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Rivlin : Abbas colporte de « terribles conspirations » antisémites

Le discours du dirigeant palestinien rappelle son négationnisme a déclaré le président israélien à une délégation de l'AIPAC ; la classe politique israélienne réagit également

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président Reuven Rivlin pendant un évènement commémorant le centenaire de la Déclaration Balfour, à la résidence de l'ambassadeur britannique en Israël, le 24 octobre 2017. (Crédit : Mark Neiman/GPO)
Le président Reuven Rivlin pendant un évènement commémorant le centenaire de la Déclaration Balfour, à la résidence de l'ambassadeur britannique en Israël, le 24 octobre 2017. (Crédit : Mark Neiman/GPO)

Le président Reuven Rivlin a fustigé lundi le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour son discours enflammé de la veille, comparant les commentaires du leader de l’Autorité palestinienne aux « choses qui l’ont conduit à être accusé il y a des années d’antisémitisme et de négationnisme concernant l’Holocauste ».

« Ce que nous avons entendu hier de Mahmoud Abbas était terrible. Il est revenu aux idées qu’il a exprimées il y a des décennies, et qui n’étaient pas moins terribles », a déclaré Rivlin à une délégation du lobby pro-israélien américain AIPAC à sa résidence de Jérusalem.

« Dire qu’Israël est le résultat d’une conspiration occidentale pour installer les Juifs sur des terres appartenant à des populations arabes ? Dire que le peuple juif n’a aucun lien avec la terre d’Israël ? Il a oublié beaucoup de choses et a dit exactement les choses qui l’ont conduit à être accusé il y a des années d’antisémitisme et de déni de la Shoah », a déclaré Rivlin.

« Ce sont précisément les choses qui nous bloquent », a déclaré Rivlin, s’exprimant en anglais. « Dans son discours, il rejette notre retour dans notre patrie, même si Abu Mazen [Abbas] sait très bien que le Coran lui-même reconnaît la Terre d’Israël comme étant notre terre. Sans cette reconnaissance de base, nous ne serons pas en mesure d’établir la confiance et d’aller de l’avant. »

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’exprime lors d’une réunion avec le Conseil central palestinien, un des principaux organes décisionnels, à son siège à Ramallah, en Cisjordanie, le 14 janvier 2018. (AP Photo / Majdi Mohammed, l)

Les critiques de Rivlin sur le discours d’Abbas s’ajoutent aux condamnations similaires de la classe politique israélienne.

Le ministre de la Coopération régionale, Tzachi Hanegbi, a déclaré que le discours était « mêlé de viles théories conspirationnistes antisémites ».

« Son incitation contre Israël et les Etats-Unis est extrêmement dangereuse et devrait être condamnée par quiconque s’intéresse à la coexistence pacifique », a ajouté le ministre du Likud.

Dimanche soir, quelques minutes après la fin du discours d’Abbas qui a duré deux heures, le ministre des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, a accusé le dirigeant palestinien de « détruire toute chance de paix ».

Le chef du parti travailliste Avi Gabbay a également réagi au discours du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

« Les termes d’Abu Mazen sont grave et erronés, et riches de mensonges antisémites », a déclaré Gabbay.

S’exprimant lundi depuis une réunion de la faction de l’Union sioniste, qui allie le parti travailliste et le parti Hatnua, Gabba a condamné Abbas mais souligné qu’il « ne faut pas se laisser embrouiller, et ne pas se concentrer sur ce que disent les Palestiniens ».

« Avant et après le discours d’Abu Mazen, il est dans notre intérêt de nous séparer des Palestiniens », a déclaré Gabbay, soulignant qu’Israël n’avait aucun intérêt à gouverner les Palestiniens.

Il a également indiqué que les deux partis ont besoin de dirigeants « qui veulent construire de la confiance et ne pas avoir à faire avec ce que le monde dit d’eux, et qui ne veulent pas jouer aux accusations qui ne mènent à rien ».

La vice-ministre des Affaires étrangères israélienne Tzipi Hotovely avec Emanuele Giaufret, l’ambassadeur européen en Israël, le 15 janvier 2018. (Crédit : Elram Mendel/ministère des Affaires étrangères)

La vice-ministre aux Affaires étrangères Tzipi Hotovely a indiqué lundi après-midi que les pays européens doivent condamner le discours qui a été prononcé par le président de l’AP.

« Le discours d’Abu Mazen est une gifle qui résonne au visage de la communauté internationale », a estimé Hotovely auprès d’Emanuele Giaufret, envoyé de l’Union européenne en Israël, en reprenant les termes du dirigeant palestinien.

« Les Palestiniens ne peuvent pas continuer à financer le terrorisme et à demander l’approbation et le soutien des européens en réclamant une reconnaissance unilatérale », a-t-elle ajouté.

Dov Lieber et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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