Raids aériens israéliens près de l’aéroport de Damas – média syrien
Rechercher

Raids aériens israéliens près de l’aéroport de Damas – média syrien

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme affirme que l'attaque signalée visait des dépôts d'armes du Hezbollah ; les forces d'Assad "n'ont pas réussi à intercepter les missiles"

Panaches de fumée provenant des bombardements du régime sur la ville d'Al-Mulayhah al-Sharqiyah dans la campagne de la province orientale de Daraa dans le sud de la Syrie, 21 juin 2018. (Mohamad ABAZEED/AFP)
Panaches de fumée provenant des bombardements du régime sur la ville d'Al-Mulayhah al-Sharqiyah dans la campagne de la province orientale de Daraa dans le sud de la Syrie, 21 juin 2018. (Mohamad ABAZEED/AFP)

Deux missiles « israéliens » sont tombés près de l’aéroport de Damas, selon l’agence officielle syrienne Sana, frappant « des dépôts d’armes pour le Hezbollah », selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Deux missiles sont tombés près de l’aéroport international de Damas », a rapporté Sana, sans plus de précisions.

« Les missiles israéliens ont frappé des dépôts d’armes pour le Hezbollah près de l’aéroport », a déclaré à l’AFP Rami Abdel Rahman, directeur de l’OSDH, précisant que la défense syrienne avait « échoué à intercepter les missiles ».

« La frappe a eu lieu à 01H00 mardi (22H00 GMT lundi), sans toutefois provoquer « de fortes explosions », a-t-il ajouté.

L’OSDH a ajouté que la défense aérienne syrienne « n’a pas réussi à intercepter les missiles ».

Interrogé, un porte-parole de l’armée israélienne a répondu : « nous ne commentons pas les informations provenant de l’étranger ».

La zone de l’aéroport de Damas a été frappée à plusieurs reprises ces dernières années dans des opérations attribuées à Israël, visant des cibles iraniennes ou considérées comme liées à l’Iran.

L’Etat hébreu dénonce aux côtés d’autres pays l’ancrage de Téhéran chez son voisin syrien.

Un poste de l’ONU dans la zone tampon démilitarisée entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan aurait été repris par les forces pro-Assad en juin 2018. (Capture d’écran Kan)

L’armée israélienne avait frappé en mai des dizaines de cibles militaires iraniennes en Syrie, en représailles au tir, par les forces iraniennes selon elle, d’une vingtaine de roquettes en direction de ses positions sur le plateau du Golan, de l’autre côté de la ligne de démarcation.

Un responsable américain a imputé à Israël une frappe particulièrement meurtrière menée dans la nuit du 17 au 18 juin dans l’est de la Syrie, à proximité de la frontière irakienne. Quelque 55 combattants des forces soutenant le régime de Bashar el-Assad ont été tués.

Les unités du Hachd al-Chaabi, des groupes paramilitaires financés par Téhéran qui ont aidé l’armée irakienne à chasser l’EI de tous les centres urbains, avaient dans un premier temps accusé les forces américaines de l’opération. Mais la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis a démenti être l’auteur de ces frappes qui ont visé la ville syrienne d’al-Hari, située près de la frontière irakienne.

Dimanche, les forces loyales au régime de l’homme fort syrien Bashar el-Assad auraient pris le contrôle d’un poste désaffecté de l’ONU dans le no man’s land entre les zones israélienne et syrienne du plateau du Golan.

Le poste, abandonné par les troupes de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD) sur le Golan, est censé être exempt de troupes israéliennes et syriennes, conformément à l’accord de cessez-le-feu entre les deux pays qui a suivi la guerre de Kippour de 1973.

D’après le rapport, la FNUOD a constaté que des travaux de construction d’infrastructures sont actuellement en cours sur le site.

L’armée israélienne a déclaré dans un communiqué qu’elle était « au courant de ce qui se passe et considère [la prise de contrôle du site et] les travaux d’infrastructure au poste comme une violation grave et manifeste de l’accord de cessez-le-feu ».

La déclaration de Tsahal suggère qu’Israël pourrait intervenir pour chasser les soldats du poste par la force. Les responsables ont déclaré à Kan qu’Israël « considère que la FNUOD est responsable du suivi et de l’action contre les forces militaires dans la zone de tampon, et qu’il est déterminé à empêcher la présence de militaires dans cette zone ».

Le reportage télévisé de Kan a montré des images du poste.

Le reportage a été diffusé quelques heures seulement après qu’un missile israélien Patriot a été tiré sur un drone en provenance de Syrie en direction de l’espace aérien israélien. Les responsables israéliens pensent que le drone appartenait aux forces du régime.

Selon des articles en hébreu, Tsahal s’attend à une recrudescence des combats dans les zones syriennes adjacentes à la frontière israélienne, et à ce que des incidents de tirs accidentels atteignent le territoire israélien.

Alors que les combats entre les principales factions de la guerre civile syrienne menaçaient de submerger les positions de la FNUOD, les troupes de l’ONU ont quitté la zone tampon démilitarisée pour Israël en 2014.

Assad progresse dans le sud et morcèle les territoires rebelles

Le régime syrien a réalisé une percée dans le sud du pays avec la conquête de deux localités rebelles, morcelant ainsi les territoires tenus par les insurgés dans la province de Deraa, a rapporté mardi une ONG.

Depuis une semaine, le pouvoir de Bachar al-Assad a intensifié ses bombardements sur l’est de Deraa, laissant présager une vaste opération militaire dans le sud syrien, secteur sensible puisqu’il borde la frontière avec la Jordanie et le plateau du Golan, en partie annexé par Israël.

Dans la nuit, les forces du régime ont conquis les deux localités voisines de Basr al-Harir et Mlihat al-Atach, coupant en deux les territoires rebelles dans l’est de Deraa, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« C’est la progression la plus importante du régime en une semaine » a estimé le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, précisant que « le nord-est de Deraa est désormais totalement encerclé ».

Le régime a souvent eu recours à cette stratégie lors de ses précédentes offensives contre des bastions rebelles, cherchant à morceler et isoler les territoires afin d’affaiblir les insurgés.

Au moins 15 combattants rebelles ont été tués lundi dans les combats pour Basr al-Harir, selon l’ONG, un des bilans les plus meurtriers pour les insurgés du sud en une semaine.

Au total depuis mardi, 29 combattants rebelles ont été tués, tandis que 24 membres des forces prorégime ont péri, selon l’OSDH. Au moins 32 civils ont été tués dans les violences, selon l’ONG.

Les frappes de l’allié russe se poursuivent mardi sur l’est de Deraa, a ajouté M. Abdel Rahmane, alors que les bombardements sur ce secteur ont déjà fait 20.000 déplacés.

Les territoires rebelles du sud syrien faisaient l’objet depuis juillet 2017 d’un cessez-le-feu négocié par Moscou, Washington et Amman.

Les groupes rebelles contrôlent 70% de la province de Deraa et celle voisine de Qouneitra, tandis que le régime domine la région de Soueida, la troisième de ce trio qui compose le sud syrien.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...