Les victimes de Toulouse « n’appartenaient pas à la France », selon Eric Zemmour
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Les victimes de Toulouse « n’appartenaient pas à la France », selon Eric Zemmour

Dans son nouvel ouvrage, le polémiste de droite trace un parallèle entre Mohamed Merah et ses victimes, qui ont tous été enterrés à l’étranger - en Algérie et en Israël

Eric Zemmour sur le plateau de l’émission « On est en direct » sur France 2, le 11 septembre 2021. (Crédit : Capture d’écran On est en direct / France 2)
Eric Zemmour sur le plateau de l’émission « On est en direct » sur France 2, le 11 septembre 2021. (Crédit : Capture d’écran On est en direct / France 2)

Invité samedi soir dernier de l’émission « On est en direct » sur France 2, le chroniqueur Eric Zemmour a semblé faire un pas en avant en vue d’une candidature présidentielle l’an prochain.

En pleine promotion de son ouvrage La France n’a pas dit son dernier mot, qui sort cette semaine et qui est déjà n°1 des ventes sur le site Amazon France, le polémiste du Figaro et de CNews a, face à Laurent Ruquier et Léa Salamé, principalement évoqué ses sujets de prédilection : immigration, identité française, islam et islamisme, vie politique…

En direct, Léa Salamé a notamment lu un passage du nouvel ouvrage de son invité, évoquant l’attentat antisémite de l’école Otzar Hatorah de Toulouse en 2012 (la vidéo de l’entretien, d’une durée d’une heure, a depuis été dépubliée du compte YouTube de l’émission).

« La famille de Mohamed Merah a demandé à l’enterrer sur la terre de ses ancêtres en Algérie, on a su aussi que les enfants juifs assassinés devant l’école confessionnelle à Toulouse seraient eux enterrés en Israël. Les anthropologues nous ont enseigné qu’on était du pays où on est enterré. Assassins ou innocents, bourreaux ou victimes, ennemis ou amis, ils voulaient bien vivre en France, faire de la garbure en France ou autre chose, mais pour ce qui est de laisser leurs os, ils ne choisissaient surtout pas la France, étrangers avant tout et voulant le rester par-delà la mort », a écrit Eric Zemmour.

Interrogé sur ce passage et sur le parallèle qu’il tire entre l’enterrement du bourreau et celui de ses victimes, le journaliste a répondu en dénonçant une « défrancisation de la France ».

« Mais je ne reproche rien [à ces proches qui ont fait enterrer les enfants victimes en Israël] ! », a-t-il néanmoins affirmé. « J’essaye de réfléchir rationnellement à une situation. […] Je ne reproche pas aux parents de Mohamed Merah d’avoir voulu enterrer leur enfant en Algérie : il se sentait Algérien. Je ne reproche pas à ces gens, à ces parents juifs, dont les enfants ont été odieusement massacrés… Ils n’appartenaient pas à la France. Bien sûr ! Ils se sentaient Israéliens. C’est pas grave. Je ne leur jette pas la pierre. Je dis qu’il y a là un problème qui se pose à nous. Mes parents sont enterrés en France, ils ne sont pas enterrés en Israël. Le drame français est qu’on ne fait plus de Français. On ne les fait plus à l’école, on ne les fait plus à la télévision, on ne les fait plus dans la culture dominante… Ce texte-là, c’est pour dire : regardez, on n’arrive plus à assimiler, c’est triste. Mais je ne mets pas dans le même sac l’assassin et les victimes ! », a-t-il affirmé, avant que Laurent Ruquier ne critique l’exemple choisi, celui de cet attentat, pour illustrer son propos.

Dans l’émission, Eric Zemmour a également appelé à ce que, en France, des mesures d’assimilation soient mises en place vis-à-vis de la communauté musulmane comme jadis il y en a eu vis-à-vis de la communauté juive. « Pour les musulmans, c’est comme la Révolution française et Napoléon ont fait avec les Juifs », a-t-il affirmé. « La fameuse phrase de Clermont-Tonnerre vous la connaissez : ‘Tout aux Juifs en tant qu’individus, rien en tant que nation’, et bien c’est la même chose. Et Napoléon ajoutait, il disait aux Juifs : ‘Vous devez considérer Paris comme Jérusalem.’ »

Eric Zemmour, relaxé mercredi par la cour d’appel de Paris après des poursuites pour injure et provocation à la haine, a annoncé aujourd’hui la fin de son émission quotidienne sur la chaine CNews, après que le CSA a demandé aux médias audiovisuels de décompter désormais ses prises de parole. Il s’est également mis en retrait du Figaro afin de pouvoir assurer la promotion de son ouvrage et partir à la rencontre de ses lecteurs.

« Le pouvoir en a rêvé, le CSA l’a fait. