Ramallah prépare un projet de résolution à l’ONU, Ban condamne l’expropriation de terrain
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Ramallah prépare un projet de résolution à l’ONU, Ban condamne l’expropriation de terrain

L’AP prévoit une résolution au conseil de sécurité pour "stopper les implantations", le secrétaire général de l’ONU déclare que l’action dans la vallée de Jourdain ébranle la solution à 2 états

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le négociateur palestinien en chef Saeb Erekat montre une carte à des journalistes près de la ville palestinienne de Jéricho, le 20 janvier 2016. (Crédit : AFP/AHMAD GHARABLI)
Le négociateur palestinien en chef Saeb Erekat montre une carte à des journalistes près de la ville palestinienne de Jéricho, le 20 janvier 2016. (Crédit : AFP/AHMAD GHARABLI)

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a rejoint les condamnations internationales d’une action planifiée par Israël pour s’approprier du terrain en Cisjordanie, près de Jéricho, déclarant que cela amoindrit l’engagement israélien à une solution à deux états, alors qu’un haut fonctionnaire palestinien a confirmé que Ramallah chercherait à nouveau à obtenir une résolution du conseil de sécurité contre les implantations.

« Le secrétaire général est profondément inquiet des informations selon lesquelles le gouvernement israélien autorisait la déclaration de 1,5 km² en Cisjordanie, au sud de Jéricho, en ‘terrain d’état’ », a déclaré Ban dans un communiqué publié sur son site internet.

« Les activités des implantations sont en violation de la loi internationale et vont à l’encontre des déclarations publiques du gouvernement d’Israël en faveur d’une solution à deux états au conflit », a ajouté Ban.

Les commentaires font écho aux remarques du département d’Etat américain questionnant l’engagement d’Israël en faveur d’une solution à deux états, après la déclaration mercredi du ministère de la Défense annonçant que les fonctionnaires avaient approuvé l’expropriation de 1,5 km² de terres agricoles en Cisjordanie, près de la ville palestinienne de Jéricho.

La dernière action de ce type entreprise par le gouvernement israélien, en août 2014, a impliqué l’appropriation de près de 4 km² en Cisjordanie, près du lieu où trois adolescents israéliens avaient été enlevés et tués quelques mois auparavant.

L’armée israélienne a déclaré qu’il n’y avait pas de revendication de propriété palestinienne sur le terrain en question, mais l’action a été sévèrement condamnée par les Américains et les Européens.

« Nous nous opposons fortement à toute action qui pourrait accélérer l’expansion des implantations et nous pensons qu’elles sont fondamentalement incompatibles avec une solution à deux états, et appellent à questionner franchement l’engagement du gouvernement israélien en faveur d’une solution à deux états », a déclaré mardi Mark Toner, le porte-parole du département d’Etat.

La zone, dont une partie a été travaillée ces dernières années par des fermiers israéliens, est située au nord de l’implantation d’Almog, en Cisjordanie, dans la vallée du Jourdain, selon un reportage diffusé mardi de la radio militaire.

Israël a précédemment utilisé une loi ottomane de 1858, établissant que le terrain laissé en jachère pendant plusieurs années peut revenir au gouvernement, comme base légale d’une telle décision.

La procédure a été approuvée par les fonctionnaires gouvernementaux israéliens et devrait recevoir son approbation finale dans les prochaines semaines, selon la radio militaire.

Le coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires, l’institution du ministère de la défense servant d’administration civile en Cisjordanie, a confirmé l’information selon lequel la décision attendant son approbation finale, et avait déjà reçu un feu vert des hauts fonctionnaires et des experts.

Cette action a été largement condamnée par les Palestiniens, le négociateur en chef Saeb Erekat parlant de vol.

A la suite de cette annonce, les fonctionnaires de l’Autorité palestinienne ont annoncé qu’ils soumettraient une résolution sur les implantations israéliennes au conseil de sécurité de l’ONU, selon Newsweek.

« Je pense que nous le ferons très bientôt. Je peux dire dès que nous aurons fini nos consultations avec les parties concernées, y compris les Etats-Unis. [Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est totalement d’accord, il pousse ce projet », a déclaré Erekat au magasine.

« Les Américains demandent [à Netanyahu] de stopper les implantations et les confiscations de terrain, aurait déclaré Erekat. Les Européens font la même chose. Les Russes, l’ONU, les Chinois, le monde entier, et il défie tout le monde. Alors quand est-ce que ce gouvernement va être tenu responsable ? »

Une source proche de Abbas a déclaré au magazine qu’il n’y avait pas encore de projet de résolution formulé pour l’instant, et qu’il n’en serait discuté que vers la fin du mois.

En 2012, une résolution de l’Autorité palestinienne avait appelé à condamner les implantations israéliennes n’avait pas réussi à obtenir l’approbation du conseil de sécurité quand les Etats-Unis s’étaient opposés à la motion.

Cependant, la Maison Blanche a signalé ces derniers mois qu’elle pourrait ne plus protéger Israël au sein de l’institution internationale.

Des agences et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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