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Saar : L’Autorité palestinienne continue de rémunérer les terroristes

Le ministre des Affaires étrangères n'a pas apporté de preuve ; il déclare qu'Israël n'acceptera pas la présence de troupes turques à Gaza

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, à la Puskas Arena de Budapest, en Hongrie, le 27 octobre 2025. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)
Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, à la Puskas Arena de Budapest, en Hongrie, le 27 octobre 2025. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a accusé lundi l’Autorité palestinienne de poursuivre sa politique très controversée dite « Pay for slay » – « payer pour tuer » – qui consiste à verser de l’argent sous forme d’allocations aux familles des terroristes tués, malgré ses nombreuses promesses d’y mettre un terme.

Saar a affirmé que les terroristes palestiniens condamnés, y compris ceux qui ont été libérés dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu actuel à Gaza, continuent de bénéficier de cette politique, et il a accusé les gouvernements européens de fermer les yeux sur cette pratique.

S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe aux côtés de son homologue hongrois, Peter Szijjártó, à Budapest, Saar a déclaré : « Contrairement aux promesses qui ont été faites par l’Autorité palestinienne, cette dernière poursuit sa politique de rémunération des meurtriers ». Il a affirmé que l’Autorité palestinienne avait simplement « changé la méthode » jusque-là appliquée dans le cadre de cette politique, plutôt que d’y mettre réellement fin.

« Les terroristes touchent leurs paiements à la poste palestinienne. Et l’Autorité palestinienne verse désormais des fonds supplémentaires aux terroristes malfaisants qui ont été libérés dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu », a-t-il ajouté.

Saar n’a pas donné plus de détails sur la manière dont l’argent est versé. Le ministère des Affaires étrangères n’a pas répondu à une demande d’informations pour les besoins de cet article.

Sous la pression des États-Unis, l’Autorité palestinienne avait signé, au mois de février, un décret annulant une législation qui avait permis de mettre en place un système d’aide sociale qui comprenait des paiements aux familles des terroristes tués et aux familles des détenus incarcérés dans les prisons israéliennes pour atteinte à la sécurité nationale – une pratique considérée comme une prime au meurtre par ses détracteurs.

Dans des documents consultés par le Times of Israel au mois de septembre, l’Autorité palestinienne avait fait savoir à ses interlocuteurs que de nouveaux critères d’attribution des allocations sociales, basés sur les besoins financiers plutôt que sur la durée de la peine, avaient été adoptés.

Suite à ce changement, certaines familles qui recevaient jusque-là des paiements n’ont plus été éligibles aux fonds, d’autres le sont devenues et certaines qui touchaient déjà de l’argent grâce à ce système ont pu continuer à recevoir de l’argent.

L’administration pénitentiaire israélienne a revêtu les prisonniers palestiniens sur le point d’être libérés de t-shirts arborant son logo, une étoile de David et la phrase en arabe : « Ni pardon ni oubli », le 15 février 2025. (Crédit : Service pénitentiaire d’Israël)

Au début de l’année, l’Autorité palestinienne avait invité les États-Unis à envoyer une délégation à Ramallah afin de certifier que le nouveau système avait bien été mis en place, mais cette invitation est restée lettre morte et les États-Unis n’ont pas été en mesure de confirmer que cette politique avait bien été réformée.

Saar a accusé l’Union européenne d’avoir accordé à l’Autorité palestinienne « une légitimité sans prise de responsabilité » en ne reconnaissant pas cette pratique qui, semble-t-il, reste courante, arguant que cette politique, en plus des incitations à la haine et au terrorisme continues dans les écoles, dans les médias et dans les mosquées « éloigne encore davantage la perspective de la paix ».

Il a ajouté que le plan de paix en 20 points du président américain Donald Trump pour Gaza faisait référence au plan que Trump avait qualifié « d’accord du siècle » en 2020 – un plan visant à trouver une solution permanente au conflit israélo-palestinien et exigeant que l’Autorité palestinienne mette un terme à cette politique du « pay for slay ». Il a affirmé que « jusqu’à aujourd’hui, l’Autorité palestinienne n’a pas été à la hauteur des critères requis, tels qu’ils ont été déterminés par le président Trump ».

Le président américain Donald Trump (à gauche) salue le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’un sommet sur Gaza dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, le 13 octobre 2025. (Crédit : Evan Vucci / POOL / AFP)

Outre sa condamnation de l’Autorité palestinienne, le ministre des Affaires étrangères a également répété qu’Israël refusait toute coopération avec l’UNRWA, l’agence des Nations unies qui est chargée des réfugiés palestiniens et de leurs descendants.

Israël et les États-Unis accusent l’UNRWA d’avoir été infiltrée par le groupe terroriste du Hamas. Israël lui a interdit de mener des opérations sur son sol et le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré, la semaine dernière, que l’instance onusienne « ne jouerait aucun rôle » dans l’acheminement des aides humanitaires à Gaza, la qualifiant de « filiale du Hamas. »

Saar : Israël n’acceptera pas la présence de forces turques à Gaza

Dans ses déclarations faites lundi, Saar a également dit qu’Israël n’accepterait pas la présence de soldats turcs à Gaza, affirmant que « les pays qui souhaitent ou qui sont prêts à envoyer des forces armées doivent au moins se montrer équitables à l’égard d’Israël ».

« La Turquie, placée sous la direction d’Erdogan, a adopté une approche hostile envers Israël » – « non seulement par des déclarations hostiles, mais aussi par des mesures diplomatiques et économiques », a-t-il noté. « Il n’est donc pas raisonnable pour nous de laisser les forces armées turques entrer dans la bande de Gaza, et nous ne l’accepterons pas, et nous l’avons dit à nos amis américains ».

Les relations entre la Turquie et Israël se sont considérablement dégradées depuis le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, fervent partisan du Hamas, a souvent comparé la campagne israélienne dans la bande de Gaza à la Shoah.

Des soldats turcs défilent lors d’une parade militaire marquant le 102e anniversaire du Jour de la Victoire dans la rue Vatan à Istanbul, le 30 août 2024. (Crédit : KEMAL ASLAN / AFP)

Le bureau du Premier ministre a insisté, la semaine dernière, sur le fait qu’il n’y aurait pas de soldats turcs à Gaza, après que des informations ont fait état d’un désaccord sur la question lors d’une réunion entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef des services de renseignement égyptiens, Hassan Rashad.

Le vice-président américain JD Vance a déclaré mardi qu’il voyait un « rôle constructif » à tenir pour la Turquie alors que la trêve entrait dans une nouvelle phase. En réponse à une question du Times of Israel, il a toutefois ajouté que rien ne serait imposé à Israël concernant les forces armées qui seront déployées sur le terrain.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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