Provocations et slogans anti-Israël à une manifestation interdite à Paris
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Provocations et slogans anti-Israël à une manifestation interdite à Paris

« Libérez la Palestine » ; « Israël assassin », « Israël casse toi, Palestine n’est pas à toi », ont crié des participants dans la capitale; 51 interpellations; 2 policiers blessés

Un manifestant tient un drapeau palestinien devant des policiers français alors qu'un autre tire un projectile sur les forces de l'ordre, à Paris, le 15 mai 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
Un manifestant tient un drapeau palestinien devant des policiers français alors qu'un autre tire un projectile sur les forces de l'ordre, à Paris, le 15 mai 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Plusieurs dizaines d’émeutiers ont affronté samedi après-midi les forces de l’ordre à Paris. Certains ont provoqué les agents de la sécurité en leur jetant des poubelles. La police a répondu avec des tirs de gaz lacrymogène, tout en cherchant à disperser un éventuel cortège.

« Libérez la Palestine » ; « Israël assassin », « Israël casse toi, Palestine n’est pas à toi », ont crié des manifestants dans les petites rues du quartier de la Goutte d’or. « Palestine vivra. Palestine vaincra », pouvait-on entendre. Boulevard Barbès, un groupe d’une centaine de personnes scandait « Israël assassin ».

Des groupes de jeunes émeutiers ont incendié des scooters électriques en libre-service et des poubelles et ont lancé des bouteilles de verre sur les forces de l’ordre. La circulation n’avait pas été bloauée – les véhicules circulant entre casseurs et policiers, selon Le Parisien.

L’interdiction des autorités avait pourtant été confirmée par le tribunal administratif de Paris, mais les organisateurs ont passé outre.

« En raison des risques sérieux de troubles à l’ordre public liés au rassemblement de personnes qui braveraient » l’interdit, la préfecture de police avait pris un arrêté de fermeture des commerces dans le secteur de Barbès-Rochechouart, à partir de samedi midi.

Ce, pour « éviter au maximum les dégradations », et que « des éléments de mobilier » puissent être utilisés contre les forces de l’ordre, précisait le communiqué.

4 200 policiers et gendarmes et 30 unités mobiles étaient mobilisés à Paris avec pour consignes de « dispersion immédiate » dès que des manifestants tentent de se regrouper, en utilisant le « lanceur d’eau », ou de verbaliser, à hauteur de 135 euros.

Un total de 51 personnes ont été interpellées dans toute la France, dont 44 à Paris où, selon des chiffres provisoires du parquet, 15 personnes étaient en garde à vue en début de soirée, notamment pour « participation à un groupement formé en vue de violences », « participation à un attroupement après sommation » et « violences sur les forces de l’ordre ».

Il y a eu deux « blessés légers » chez les forces de l’ordre (un à Nice, un à Paris), selon le ministère de l’Intérieur.

Au total, 367 personnes ont été verbalisées dans la capitale, selon le ministère de l’Intérieur.

Un policier français court vers des manifestants pro-palestiniens qui manifestent à Paris malgré une interdiction des autorités françaises, le 15 mai 2021 (Geoffroy Van Der Hasselt / AFP)

« Evacuez la place », appelait un policier dans un porte-voix Place du Château rouge.

Le canon à eau a été utilisé, ont constaté des journalistes de l’AFP, selon lesquels des face à face entre activistes et forces de l’ordre avaient lieu dans des petites rues qui mènent au boulevard Barbès (XVIIIe arrondissement).

Des contrôles avaient lieu sur le boulevard aux alentours par les forces de l’ordre, qui filtraient les piétons voulant de rendre au carrefour Barbès.

A Strasbourg, les manifestants ont également scandé des slogans comme « Israël assassin », « Israël terroriste », « Enfant de Gaza, enfant de Palestine, c’est l’humanité qu’on assassine », ou « Israël assassin, Macron complice ». De nombreux drapeaux étaient visibles, du Parti communiste, du Nouveau parti anticapitaliste, ainsi que des drapeaux palestiniens et algériens.

A Lille, « Israël assassin ! », était crié par les manifestants qui brandissaient des drapeaux palestiniens, au milieu d’autres pancartes comme « Sionisme = colonialisme, apartheid, racistes, massacres, bombardement ». « Halte au massacre en Palestine », « Boycott Israël », « Gaza se meurt » : plusieurs centaines de personnes s’étaient réunies samedi en milieu d’après-midi dans le centre de la ville du nord.

Les manifestants, rassemblés sur la Grand’Place à l’appel de l’association France-Palestine, en plein coeur de la ville, devaient ensuite défiler dans les rues du centre. Des militants d’organisations de gauche (Solidaires, Attac, CGT, LFI, NPA et PCF) participaient également à cette action.

« Assez de massacres, libérons la Palestine », « Israël coupable, Macron complice »: environ 1 500 personnes, selon la police, se sont rassemblés samedi à Marseille.

Massés sous des drapeaux palestiniens à côté de la mairie, parés pour beaucoup du traditionnel keffieh (foulard) à carreaux noir symbole de la cause palestinienne, promu par l’ex-chef palestinien Yasser Arafat, les manifestants, parmi lesquels beaucoup de jeunes et quelques femmes voilées, ont crié des slogans hostiles à Israël et dénoncé la passivité de la France et des pays occidentaux face « aux massacres de civils palestiniens », a constaté un journaliste de l’AFP.

A Montpellier, quelque 200 personnes, selon la préfecture de l’Hérault, se sont réunies.

Environ 70 personnes se sont rassemblées à Béziers et 150 à Nice en dépit de l’interdiction de manifester.

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