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Samuel Sandler raconte sa conversation avec Eric Zemmour suite à la polémique

Le père de Jonathan et grand-père de Gabriel et Arieh, tués en 2012, a vécu l’échange comme "une excuse"

Samuel Sandler. (Crédit : Capture d’écran YouTube)
Samuel Sandler. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Samuel Sandler réclamait des excuses du chroniqueur Eric Zemmour après que celui-ci a critiqué le choix de la famille d’enterrer en Israël Jonathan Sandler et ses deux enfants, Gabriel et Arieh, tués à bout portant dans l’attentat djihadiste antisémite de l’école Otzar Hatorah de Toulouse en 2012.

Il a finalement été contacté par le polémiste – un appel « un peu étonnant », qui a commencé « presque (comme) une conversation amicale », a-t-il expliqué ce lundi auprès de BFMTV.

« Après, on est allés beaucoup plus concrètement, et il m’a demandé mon souhait, moi j’ai dit que mon souhait est d’arrêter, qu’on ne parle plus de mes enfants, (…) qu’on arrête de parler du lieu de sépulture de mes enfants, qu’on respecte un peu aussi les victimes », a-t-il ajouté.

L’échange aurait été plein « d’embarras », et a été reçu par Samuel Sandler comme « une excuse ».

« Je sentais vraiment en lui des regrets. Si vraiment il respecte ses engagements, [la polémique] sera terminée, oui », a expliqué le septuagénaire.

Dans son livre La France n’a pas dit son dernier mot sorti en septembre, Eric Zemmour avait osé tirer un parallèle entre l’enterrement en Algérie du terroriste et celui de ses victimes, en Israël.

« La famille de Mohamed Merah a demandé à l’enterrer sur la terre de ses ancêtres en Algérie, on a su aussi que les enfants juifs assassinés devant l’école confessionnelle à Toulouse seraient eux enterrés en Israël. Les anthropologues nous ont enseigné qu’on était du pays où on est enterré », a écrit Eric Zemmour.

Interrogé à ce sujet sur France 2, il avait dénoncé une « défrancisation de la France », estimant que les victimes « n’appartenaient pas à la France ».

Samuel Sandler avait réagi auprès du Monde en déclarant : « Je voudrais d’abord lui dire que je suis d’accord avec lui quand il explique qu’il est dommage que des membres de la famille Sandler ne soient pas enterrés en France. Je regrette en effet que les cendres de ma grand-mère se trouvent en Pologne, où elle a été déportée en mars 1943, alors qu’elle habitait au Havre. Je pense qu’elle aurait préféré être enterrée auprès des siens, en France. »

« En réponse à ses propos sur Pétain, dont il explique qu’il a sauvé des Juifs, j’aimerais aussi raconter à Eric Zemmour l’histoire de ma sœur aînée, Léa, décédée il y a cinq ans. En 1937, deux ans après l’adoption des lois de Nuremberg par l’Allemagne nazie, mes parents ont abandonné leur affaire de fonderie pour échapper aux persécutions antisémites et s’installer en France, au Havre. Quand la guerre a éclaté, mes parents et ma sœur habitaient là, en Normandie. Mes parents, eux, ont choisi de fuir Le Havre et la zone occupée », avait-il expliqué.

« Ils ont rejoint la zone libre et ont ouvert à Limoges un restaurant casher, considéré comme d’utilité publique par Vichy. En cachette, il s’y fabriquait en réalité de faux papiers pour ceux qui voulaient traverser la ligne de démarcation. À Limoges, ma sœur aînée a participé au concours national de rédaction française. Elle a gagné. Mais il n’était pas question de lui remettre le prix : on ne pouvait pas consacrer une petite juive allemande ! Elle a donc été déclassée. Le voilà, le fameux patriotisme de Pétain… », avait poursuivi Samuel Sandler, alors qu’Eric Zemmour a défendu à maintes reprises le régime de Vichy.

« Ma sœur a tout vécu, tout traversé, mais elle était restée profondément marquée par ce déclassement. Jusqu’à son dernier jour, cette histoire la bouleversait. Jusqu’à sa mort en Israël, elle me disait : ‘Quand est-ce qu’on nous laissera tranquilles ?’ », avait expliqué M. Sandler.

Comme lui, plusieurs internautes avaient réagi aux propos de M. Zemmour, narrant l’histoire de leurs proches juifs français victimes de la collaboration du régime de Vichy.

Selon les sondages, Eric Zemmour pourrait atteindre les 15 % des voix au premier tour de la présidentielle 2022, alors même qu’il ne s’est pas encore déclaré officiellement candidat.

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