Pence au mur Occidental alors que les tensions augmentent avec les Palestiniens
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Pence au mur Occidental alors que les tensions augmentent avec les Palestiniens

Le vice-président américain a rencontré le président Rivlin et visité le mémorial de la Shoah de Yad Vashem au dernier jour de sa visite en Israël

Une vue du mur Occidental dans la Vieille ville de Jérusalem, le 23 juin 2017 (Crédit : Mendy Hechtman/Flash90)
Une vue du mur Occidental dans la Vieille ville de Jérusalem, le 23 juin 2017 (Crédit : Mendy Hechtman/Flash90)

Achevant une visite de 48 heures en Israël, le vice-président américain Mike Pence devrait visiter le mur Occidental de Jérusalem mardi, une initiative qui promet de troubler les Palestiniens qui sont déjà en désaccord avec l’administration Trump en raison de sa reconnaissance de la ville en tant que capitale israélienne.

Ce site – le lieu le plus saint pour les Juifs – est situé dans la Vieille Ville, annexée par Israël après la guerre de 1967 mais considérée comme un territoire palestinien ‘occupé’ par la majorité de la communauté internationale.

Pence a commencé la journée en rencontrant le président Rivlin à sa résidence au sein de la capitale, à 10 heures 45. Les deux hommes se sont brièvement adressés à la presse avant une « réunion de travail » bilatérale à huis-clos.

Dans son discours à la Knesset, Pence a promis que les Etats-Unis relocaliseront leur ambassade depuis Tel Aviv à Jérusalem « à la fin de l’année prochaine ».

Il a également appelé les Palestiniens à revenir à la table des négociations pour des pourparlers de paix et a promis que Washington se retirerait de l’accord sur le nucléaire iranien, un « désastre », à moins que ses failles ne soient comblées.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pris la tête du concert de louanges qui a suivi cette allocution, la saluant pour sa « clarté morale » et son soutien ferme à l’Etat juif.

« Netanyahu a exprimé sa satisfaction suite au discours chaleureux de Mike Pence et aux déclarations claires qu’il a faites », a fait savoir son bureau.

Rivlin a remercié Pence pour son discours « inspirant et important à la Knesset ».

Au cours de cette allocution, Pence a qualifié la Vieille Ville de lien pour les trois religions abrahamiques.

« Aujourd’hui, les Juifs, les chrétiens et les musulmans – plus de la moitié de la population sur terre et presque toute la population du Moyen-Orient – affirment qu’Abraham est leur aïeul dans la foi », a-t-il dit.

« A quelques pas d’ici seulement, dans la Vieille Ville de Jérusalem, nous pouvons voir les disciples de ces trois grandes religions en contact constant les uns avec les autres. Et nous voyons chaque confession venir à la vie d’une manière nouvelle et renouvelée chaque jour ».

« A l’église du Saint-Sépulcre, nous voyons un enfant chrétien recevoir la grâce dans le baptême », a ajouté Pence. « Au mur Occidental, nous voyons un petit garçon juif faire sa bar-mitzvah. Et à Haram al-Sharif, nous pouvons voir de jeunes musulmans, la tête courbée dans la prière ».

Le vice-président américain Mike Pence, à la Knesset, le 22 janvier 2018. (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Ariel Schalit)

Après avoir rencontré Rivlin, le vice-président sera rejoint par Netanyahu au musée du mémorial de la Shoah de Yad Vashem, où il déposera une gerbe dans la crypte du souvenir.

Le président de Yad Vashem, Avner Shalev, et le président du conseil de Yad Vashem, le rabbin Israel Meir Lau, ancien grand rabbin d’Israël, accompagneront également Pence tout au long de la visite, qui comprendra une visite guidée du musée et de la salle des noms.

Il se rendra alors dans la Vieille Ville pour ce qui a été qualifié comme une « visite privée » du mur Occidental. Contrairement à d’autres arrêts connus sur son itinéraire, Pence ne sera pas accompagné par un responsable israélien. Lui et son épouse Karen ont été accueillis par le rabbin du mur Occidental, Shmuel Rabinovitch.

Le président américain Donald Trump visite le mur occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 mai 2017 (AFP PHOTO / MANDEL NGAN)

Au mois de mai, Trump était devenu le premier président américain en exerce à se rendre au mur Occidental mais avait minutieusement pris soin d’éviter de se référer au site comme faisant partie de l’Etat juif. Le 6 décembre, lorsque il a officiellement reconnu Jérusalem en tant que capitale d’Israël, il a une fois encore évité de déclarer à quelles parties de la ville il se référait.

« Nous ne sommes pas en train de prendre position sur une question de statut final, notamment sur les frontières spécifiques de la souveraineté israélienne à Jérusalem ou sur la résolution des frontières contestées. Ces questions reviennent aux parties impliquées », avait-il déclaré.

Une semaine et demi plus tard, un haut-responsable de l’administration avait indiqué que la Maison Blanche « ne peut envisager aucune situation dans laquelle le mur Occidental ne ferait pas partie d’Israël ». Il avait ajouté toutefois que « les frontières spécifiques de la souveraineté d’Israël feront partie de l’accord de statut final ».

Puis, Pence participera à une réception organisée pour les diplomates américains basés en Israël au consulat de Jérusalem avant de reprendre la direction de Washington.

Pence est arrivé à l’aéroport Ben Gurion dimanche après-midi dans le cadre d’une tournée plus large dans les pays du Moyen-Orient, qui survient dans un contexte de colère des Palestiniens suite à la déclaration faite par le président Trump sur Jérusalem au mois de décembre.

Le président américain Donald Trump signe la déclaration de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, à la Maison Blanche, le 6 décembre 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images via JTA)

Saluée par Netanyahu et les leaders israéliens issus de presque l’ensemble du spectre politique (à l’exception des députés arabes israéliens regroupés au sein de la Liste arabe unie), la reconnaissance de Trump avait entraîné la fureur des Palestiniens qui réclament comme future capitale de leur état les secteurs de l’Est de la ville qui ont été annexés par l’Etat juif. Ils avaient accusé les Etats-Unis de prendre partie pour Israël et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait indiqué que cette initiative avait disqualifié le rôle de Washington en tant que médiateur dans le processus de paix israélo-palestinien.

Après l’annonce de Trump sur Jérusalem, Abbas avait expliqué qu’il ne rencontrerait pas les responsables de l’administration américaine et avait annulé un rendez-vous avec Pence qui était prévu à la mi-décembre. Pence avait alors reporté sa visite, qui a eu lieu cette semaine. Il ne s’est pas rendu, contrairement aux autres responsables américains dans le passé, dans les territoires palestiniens.

En signe de protestation contre l’arrivée de Pence en Israël, plusieurs activistes palestiniens ont mis le feu à une photo du vice-président dimanche soir lors d’une petite manifestation organisée dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie.

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