Rechercher

Pour défendre Netanyahu, un élu du Likud compare Mandelblit à Staline

Après que le procureur général aurait déclaré que l'ex-Premier ministre était un réel danger pour la démocratie, Shlomo Karhi l'accuse de "coup d'État corrompu"

Le député Likud Shlomo Karhi lors d'une réunion d'une commission de la Knesset, le 13 janvier 2020. (Hadas Parush/Flash90)
Le député Likud Shlomo Karhi lors d'une réunion d'une commission de la Knesset, le 13 janvier 2020. (Hadas Parush/Flash90)

Le député du Likud Shlomo Karhi a accusé mercredi le procureur général Avichai Mandelblit d’avoir délibérément divulgué des commentaires, selon lesquels l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu était une menace pour la démocratie israélienne, afin de détourner l’attention des failles du dossier d’accusation dans le procès pour corruption en cours contre l’ex-Premier ministre.

En défendant le chef du parti Netanyahu, qui est accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance, Karhi a déclaré à la Douzième chaîne que Mandelblit lui-même était la plus grande menace pour la liberté politique du pays.

« Mandelblit est le plus grand désastre de tous les temps pour la démocratie israélienne », a-t-il déclaré, accusant le procureur général de menacer des témoins, de contaminer l’enquête et de fuir délibérément afin de réaliser un « coup d’État corrompu ».

La Douzième chaîne a rapporté mardi que Mandelblit avait récemment déclaré à des associés que Netanyahu avait fragilisé la démocratie israélienne.

Selon le reportage, Mandelblit a déclaré que Netanyahu cherchait à nommer des procureurs et des juges de la Cour suprême qui le protégeraient et s’assureraient que les affaires contre lui soient classées, et que bien que Netanyahu ne soit plus au pouvoir, le danger pour la démocratie n’était pas écarté.

La Douzième chaîne n’a pas fourni d’enregistrement de la conversation, et n’a pas cité la source des transcriptions.

Karhi a déclaré qu’il était « faux et ridicule » de suggérer que les fuites avaient été faites à l’insu de Mandelblit. « Nous savons que tout ce que le bureau du procureur général et l’accusation veulent [rendre public] est immédiatement diffusé sur la scène médiatique », a-t-il déclaré.

« Mandelblit peut voir que son procès [contre Netanyahu] est en train de s’effondrer », a déclaré Karhi, faisant référence à la déposition d’un témoin clé de l’Etat qui, selon le député, a montré que l’accusation de corruption contre Netanyahu n’était pas fondée.

« Il [Mandelblit] tente donc toutes sortes de manipulations », a déclaré Karhi.

Il a accusé le procureur général « d’utiliser les méthodes de Staline et de la Russie pour réaliser le coup d’État juridique le plus corrompu de tous les temps ».

Mandelblit et l’ancien procureur général Shai Nitzan, qui, alors qu’il était encore en fonction, avait recommandé d’inculper Netanyahu, « sont les plus corrompus de tous les temps », a-t-il déclaré, demandant instamment que les deux hommes avouent leurs « crimes ».

Le procureur général Avichai Mandelblit s’exprime lors d’une cérémonie au ministère de la Justice le 18 mai 2020. (Capture d’écran : Twitter)

Karhi a également évoqué des allégations antérieures selon lesquelles le procureur général aurait subi des pressions de la part d’autres personnalités du bureau du procureur général – dont Nitzan – pour inculper Netanyahu et qu’ils utiliseraient une affaire non résolue contre Mandelblit comme moyen de pression.

Ces accusations découlent d’enregistrements, datant de 2015 et 2016, dans lesquels Mandelblit traite Nitzan de « crétin » pour ne pas l’avoir innocenté dans l’affaire dite Harpaz de 2010. Mandelblit, qui était à l’époque avocat général des armées, le plus haut responsable juridique de l’armée, avait été brièvement soupçonné d’avoir aidé les gradés de l’armée à couvrir une campagne de dénigrement. Il a ensuite été blanchi par la Haute Cour de justice. Toutefois, il appartenait à Nitzan et aux forces de l’ordre de déclarer si l’affaire était classée en raison du manque de preuves, ou de l’absence de base pour une accusation.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...