Qui est l’assistant de Kushner qui remplacerait Jason Greenblatt ?
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Qui est l’assistant de Kushner qui remplacerait Jason Greenblatt ?

Avi Berkowitz, 30 ans, est un protégé du gendre de Trump. Il a travaillé avec lui dans l'immobilier, les médias, pendant la campagne de Trump et l'a suivi à la Maison Blanche

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Avi Berkowitz (Crédit : Facebook)
Avi Berkowitz (Crédit : Facebook)

WASHINGTON — L’annonce par Jason Greenblatt de sa démission de l’administration Trump, lundi, laisse le siège de l’envoyé pour la paix au Moyen-Orient à Jérusalem vacant.

Alors que les prochaines élections, au sein de l’Etat juif, sont dans douze jours, et que la Maison Blanche a fait savoir qu’elle révélerait son plan de paix peu après, le poste a été rapidement donné à l’un des initiés de ce processus secret.

Avi Berkowitz, allié de longue date de Jared Kushner et l’un de ses principaux assistants à Washington, remplacera Greenblatt une fois que l’envoyé de Trump aura officiellement quitté ses fonctions dans les semaines à venir, après la publication de la proposition de paix, a fait savoir la Maison Blanche.

Greenblatt, ancien avocat de la Trump Organization, travaille depuis deux ans et demi sur le plan de paix de l’administration avec Kushner, gendre et haut-conseiller du président.

Berkowitz, 30, ans, a participé à un certain nombre de réunions sensibles consacrées à la politique israélienne menée par l’administration et notamment à des pourparlers sur le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Au mois de février, il a accompagné Kushner dans ses déplacements moyen-orientaux, notamment à Oman, à Bahreïn, au Qatar, aux Emirats arabes unis, en Turquie et en Arabie saoudite, préparant la publication du plan de paix de l’administration.

Malgré son ascension rapide au sein de la Maison Blanche sous Donald Trump, l’homme est relativement novice en politique.

Diplômé de la faculté de droit de Harvard, Berkowitz n’était pas connu pour ses fortes convictions politiques avant que Kushner ne l’introduise dans la campagne de Trump en 2016, selon un portrait publié dans le Business Insider.

Le conseiller Jared Kushner à Washington, le 29 août 2018. (Crédit : AP /Jacquelyn Martin)

Selon la légende, Berkowitz était étudiant en premier cycle au Queens College lorsqu’il a rencontré Kushner pour la première fois au cours d’un match de base-ball organisé pour Pessah à Phoenix, en Arizona.

Ils ont tous deux grandi dans des foyers orthodoxes dans les banlieues de New York, dans le New Jersey. Berkowitz a passé sa jeunesse dans la ville de Lawrence et il a fréquenté la yeshiva de Far Rockaway pendant ses années de lycée.

Ensuite, il a d’abord passé du temps en Israël et à la yeshiva Kol Torah de Jérusalem. Il a continué ses études juives au collège rabbinique Ner Israel de Baltimore, terminant le cycle qu’il avait alors commencé au Queens College et intégrant ultérieurement Harvard pour y obtenir son diplôme en droit.

Depuis, Berkowitz est devenu en quelque sorte le protégé de Trump, travaillant d’abord au sein de son entreprise immobilière, dans son journal, puis dans la campagne de Trump avant de rejoindre l’aile Ouest de la Maison Blanche.

Au cours de son bref passage au New York Observer en 2016, Berkowitz avait évoqué dans un article les activistes anti-israéliens sur les campus. Connu pour son combat en faveur de la liberté d’expression, il s’était montré fortement critique quand un étudiant en droit avait tenu des propos méprisants au sujet de la députée Tzipi Livni, qui était alors ministre des Affaires étrangères israélienne.

Berkowitz avait estimé dans l’Observer que les propos tenus sur Livni – qui avait été notamment qualifiée de « malodorante » – avaient des connotations antisémites et que les « récents sentiments anti-israéliens présents sur les campus encouragent les étudiants à confondre discours de haine et contestation ».

Le rôle que tiendra Berkowitz dans un avenir immédiat reste indéterminé.

Greenblatt est largement considéré comme l’architecte de l’accord de paix de Trump et il cultive des relations de travail avec des responsables israéliens et d’autres acteurs régionaux, même si les liens entretenus par l’administration américaine avec les officiels palestiniens se sont fortement dégradées sous son mandat.

(de G à D) Brian Hook, représentant spécial des États-Unis pour l’Iran, le conseiller de Donald Trump Jared Kushner, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’envoyé de paix américain dans le Moyen-Orient, Jason Greenblatt, et l’envoyé israélien aux États-Unis, Ron Dermer, lors d’une réunion tenue au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 30 mai 2019. (Crédit : Ziv Sokolov / Ambassade des États-Unis à Jérusalem)

Après le transfert par Trump de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas avait indiqué que l’équipe de Trump avait perdu son droit de jouer le rôle d’intermédiaire honnête dans d’éventuelles négociations de paix. L’AP boycotte depuis les responsables de Washington. Concernant le plan de paix très attendu, les Palestiniens ont d’ores et déjà indiqué rejeter son contenu.

Les vétérans américains du processus de paix ont estimé que Berkowitz va devoir endosser de lourdes responsabilités. L’un d’entre eux a suggéré qu’il était bien moins apte à mener à bien sa mission que son prédécesseur, un ancien avocat de Trump qui, lui-même, n’avait pas d’expérience diplomatique.

« Si Avi Berkowitz est véritablement le remplaçant de ⁦@jdgreenblatt45, ce sera un déclassement considérable pour ce poste », a écrit sur Twitter Martin Indyk, ancien ambassadeur américain en Israël sous l’administration Clinton et envoyé spécial sous Obama.

« C’est l’assistant de 29 ans de Kushner. Un brave type, mais qui n’a ni le poids, ni l’expérience de l’ancien avocat immobilier de Trump ».

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