour son concurrent Warner Bros. Discovery (WBD), valorisé à 108,4 milliards de dollars, trois jours après l’annonce d’un accord de rachat entre WBD et Netflix. Le patron de ce dernier s’est dit serein face à cette contre-attaque.

À la différence de Netflix, qui ne propose de racheter que le studio Warner Bros et la plateforme de vidéo à la demande HBO Max, Paramount Skydance veut acquérir l’ensemble de WBD, y compris son portefeuille de chaînes de télévision, selon un communiqué.

L’offre publique d’achat (OPA), qui court jusqu’au 8 janvier, est de 30 dollars par action, soit 77,9 milliards au total, auxquels s’ajoute la dette, portant la valeur de l’entreprise à 108,4 milliards.

Interrogé lundi sur la guerre des enchères, le président américain Donald Trump a répondu qu’aucune des deux parties n’était « mon amie » et qu’il souhaitait « faire ce qui est juste ». Il a ajouté qu’il n’avait pas discuté avec son gendre Jared Kushner de l’offre d’achat de Paramount.

Cette surenchère « était totalement attendue », a commenté, après l’annonce, le co-directeur général de Netflix Ted Sarandos lors d’une conférence organisée par la banque UBS. « Nous sommes super confiants dans le fait que nous allons mener (l’acquisition) à terme. »

Les investisseurs ont réagi favorablement à ce nouveau développement, le titre WBD progressant de 5,08 % à 27,31 dollars vers 19 h 30 GMT à la Bourse de New York. En revanche, le titre Netflix était sanctionné, abandonnant 3,31 %.

Le président américain Donald Trump s’exprimant lors d’une table ronde sur les subventions agricoles dans la salle du Cabinet de la Maison Blanche, à Washington, le 8 décembre 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP Photo)

Avant d’étudier une vente, Warner Bros. Discovery avait pour projet de scinder ces chaînes, parmi lesquelles figurent CNN et Discovery, du reste du groupe, estimant leur potentiel de croissance moindre dans un contexte d’érosion de la télévision par câble aux États-Unis.

Paramount Skydance avait été le premier à manifester son intérêt pour Warner Bros Discovery et a soumis cinq offres, avant celle de lundi, mais le conseil « ne les a jamais étudiées sérieusement », affirme le groupe, et WBD lui a préféré Netflix, qui a également coiffé au poteau le câblo-opérateur Comcast.

« Notre offre est la plus élevée de toutes celles qui sont sur la table », a déclaré David Ellison, patron de Paramount Skydance, lors d’un entretien à la chaîne CNBC.

Celle de Netflix valorisait Warner Bros. et HBO Max à 82,7 milliards de dollars, dette comprise (72 milliards hors dette).

Pour tenter de convaincre le conseil d’administration de WBD et ses actionnaires, Paramount Skydance est prêt à financer son offre intégralement en numéraire, alors que celle de Netflix comportait une partie en actions (environ 16 %).

L’enjeu de l’emploi

Le groupe a réussi à réunir cette somme colossale en s’appuyant, en partie, sur le patrimoine de la famille Ellison. Larry Ellison, le père de David, est en effet l’un des hommes les plus riches du monde, avec une fortune estimée à 270 milliards de dollars par le site du magazine Forbes.

Paramount Skydance prévoit également de lever 54 milliards de dollars de dette, un montant considérable qui alourdirait le bilan de l’entité combinée en cas de succès de l’opération.

« Nous avons davantage de certitude d’obtenir l’accord des régulateurs » que Netflix, a également fait valoir David Ellison.

Dimanche, avant que Paramount ne fasse son offre, Trump a déclaré que l’accord conclu par Netflix « pourrait poser problème », car il conférerait au géant du streaming une part de marché considérable dans l’industrie cinématographique et télévisuelle.

