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Rare apparition de Netanyahu à son procès en vue du témoignage de Nir Hefetz

L'ex-conseiller et proche confident du Premier ministre s'est présenté devant les juges mais l'audience a été reportée au 22 novembre

L'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, arrive pour une audience dans son procès pour corruption au tribunal de Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit :   JACK GUEZ / AFP)
L'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, arrive pour une audience dans son procès pour corruption au tribunal de Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu est arrivé, mardi matin, à la Cour de district de Jérusalem où l’un de ses proches conseillers devait commencer à livrer son témoignage. C’est la troisième fois seulement que l’ancien Premier ministre accusé de corruption se présente à une audience de son procès, qui a débuté il y a un an et demi.

La justice israélienne a reporté à la semaine prochaine le témoignage attendu mardi de l’ancien conseiller et confident de Netanyahu, Nir Hefetz, qui est lui aussi arrivé au tribunal, mardi matin, avant cette prise de décision.

Suite à de nouvelles révélations largement reprises lundi soir dans les médias israéliens, l’équipe chargée de la défense de Netanyahu aurait demandé le report du témoignage de Hefetz d’une semaine afin d’avoir le temps de prendre connaissance de nouveaux éléments et de les examiner.

Le tribunal a débattu de ces éléments de preuve qui ont fuité auprès des médias, la veille du début du témoignage de Hefetz.

« C’est un incident très grave », avait commenté Amit Hadad, avocat de la défense de Netanyahu.

L’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, arrive pour une audience dans son procès pour corruption au tribunal de Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Le juge Moshe Bar-Am a interrogé les procureurs sur ces fuites, disant qu’elles étaient « véritablement inappropriées » – ce à quoi la procureure Liat Ben-Ari a dit avoir elle-même, ainsi que ses collègues, été « choquée ».

Bar-Am a alors rétorqué : « C’est une bonne chose d’avoir été choqués – mais la question est de savoir ce qui peut être fait à ce sujet. »

Liat Ben Ari arrive pour une audience du tribunal dans le procès du leader de l’opposition Benjamin Netanyahu à la cour de district de Jérusalem, le 16 novembre 2021; (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Hadad a expliqué que la défense ferait parvenir un courrier au procureur-général Avichai Mandelblit, demandant l’ouverture d’une enquête sur ces fuites.

Les magistrats ont demandé si Hefetz pourrait témoigner uniquement dans l’Affaire 4000 – qui représente la mise en cause la plus sérieuse de Netanyahu – sans possibilité d’aborder l’Affaire 1000, à laquelle les révélations les plus récentes sont liées.

Hefetz, devenu témoin de l’accusation, va témoigner dans l’Affaire 4000, le dossier de corruption le plus grave impliquant le Premier ministre qui est mis en cause dans trois affaires distinctes.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Netanyahu, qui est accusé de pots-de-vin, de fraude et d’abus de confiance dans l’Affaire 4000, dit que toutes les accusations lancées à son encontre ont été fabriquées par la police et par le Parquet et il n’a cessé de clamer son innocence.

L’ex-conseiller de Benjamin Netanyahu Nir Hefetz arrive à la cour de district de Tel Aviv, le 10 novembre 2019. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Netanyahu est également accusé de fraude et d’abus de confiance dans l’Affaire 1000 et l’Affaire 2000. Les nouvelles révélations concernent l’Affaire 1000, où l’ex-Premier ministre est soupçonné d’avoir accepté des cadeaux illicites, comme des cigares et du champagne, offerts par deux milliardaires – le magnat hollywoodien Arnon Milchan et l’Australien James Packer.

Dans l’Affaire 2000, l’ancien chef du gouvernement aurait tenté de conclure un accord de compromis avec le propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, dans lequel ce dernier aurait assuré une couverture médiatique positive des actions de Netanyahu en échange d’une législation qui aurait affaibli un quotidien rival. Mozes, de son côté, est accusé de corruption dans ce dossier.

Les procureurs avaient dit aux juges, lundi, que même si les nouveaux éléments n’étaient pas directement liés au témoignage de Hefetz, ils ne s’opposeraient pas au report de sa venue à la barre.

Ils avaient ajouté que les contraintes de calendrier des investigations récentes – qui n’ont pas été terminées avant lundi matin – avaient impliqué qu’ils avaient été dans l’incapacité de fournir ces nouveaux éléments à la défense.

Les partisans du leader de l’opposition, Benjamin Netanyahu, aux abords de la cour de district de Jérusalem, le 16 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Hefetz avait fait des milliers d’enregistrements de ses conversations avec le couple Netanyahu durant toutes les années où il avait été à son service, et ces enregistrements devraient être des éléments de preuve déterminants dans l’Affaire 4000, qui concerne un accord de corruption présumé entre l’ex-Premier ministre et Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de la firme Bezeq, qui était propriétaire du site d’information Walla. Netanyahu est ainsi accusé d’avoir abusé de son pouvoir lorsqu’il était à la fois Premier ministre et ministre des Communications, de 2014 à 2017.

Ainsi, dans ce dossier, Netanyahu est accusé d’avoir fait adopter des régulations qui ont bénéficié au niveau financier à Shaul Elovitch, en échange d’une couverture favorable sur le site d’actualité.

Dimanche, la Douzième chaîne a diffusé des enregistrements de conversations entre Hefetz et Netanyahu, son épouse et leur fils Yair.

Selon la chaîne, ces enregistrements montrent la proximité des liens entre Hefetz et la famille Netanyahu, ainsi que l’obsession de cette dernière pour son image dans les médias.

D’autres enregistrements ont semblé montrer l’épouse du Premier ministre donnant pour instruction à Hefetz, qui avait été nommé à la tête de l’Administration d’information nationale, d’attaquer les opposants politiques de son mari, selon le reportage.

Un communiqué émis pour le compte de Netanyahu en réponse au reportage a estimé que « comme on pouvait s’y attendre, nous sommes revenus à une époque de couverture sélective qui commence typiquement par l’écho des trompettes avant de s’achever par un murmure inaudible ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une audience au tribunal de district de Jérusalem, le 5 avril 2021. (Oren Ben Hakoon/POOL)

Dans cette affaire, Hefetz était devenu témoin de l’accusation à l’issue de son arrestation et d’un interrogatoire qui avait duré deux semaines. Il aurait fourni aux procureurs des informations déterminantes, relatives à sa fonction d’intermédiaire entre l’ex-Premier ministre et Shaul Elovitch.

Au début du mois, des détails d’une rencontre entre Hefetz et les procureurs, lors de la préparation du témoignage de l’ex-conseiller, avaient fuité auprès de la Treizième chaîne.

Selon les informations reçues à cette occasion, Hefetz devrait souligner devant les juges « l’obsession » des médias nourrie par la famille Netanyahu, particulièrement à l’égard du site Walla. Il avait ainsi été expliqué à des porte-paroles qu’une partie de leur travail serait de « corriger les injustices historiques à l’encontre de Sara Netanyahu, des injustices résultant du rôle public assumé par son mari », avait dit Hefetz aux procureurs.

La phase de présentation des éléments de preuve dans le procès pour corruption de Netanyahu a commencé au mois d’avril. Jusqu’à présent, ce sont de hauts-responsables du site Walla qui ont pris la parole et présenté leur témoignage aux magistrats.

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