Référendum au Kurdistan : pour Erdogan, le Mossad a joué un rôle
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Référendum au Kurdistan : pour Erdogan, le Mossad a joué un rôle

L'administration de la région autonome marche “main dans la main” avec Israël, affirme le président turc en donnant en exemple les drapeaux israéliens vus après le référendum

Le président turc Recep Tayyip Erdogan après son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 19 septembre 2017. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan après son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 19 septembre 2017. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a suggéré samedi que les services de renseignements israéliens, le Mossad, avaient joué un rôle dans l’organisation du référendum controversé sur l’indépendance du Kurdistan irakien.

Critiquant le fait que des Kurdes irakiens aient célébré le référendum avec des drapeaux israéliens à la main, Erdogan a déclaré : « cela montre une chose : cette administration a une histoire commune avec le Mossad, ils avancent main dans la main. »

Alors que ce scrutin a été largement décrié à l’international, Israël est le seul pays à s’être prononcé publiquement en faveur d’un état kurde indépendant.

« Vous rendez-vous compte de ce que vous avez fait ? Seul Israël vous soutient », a ajouté Erdogan, s’adressant aux dirigeants kurdes irakiens au cours d’un discours télévisé prononcé à Erzurum.

Des Kurdes irakiens avec les drapeaux kurde et israélien à Kirkouk, en Irak, au soir du référendum sur l'indépendance du Kurdistan autonome, le 25 septembre 2017. (Crédit : Ahmad al-Rubaye/AFP)
Des Kurdes irakiens avec les drapeaux kurde et israélien à Kirkouk, en Irak, au soir du référendum sur l’indépendance du Kurdistan autonome, le 25 septembre 2017. (Crédit : Ahmad al-Rubaye/AFP)

Le « oui » à l’indépendance a remporté une majorité massive lors du vote de lundi, initié par le président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani.

Mais Ankara, important partenaire commercial d’Erbil, est fermement opposé à la création d’un état kurde à sa frontière, craignant que cela ne galvanise les séparatistes kurdes qui mènent une rébellion sanglante dans le sud-est de son territoire.

Le président turc a assuré samedi que le Kurdistan irakien « paierait le prix » de ce référendum « inacceptable », sans donner plus de précisions.

Erdogan a plusieurs fois menacé de frapper Erbil au portefeuille en fermant notamment les vannes de l’oléoduc qui permet à environ 550 000 des 600 000 barils/jour produits par le Kurdistan irakien d’être exportés, via le port turc de Ceyhan.

« Ce n’est pas un état indépendant qui est fondé dans le nord de l’Irak » avec ce référendum, a-t-il déclaré samedi. « Au contraire, c’est une plaie sanglante qui a été ouverte. »

Même si les autorités kurdes ont indiqué qu’elles ne proclameraient pas automatiquement l’indépendance, Bagdad a exclu dans l’immédiat tout dialogue.

Ainsi, les liaisons aériennes entre le Kurdistan irakien et l’étranger ont été coupées vendredi, à la demande du gouvernement central irakien.

L'aéroport international d'Erbil, la capitale de la région kurde irakienne autonome , le 23 novembre 2015. Illustration. (Crédit : Safin Hamed/AFP)
L’aéroport international d’Erbil, la capitale de la région kurde irakienne autonome , le 23 novembre 2015. Illustration. (Crédit : Safin Hamed/AFP)
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