Pence : les Etats-Unis ne laisseront “jamais” l’Iran menacer Israël avec des armes nucléaires
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Pence : les Etats-Unis ne laisseront “jamais” l’Iran menacer Israël avec des armes nucléaires

A Munich, le vice-président affirme que l’accord nucléaire a fourni plus de ressources à Téhéran pour financer le terrorisme

Le vice-président américain Mike Pence pendant la Conférence de sécurité de Munich, en Allemagne, le 18 février 2017. (Crédit : Thomas Kienzle/AFP)
Le vice-président américain Mike Pence pendant la Conférence de sécurité de Munich, en Allemagne, le 18 février 2017. (Crédit : Thomas Kienzle/AFP)

Le vice-président américain Mike Pence a déclaré samedi que Washington s’engageait à garantir que l’Iran ne puisse jamais menacer Israël avec des armes nucléaires.

Pendant la Conférence de sécurité de Munich, Pence a déclaré que Téhéran était « le premier état sponsor du terrorisme » et qu’il continuait à déstabiliser le Moyen Orient.

« A cause de la fin des sanctions liées au nucléaire dans le cadre de [l’accord nucléaire], l’Iran a à présent des ressources supplémentaires à dédier à ces efforts », a-t-il déclaré.

« Laissez-moi être à nouveau très clair : les Etats-Unis du président [Donald] Trump resteront pleinement engagés à garantir que l’Iran n’obtienne jamais une arme nucléaire capable de menacer notre pays ou nos alliés dans la région, particulièrement Israël. »

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman depuis la conférence de sécurité de Munich, en Allemagne, le 17 février 2017. (Crédit : Deuxième chaîne)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman depuis la conférence de sécurité de Munich, en Allemagne, le 17 février 2017. (Crédit : Deuxième chaîne)

Les organisateurs de la conférence ont modifié vendredi le programme des sessions de dimanche matin, ce qui a annulé la présence sur la même scène du ministre de la Défense Avigdor Liberman et du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Pence a martelé samedi que l’engagement des Etats-Unis au sein de l’OTAN était « inébranlable », un discours destiné à des alliés inquiets des propos de Donald Trump, notamment à la chancelière allemande Angela Merkel, qui a prononcé un plaidoyer contre le repli sur soi des nations.

« Dans une année où nous pressentons d’incroyables défis […], allons-nous continuer à agir ensemble ou allons-nous retomber dans nos rôles individuels ? Je vous appelle […] à faire en sorte qu’ensemble nous rendions le monde meilleur », a-t-elle dit.

Le vice-président américain a également insisté sur les valeurs communes de « démocratie, justice, état de droit » partagées des deux côtés de l’Atlantique.

Le vice-président américain Mike Pence, à gauche, et la chancelière allemande Angela Merkel pendant la Conférence de sécurité de Munich, en Allemagne, le 18 février 2017. (Crédit : Christof Stache/AFP)
Le vice-président américain Mike Pence, à gauche, et la chancelière allemande Angela Merkel pendant la Conférence de sécurité de Munich, en Allemagne, le 18 février 2017. (Crédit : Christof Stache/AFP)

Ce discours vient parachever une semaine d’efforts diplomatiques menés par des ministres de Donald Trump en Europe, après plusieurs déclarations de leur chef menaçant de se désengager de l’OTAN ou encore se félicitant du Brexit.

Les Etats-Unis seront toujours « le plus grand allié » des Européens, a assuré Pence dans son premier discours face au gratin diplomatico-militaire mondial rassemblé à Munich.

Mais Pence a aussi fermement réitéré les exigences américaines d’un engagement financier plus important de ses partenaires, censés consacrer 2 % de leur PIB aux dépenses militaires.

« Le président Trump attend de ses alliés qu’ils tiennent leur parole. Le temps est venu de faire plus », a-t-il martelé.

Poliment, des ministres européens ont rétorqué que l’Europe contribuait aussi à la stabilité du monde par l’aide au développement, et ont défendu l’Union européenne (UE).

« Je ne connais aucune autre région au monde où l’on peut vivre ainsi dans la paix, la prospérité et la sécurité sociale », a ainsi lancé le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel.

Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères et du développement international, parle aux journalistes avant qu'il ne prenne la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies à New York, le 10 Juin 2016. (Crédit : AFP/Kena Betancur)
Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères et du développement international, parle aux journalistes avant qu’il ne prenne la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies à New York, le 10 Juin 2016. (Crédit : AFP/Kena Betancur)

« M. Pence réaffirme son attachement à l’Otan, c’est positif mais il faut voir concrètement comment ça se décline », a prudemment réagi de son côté le Français Jean-Marc Ayrault, regrettant aussi que le responsable américain n’ait « à aucun moment mentionné l’UE » en tant que telle.

L’ombre du président américain planait sur la conférence, des participants se demandant à haute voix si le discours posé de Pence correspondait vraiment aux vues du locataire de la Maison Blanche.

« On dirait que nous avons deux gouvernements », a ainsi déclaré sur Twitter le sénateur démocrate américain Chris Murphy, présent à Munich.

« Les questions restent nombreuses sur les intentions américaines, tout reste à préciser, et il y a encore une grande illisibilité », a estimé une source diplomatique européenne.

Sur la relation russo-américaine notamment, que Pence n’a que brièvement évoquée, en affirmant que Washington continuerait à « demander des comptes à la Russie » tout en cherchant des « terrains d’entente ».

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, en juin 2010. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, en juin 2010. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Intervenant quelques heures après Pence, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a de son côté annoncé la fin de « l’ordre mondial libéral », conçu selon lui par « une élite d’états » occidentaux à visées dominatrices.

« Les dirigeants responsables doivent faire un choix. J’espère que ce choix sera celui d’un ordre mondial démocratique et juste. Si vous voulez, appelez le ‘post-west’ », a ajouté l’homme de confiance de Vladimir Poutine, qualifiant au passage l’OTAN de « vestige de la Guerre Froide ».

Le dossier ukrainien, qui avait grandement refroidi les relations entre Moscou et l’Occident, a aussi été évoqué à Munich.

Les chefs de la diplomatie allemand, français, russe et ukrainien ont évoqué pendant une heure les accords de paix de Minsk, dont l’application n’a guère avancé depuis deux ans.

Lavrov a certes annoncé à la presse russe, à l’issue de la réunion, une énième trêve entre les rebelles pro-russes et l’armée ukrainienne débuterait lundi, mais il a aussi constaté l’absence « de grands progrès ».

L’Ukraine est en proie depuis presque trois ans à un conflit ayant fait près de 10 000 morts, opposant les forces gouvernementales à des séparatistes prorusses.

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