Paty : insulter les religions c’est « un appel à la haine » – imam d’Al-Azhar
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Paty : insulter les religions c’est « un appel à la haine » – imam d’Al-Azhar

Cheikh Ahmed al-Tayeb a condamné la décapitation du professeur devant d'autres responsables religieux, notamment Haim Korsia et le pape François

Illustration : Le pape François, à gauche, et le cheikh Ahmed el-Tayeb, grand imam d'Al-Azhar en Égypte, échangent une déclaration commune sur la "fraternité humaine" après une réunion interconfessionnelle au Mémorial du fondateur à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, le lundi 4 février 2019. (Crédit : AP Photo/Andrew Medichini)
Illustration : Le pape François, à gauche, et le cheikh Ahmed el-Tayeb, grand imam d'Al-Azhar en Égypte, échangent une déclaration commune sur la "fraternité humaine" après une réunion interconfessionnelle au Mémorial du fondateur à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, le lundi 4 février 2019. (Crédit : AP Photo/Andrew Medichini)

Le grand imam sunnite égyptien d’Al-Azhar, cheikh Ahmed al-Tayeb, a condamné mardi la décapitation du professeur français Samuel Paty, « un acte criminel odieux », tout en soutenant dans le même temps qu’insulter les religions au nom de la liberté d’expression constituait « un appel à la haine ».

Il s’exprimait à distance dans un discours lu à Rome, sur la célèbre place du Capitole, devant un parterre de dirigeants religieux du christianisme, du judaïsme et du bouddhisme – dont le pape François, le patriarche œcuménique Bartholomée ou encore le grand rabbin de France Haïm Korsia – qui se sont retrouvés mardi pour signer un appel commun à la paix.

Ils ont aussi observé une minute de silence en mémoire des victimes de la pandémie et de toutes les guerres.

« En tant que musulman et grand imam d’Al-Azhar, je déclare que l’islam, ses enseignements et son prophète n’ont rien à voir avec cet acte criminel odieux », a déclaré en arabe le grand imam sunnite lors de son discours.

« Dans le même temps, j’insiste sur le fait qu’insulter des religions et attaquer leurs symboles sacrés au nom de la liberté d’expression est un double standard intellectuel et un appel à la haine », a-t-il ajouté.

Le moine bouddhiste Shoten Minegishi allume une bougie pour la paix sous le regard de Bartolomé Ier, patriarche de Constantinople, du pape François et de Haim Korsia, grand rabbin de France, lors d’une cérémonie interreligieuse pour la paix sur la place devant l’hôtel de ville de Rome, mardi 20 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Gregorio Borgia)

Samuel Paty, un professeur d’Histoire-Géographie, a été décapité vendredi près du collège de Conflans-Sainte-Honorine, au nord-ouest de Paris.

Selon le ministre de l’Intérieur français, il était visé par une « fatwa » lancée par un parent d’élève et un prédicateur pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression.

L’assaillant, Abdoullakh Anzarov, un Russe Tchétchène de 18 ans, a été tué par la police française. « Ce terroriste ne représente pas la religion du prophète Mahomet », a encore commenté le grand imam d’Al-Azhar, dans son discours traduit de l’arabe par l’AFP.

L’institution islamique sunnite avait qualifié début septembre d’ « acte criminel » la réédition en Une du journal français Charlie Hebdo des caricatures du prophète Mahomet à l’occasion du procès des attentats jihadistes de janvier 2015 en France.

Des proches et collègues de Samuel Paty pendant la Marche Blanche à Conflans-Sainte-Honorine, le 20 octobre 2020. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)

Et en octobre elle avait jugé « raciste » le discours du président français Emmanuel Macron contre le « séparatisme islamiste », dénonçant des « accusations » visant l’islam.

Le pape François a co-signé en février 2019 à Abou Dhabi (Emirats arabes unis) un « document sur la fraternité humaine » avec le cheikh Ahmed al-Tayeb. Ils y condamnent ensemble l’extrémisme religieux et le soutien aux terroristes.

Dans son discours sur la paix prononcé mardi devant les autres responsables religieux, le souverain pontife a pour sa part estimé que « les religions sont au service de la paix et non des spectateurs inertes du mal de la guerre et de la haine », tout en déplorant que « le terrorisme ou le radicalisme soient perpétrés parfois au nom de la religion ».

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