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S-400 : Risque « très réel » de sanctions américaines contre Ankara

Washington avait informé dès l'an dernier que la ligne rouge à ne pas franchir serait la mise en service des missiles russes dans un contexte de rapprochement avec Moscou

Le système de missiles anti-aériens S-400 déployé en Russie. Illustration. (Crédit : Соколрус/CC BY-SA/Wikimedia)
Le système de missiles anti-aériens S-400 déployé en Russie. Illustration. (Crédit : Соколрус/CC BY-SA/Wikimedia)

Le risque que les Etats-Unis imposent des sanctions à la Turquie pour son utilisation du système de missiles russes S-400 est « très réel », a déclaré mercredi un haut responsable de la diplomatie américaine.

« Ils continuent à vouloir le S-400 », a déclaré à la presse le responsable des questions de défense du département d’Etat, Clarke Cooper.

« Les sanctions sont tout à fait envisagées », a-t-il ajouté alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan a confirmé la semaine dernière que la Turquie avait testé le 16 octobre le système de défense aérienne S-400 considéré par Washington comme incompatible avec les dispositifs de l’Otan.

Des mesures punitives d’ordre économique sont inscrites dans une loi adoptée en 2017 par le Congrès américain, quasiment à l’unanimité, pour « contrer les adversaires de l’Amérique à travers les sanctions ».

Ce texte prévoit notamment des sanctions automatiques dès lors qu’un pays conclut une « transaction significative » avec le secteur de l’armement russe.

M. Cooper a précisé que Washington avait informé dès l’an dernier cet allié stratégique, membre de l’Otan, que la ligne rouge à ne pas franchir serait la mise en service des S-400 achetés en 2017 par Ankara dans un contexte de rapprochement avec Moscou.

« Nous avons dit très clairement à Ankara que tester le S-400 était absolument inacceptable », a-t-il dit.

Aujourd’hui, les efforts se poursuivent pour « convaincre la Turquie de ne pas rendre les S-400 opérationnels », a-t-il ajouté. « Mettez-les de côté, désactivez-les. Mais ne les intégrez pas pour les rendre opérationnels ».

Le diplomate américain a souligné que Washington cherchait toutefois à éviter la rupture avec la Turquie.

« Il est certain que nous faisons tout pour nous assurer que la Turquie reste dans le camp occidental », a-t-il dit. « Exclure la Turquie ne serait dans l’intérêt de personne, à part la Russie ».

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