Contrairement à la pratique habituelle, Trump a déclaré qu’il serait « impliqué » dans la décision du gouvernement d’approuver l’accord en raison de préoccupations liées à la concurrence loyale, au lieu de laisser la question entre les mains du ministère américain de la Justice ou de la Commission fédérale du commerce, comme c’est généralement le cas.

Ce rapprochement réunirait en effet deux des trois plus grosses plateformes mondiales de vidéo à la demande payante (hors Amazon Prime, dont le modèle est hybride), avec plus de 300 millions d’abonnés pour Netflix et 128 millions pour HBO Max.

Le producteur David Ellison posant pour les médias lors de la première britannique de « Top Gun Maverick », dans un cinéma du centre-ville de Londres, le 19 mai 2022. (Crédit : Alberto Pezzali/AP)

« Laisser le premier service mondial de streaming fusionner avec le troisième est mauvais pour la concurrence », a avancé David Ellison, le service de Paramount Skydance, Paramount+, étant d’une taille plus modeste avec 79 millions d’abonnés.

David Ellison a également l’avantage d’avoir l’oreille de Donald Trump, qui est proche de son père, Larry, lequel a contribué financièrement aux campagnes électorales du président américain.

Parmi les partenaires du projet figure également la société d’investissement Affinity Partners, contrôlée par Kushner.

« L’intérêt du président est le même que le nôtre, à savoir créer ou préserver des emplois », a déclaré Ted Sarandos lundi, rappelant que Paramount Skydance entendait, en cas de succès, générer des économies supérieures (5 milliards de dollars) à celles promises par Netflix (2 à 3 milliards).

« D’où pensez-vous que vont venir ces synergies ? » a interrogé le dirigeant.

« Des suppressions de postes. Nous ne supprimerons pas d’emplois. Nous allons en créer. »

« Loin d’être terminé »

« L’acquisition de Warner Bros. Discovery est loin d’être terminée », a déclaré Ross Benes, analyste chez eMarketer.

Une voiture passant devant les studios Warner Bros. à Burbank, en Californie, le 21 octobre 2025. (Crédit : Robyn Beck/AFP)

« Netflix est en tête, mais il y aura des rebondissements avant la ligne d’arrivée… La bataille pourrait s’éterniser. »

Au fil des décennies, Warner Bros. a produit des classiques du cinéma tels que « Casablanca » et « Citizen Kane », ainsi que des séries à succès plus récentes telles que « Friends », « Game of Thrones » et les films « Harry Potter ».

Paramount a fait valoir que son accord offrait une plus grande sécurité réglementaire que la transaction Netflix, qui, selon elle, donnerait à ce dernier une part de 43 % des abonnés mondiaux au streaming et le confronterait à « des défis réglementaires prolongés à travers le monde ».

La société fusionnée regrouperait le portefeuille de Paramount — comprenant Paramount Pictures, CBS, Nickelodeon et le site de streaming Paramount+ – avec les actifs de WBD, notamment HBO Max et d’importants droits sportifs.

Le siège social de Netflix, à Hollywood, en Californie, le 5 décembre 2025. (Crédit : Patrick T. Fallon/AFP)

Paramount a indiqué que cette fusion permettrait de réaliser plus de 6 milliards de dollars d’économies, tout en maintenant les sorties en salles et en augmentant les dépenses consacrées au contenu.

Le maintien des films dans les salles de cinéma est une question très sensible pour l’industrie créative à Hollywood.

Netflix est déjà perçu négativement par certains cercles hollywoodiens, principalement en raison de sa réticence à diffuser du contenu dans les salles de cinéma et de son impact perturbateur sur l’industrie.

De nombreux experts estiment que les sorties en salle sont essentielles pour attirer le public et préserver le prestige du cinéma, mais aussi pour maintenir les emplois à Hollywood et assurer une économie dynamique.

Le cours de l’action Warner Bros. , a bondi de plus de 7 % lundi, tandis que celui de Netflix a chuté de plus de 3 %.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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