Rapport sur l’antisémitisme : le Crif regrette que l’antisionisme ait été omis
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Rapport sur l’antisémitisme : le Crif regrette que l’antisionisme ait été omis

Satisfait de la pression exercée sur les réseaux sociaux pour retirer les contenus racistes et antisémites en 24h, le Crif regrette que le rapport n'inclut pas la haine d'Israël

Francis Kalifat, président du CRIF, à Paris, le 29 mai 2016. (Crédit : François Guillot/AFP)
Francis Kalifat, président du CRIF, à Paris, le 29 mai 2016. (Crédit : François Guillot/AFP)

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a réagi au rapport remis récemment au gouvernement afin de « renforcer la lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur internet » remis par Karim Amellal, écrivain et enseignant à Sciences-Po Paris, Laetita Avia, députée LREM, et Gil Taiëb, vice-Président du Crif.

Selon le président du Crif Francis Kalifat, « ce rapport est positif », notamment l’injonction fixée aux grandes plateformes des réseaux sociaux de retirer en 24 heures maximum les contenus racistes et antisémites.

Cependant, regrette Francis Kalifat « le rapport ne fait aucune mention de l’antisionisme et de la haine d’Israël. Pourtant, le président de la République et le Premier ministre ont été très clairs sur le sujet : il s’agit d’une forme nouvelle de l’antisémitisme. Cette question n’a fait l’objet d’aucune recommandation, cela est incompréhensible ».

« Nous savons que l’antisionisme, la haine et la délégitimation d’Israël sont des ‘zones grises’ pour les plateformes. L’équipe du Crif dédiée aux signalements de contenus haineux identifie, expertise, qualifie et signale plus de 50 contenus par mois ».

« Grâce à ce travail minutieux de qualification, plus de 75 % de ces contenus sont supprimés des plateformes rapporte le président du Crif. Les contenus d’appel au boycott, eux, ne sont quasiment jamais pris en compte par les responsables des grandes plateformes. Elles assument d’ailleurs avoir une trop faible maîtrise du sujet et de sa nature délictueuse. Pourtant, la législation française est claire à ce sujet : c’est purement et simplement illégal. La loi doit s’appliquer partout, et bien sûr, sur Internet ».

Aujourd’hui en France de nombreuses voix dénoncent, aux côtés d’une haine antisémite à l’extrême droite, un antisémitisme des quartiers populaires sous l’effet d’un islam identitaire, ainsi qu’un anti-sionisme ambigu à l’extrême-gauche, sur fond d’ « importation » du conflit israélo-palestinien depuis le début des années 2000.

Niveau chiffres, en 2017, la tendance était « orientée à la baisse », avait indiqué en janvier à l’AFP Frédéric Potier.

Mais si le nombre d’actes antisémites a globalement baissé en 2017, les actes violents parmi eux ont augmenté.

« Je pense qu’il faut sortir de l’aspect purement quantitatif : on sait que l’affaire Sarah Halimi (du nom de la femme juive assassinée par défenestration en avril dernier à Paris par un voisin musulman, NDLR) a traumatisé des familles entières, alors que dans les chiffres, ça ne fait qu’un acte », expliquait alors Frédéric Potier.

Depuis, le meurtre de Mireille Knoll le 23 mars dernier par un de ses voisins soupçonné d’antisémitisme a traumatisé de nombreux esprits et débouché sur une marche blanche contre l’antisémitisme, une première depuis la profanation du cimetière de Carpentras en 1990.

De nombreux actes, comme le récent tag antisémite d’une porte rue Ordener à Paris, apparaissent proches de ce qui a été théorisé comme « le nouvel antisémitisme quotidien » et qui alimente ce sentiment qui inquiète aujourd’hui, au-delà même de la communauté juive.

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