Retour sur le sommet international sur les énergies renouvelables en Israël
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Pas d’essence, pas de problème !

Retour sur le sommet international sur les énergies renouvelables en Israël

Des centaines d’entreprises ont présenté leurs véhicules économes en énergie au Sommet "Fuel Choices", depuis des voitures utilisant moins de carburant à des avions électriques

Lital Ben Shitrit, étudiante de l'université Ben Gurion qui a travaillé dans l'équipe de course Ben Gurion BGR, montre l'utilisation de la fibre carbone à un jeune amateur de voiture au sommet Israel Fuel Choices Initiative à Tel Aviv, le 3 novembre 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
Lital Ben Shitrit, étudiante de l'université Ben Gurion qui a travaillé dans l'équipe de course Ben Gurion BGR, montre l'utilisation de la fibre carbone à un jeune amateur de voiture au sommet Israel Fuel Choices Initiative à Tel Aviv, le 3 novembre 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

A quoi ressemblerait donc un monde sans carburant ? L’aperçu d’une société utopique où le carburant serait moins présent a été donné la semaine dernière à Tel-Aviv, sur la place Habima, à l’occasion du Sommet annuel de la ville portant sur les énergies renouvelables, le “Fuel choices Summit”. Au programme : des vélos électriques silencieux, des voitures, des bus et même des avions que le public a pu découvrir.

“Nous voulons réduire la consommation de carburant de 60 % d’ici 2025, transformer Israël en un centre de technologie et construire une coopération globale dans le même objectif de réduire l’utilisation des carburants », a expliqué Eyal Rosen, président de l’Administration « Fuel Choices », une division appartenant au bureau du Premier ministre.

Fort d’un budget de 1,5 milliard de NIS (400 millions de dollars), ce département particulier, créé il y a six ans, soutient plus de 200 groupes de recherche et a constaté une hausse du nombre de start-ups travaillant sur les carburants. Elles sont ainsi passées de quelques dizaines à plus de 500.

Au programme du sommet, des scooters et des vélos électriques, un prototype de voiture aussi léger qu’une moto et même un avion complètement électrique – dont la production débutera l’année prochaine – à découvrir sur la place Habima.

“Nous nous situons à la pointe d’une révolution énergétique”, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un discours retransmis par vidéo lors du Sommet. « Le monopole du pétrole brut va s’arrêter et ainsi, nous aurons un monde plus sûr, plus propre, plus durable ».

L’une des plus grandes annonces faites lors de l’événement a été le dévoilement d’une Fiat 500 prête à la commercialisation qui utilisera une combinaison de gasoil et 15 % de méthanol, connu sous le nom de M-15.

Aux Etats-Unis, la recherche s’est davantage concentrée sur le mélange gasoil-éthanol, même si l’éthanol reste plus coûteux que le gaz et nécessite des ressources de type alimentaire comme le maïs, qui pourrait sinon être utilisé pour nourrir les populations dans le besoin.

Tandis que la nouvelle Fiat 500 a été spécialement développée pour fonctionner à partir de M-15 et de gasoil, le mélange au carburant sera également adapté à la majorité des autres voitures, selon Ganit Shter Bar Joshua de l’entreprise Dor Chemicals, qui a développé ce mélange.

Bar Joshua recommande toutefois que les conducteurs entrent d’abord en contact avec le fabricant de leurs voitures avant d’utiliser le carburant au M-15, qui sera disponible dans les stations-services à travers Israël à partir de 2017.

Ce mélange coûtera approximativement 30 centimes de moins au litre que le gasoil standard. Avec les améliorations de la technologie, les voitures dans l’avenir seront en mesure de fonctionner avec de bien plus grands taux de méthanol, ce qui amoindrira le coût au litre et les émissions de carbone du véhicule.

La Chine a d’ores et déjà développé des voitures alimentées au M-85 et même au M-100, qui fonctionnent avec respectivement 85 % et 100 % de méthanol, même si ces voitures ne correspondent pas encore aux normes d’émission telles qu’elles sont définies en Europe.

Virgilio Cerutti, vice-président en charge du développement commercial de Fiat Chrysler Automobiles, dans une Fiat 500 qui roule au gaz mélangé par l'éthanol, au sommet Israel Fuel Choices Initiative à Tel Aviv, le 3 novembre 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
Virgilio Cerutti, vice-président en charge du développement commercial de Fiat Chrysler Automobiles, dans une Fiat 500 qui roule au gaz mélangé par l’éthanol, au sommet Israel Fuel Choices Initiative à Tel Aviv, le 3 novembre 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Virgilio Cerutti, vice-président du développement commercial au sein de Fiat Chrysler Automobiles, a expliqué que l’entreprise avait stratégiquement choisi de cibler Israël pour la nouvelle Fiat 500 M-15, qui devrait coûter environ 90 000 NIS (23 600 dollars) et qui sera sur le marché l’année prochaine.

“Israël peut spécifiquement être un laboratoire avant de devenir un marché”’, a indiqué Cerutti, citant sa taille et son engagement – gouvernemental comme privé – envers les alternatives au carburant.

Pour ceux disposant d’un peu plus de fonds et ayant besoin de quelque chose de plus « flashy » qu’une Fiat, l’entreprise EViation offre, pour sa part, un avion totalement électrique au prix d’un million de dollars.

L’avion sera en mesure de transporter six passagers sur une distance de 1 000 kilomètres et il est développé depuis le début avec un système de pilotage automatique qui permettra à l’avion de voler sans pilote. Sa construction commencera en 2017 et l’entreprise prévoit un vol inaugural dans la seconde moitié de l’année 2018.

Le modèle d'avion électrique EViation au sommet Israel Fuel Choices Initiative de Tel Aviv, le 3 novembre 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
Le modèle d’avion électrique EViation au sommet Israel Fuel Choices Initiative de Tel Aviv, le 3 novembre 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Rosen sait que la majorité des 400 entreprises présentes au Sommet disparaîtront probablement avant d’avoir offert des avancées susceptibles de briser la dépendance mondiale au carburant, mais reste optimiste sur le fait que la réponse lui semble bien être là.

“Le marché des transports représente globalement 9 trillions de dollars, et le marché de l’énergie 6 trillions de dollars,” dit-il.

« Les implications géopolitiques que vous constatez autour de vous [à partir du pétrole] ne sont pas ésotériques. Si le monde cesse d’utiliser le pétrole, les implications en Israël seront énormes, cent fois plus que ce que représente notre investissement ».

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