Rivlin : seule la « confiance », et non un bout de papier, apportera la paix
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Rivlin : seule la « confiance », et non un bout de papier, apportera la paix

S'adressant aux dirigeants juifs américains, le président déclare que les relations entre les États-Unis et Israël "doivent rester au-dessus de tout désaccord politique"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président Reuven Rivlin s'adressant aux resaponsables juifs américains à Jérusalem, le 17 février 2020. (Crédit : Mark Neyman/GPO)
Le président Reuven Rivlin s'adressant aux resaponsables juifs américains à Jérusalem, le 17 février 2020. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

Un véritable traité de paix entre Israéliens et Palestiniens doit être précédé par l’instauration d’une confiance mutuelle, a fait savoir lundi le président Reuven Rivlin.

« Les Israéliens et les Palestiniens ne sont pas condamnés à vivre ensemble. C’est notre destin de vivre ensemble – nous tous. Et nous devons établir la confiance entre nous. Car sans cette confiance, nous ne pouvons pas mettre fin à la tragédie que nous vivons depuis 120 ans », a-t-il déclaré aux dirigeants juifs américains lors d’une conférence à Jérusalem, s’exprimant en anglais.

« Aucun accord, ni aucune sorte d’entente sur un papier, ne nous apportera réellement une solution… Seul le renforcement de la confiance nous permettra d’arriver à une entente » qui puisse relever les défis du conflit israélo-palestinien, a ajouté le président.

Rivlin semblait faire allusion à la proposition de paix de l’administration américaine, publiée fin janvier, bien qu’il ne l’ait pas mentionnée spécifiquement.

« Nous devons construire un avenir commun basé sur la coopération et le respect mutuel. Les boycotts ne contribuent pas à atteindre cet objectif. Les boycotts ne font pas avancer la paix », a-t-il ajouté. Dans ce contexte, il a critiqué le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme pour avoir publié la semaine dernière une « liste noire » des entreprises opérant dans les implantations.

« Lorsque des entreprises israéliennes et internationales figurent sur une liste noire simplement parce qu’elles servent les Israéliens vivant dans les implantations, nous soutenons ces [entreprises] », a-t-il promis, sous les applaudissements nourris du public lors de la 46e mission annuelle de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, qui se déroule actuellement dans la capitale.

Le mois dernier, au lendemain de la cérémonie de dévoilement du prétendu « accord du siècle » à la Maison Blanche, M. Rivlin a déclaré que les deux parties devaient l’étudier.

La proposition « pourrait permettre aux deux peuples de renouveler les canaux de dialogue et de progresser vers un avenir commun », avait commenté le chef de l’État lors d’un discours au Parlement allemand à Berlin le 29 janvier. « Ce n’est pas simple et les deux parties doivent étudier le plan en profondeur. C’est un plan qui exige des deux côtés des concessions profondes, difficiles et complexes, mais nous ne devons pas abandonner. »

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) et le Président Donald Trump dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le mardi 28 janvier 2020, lors de l’annonce du plan très attendu de l’administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

En revanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué le plan, soulignant qu’il permettrait à Israël d’annexer de grandes parties de la Cisjordanie dans un avenir proche et garantissait une Jérusalem unie, tandis que les Palestiniens se voient promettre un futur État uniquement s’ils satisfont à une longue liste de demandes.

« Il s’agit d’un changement historique. Dans tous les plans soumis par les administrations américaines précédentes, c’était Israël qui devait faire des concessions concrètes pour entrer dans les négociations, et les Palestiniens étaient tenus de ne rien faire », a dénoncé Netanyahu à la Conférence des présidents dimanche soir.

« On nous a demandé à maintes reprises de geler les constructions dans les implantations ou de libérer les prisonniers palestiniens. Cette fois, c’est l’inverse », a-t-il déclaré.

S’adressant à la conférence lundi, M. Rivlin a également abordé la lutte contre l’antisémitisme croissant aux États-Unis ainsi que la nécessité de « renforcer les liens entre Israël et la communauté juive américaine et d’assurer un soutien bipartite à Israël ».

« L’antisémitisme est en hausse aux États-Unis et dans le monde entier. Après Pittsburgh et Poway, Jersey City et Monsey, la communauté juive américaine est plus préoccupée que jamais », a-t-il déploré, énumérant les villes où des attaques antisémites ont été perpétrées récemment.

La scène à l’intérieur de la maison de Chaim Leibish Rottenberg à Monsey après qu’un homme brandissant une machette ait attaqué des personnes assistant à une célébration de Hanoukka. (Autorisation)

« La responsabilité de la sécurité des communautés juives dans le monde entier incombe en premier lieu aux autorités locales. Cependant, l’État d’Israël s’est engagé à travailler avec les gouvernements du monde entier pour prendre toutes les mesures possibles pour combattre ces menaces », a déclaré M. Rivlin.

« Nous sommes tous une seule famille », a poursuivi le président. « Comme toutes les familles, nous avons des désaccords. Mais notre point de départ doit toujours être les liens indissolubles qui nous unissent. Un Israël sûr et sécurisé est essentiel pour la survie du peuple juif, et un fort sentiment de connexion entre les Juifs du monde est vital pour la survie d’Israël. Nous devons trouver des moyens de célébrer notre diversité et d’écrire, ensemble, notre avenir. »

L’alliance entre Jérusalem et Washington « doit rester au-dessus de tout désaccord politique ou de toute campagne électorale », a poursuivi le président, faisant apparemment référence à la perception que l’État juif devient de plus en plus une question partisane aux États-Unis.

« Notre partenariat doit rester au-dessus de la politique des partis. Je sais que le maintien d’un soutien bipartite n’est pas une tâche facile, mais c’est une tâche qui est d’une importance vitale pour la sécurité nationale d’Israël », a conclu M. Rivlin.

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