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Raam « laissera la porte ouverte au dialogue » avec la nouvelle coalition

Walid Taha a déclaré que ses membres ne voteront pas nécessairement toujours avec l'opposition, tout en dénonçant la présence "d'éléments fascistes" dans le prochain gouvernement

Le président Issac Herzog (G) rencontre le leader du Raam Mansour Abbas à Jérusalem le 10 novembre 2022. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le président Issac Herzog (G) rencontre le leader du Raam Mansour Abbas à Jérusalem le 10 novembre 2022. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le parti politique islamiste Raam a souligné dimanche que, bien qu’il siège dans l’opposition, il ne votera pas nécessairement dans le même sens que le bloc qui s’oppose au nouveau Premier ministre Benjamin Netanyahu et qu’il gardera les canaux de communication ouverts avec la prochaine coalition, en particulier lorsqu’il s’agira de questions liées aux communautés arabes d’Israël.

Dans des commentaires cités par le site d’information Ynet, le député Walid Taha (Raam) a déclaré avoir rencontré plus tôt dimanche le président de la faction Yesh Atid, le député Boaz Toporovsky, lui précisant « que Raam n’a[vait] jamais fait partie d’un bloc, et qu’il consolidera ses positions et décidera de ses prochaines étapes ».

Taha a ensuite déclaré au journal Haaretz que Raam « laisserait la porte ouverte au dialogue » avec la nouvelle coalition comprenant des partis d’extrême droite et religieux, notant qu’elle contenait des « éléments fascistes » et que sa composition n’était « pas une bonne nouvelle pour le public arabe. »

Le parti, dirigé par Mansour Abbas, n’a recommandé aucun candidat au poste de Premier ministre lors d’une rencontre avec le président israélien Isaac Herzog jeudi.

L’alliance arabe Hadash-Taal, qui a rencontré Herzog vendredi matin, n’a pas non plus recommandé de candidat.

Walid Taha, président de la commission des Affaires intérieures et de l’Environnement de la Knesset, à la tête d’une réunion de la commission à la Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Lors de sa rencontre avec Herzog jeudi, Abbas a déclaré que son parti islamiste avait « accepté la décision des électeurs ». « Mais nous ne renonçons pas à notre droit d’être partenaires et d’influencer. Nous craignons que ce nouveau gouvernement ne nuise délibérément aux réalisations accomplies par Raam », a déclaré Abbas, faisant référence à son travail au sein de la coalition sortante.

Raam est entré dans l’Histoire l’an dernier lorsqu’il est devenu le premier parti arabe depuis des décennies à intégrer une coalition – une coalition alors dirigée par le Premier ministre de l’époque, Naftali Bennett.

« Nous espérons que le gouvernement qui sera mis en place acceptera de maintenir le statu quo de la mosquée Al-Aqsa », a déclaré Abbas, en référence à la mosquée située sur le mont du Temple, le site le plus sacré du judaïsme et le troisième de l’islam.

Dimanche, Netanyahu a été officiellement désigné par le président pour former le 37e gouvernement d’Israël. Il a reçu le soutien du Likud, HaTzionout HaDatit, Shas et Yahadout HaTorah – des partis détenant 64 sièges à la Knesset, qui en compte 120.

Le chef du Likud Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président Isaac Herzog à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 13 novembre 2022. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le parti HaTzionout HaDatit, dirigé par Bezalel Smotrich, comprend aussi la faction d’extrême droite Otzma Yehudit, dirigée par le député controversé Itamar Ben Gvir, et le parti homophobe Noam. Cette liste tripartite a remporté 14 sièges et devrait être le deuxième parti de la nouvelle coalition après le Likud.

Ben Gvir et de nombreux membres de la droite politique réclament depuis longtemps un accès et un contrôle accrus sur le mont du Temple, qui est en grande partie administré par le Waqf jordanien. Actuellement, les Juifs ne peuvent visiter le site qu’à certaines heures et n’ont pas le droit d’y prier, bien que cette dernière restriction ait été de plus en plus souvent ignorée ces dernières années.

Après avoir été mandaté pour former ce qui sera son sixième gouvernement, Netanyahu a déclaré que « le peuple a pris une décision claire en faveur de la formation d’un gouvernement dirigé par moi ». Il a promis de former « un gouvernement stable et efficace, un gouvernement responsable et dévoué » qui servirait « tous les résidents d’Israël, sans exception ». Il a salué « le processus démocratique dont nous sommes à juste titre fiers, [dans] l’État souverain et démocratique d’Israël ».

« J’ai l’intention d’être le Premier ministre de tout le monde – de ceux qui ont voté pour moi, et de ceux qui n’ont pas voté pour moi. Cela reflète ce en quoi je crois et ce qui guide mes actions », a-t-il ajouté.

Le parti de Benny Gantz, HaMahane HaMamlahti, a indiqué à Herzog qu’il resterait dans l’opposition et a refusé de recommander un candidat pour former le prochain gouvernement, affirmant que Netanyahu dirigerait un mauvais gouvernement et que le Premier ministre actuel, Yair Lapid, n’a pas les chiffres nécessaires pour le faire.

Yisrael Beytenu et Hadash-Taal ont rejoint Raam en refusant de recommander qui que ce soit pour le poste. Seuls Yesh Atid et Avoda ont recommandé Lapid.

Quelques instants après que Netanyahu a reçu le mandat, le parti Yesh Atid a publié une déclaration qualifiant la journée de dimanche de « jour sombre pour la démocratie israélienne. »

Yesh Atid a accusé le Likud de Netanyahu et ses alliés de promouvoir un programme anti-démocratique, notant leurs promesses d’adopter une clause dite « dérogatoire » permettant de passer outre les décisions de la Cour suprême et de remanier sa composition.

Les présidents des partis de la coalition sortante doivent se réunir mardi après que Lapid les a appelés à rester unis dans ce qu’il a appelé une lutte pour l’avenir de la démocratie en Israël.

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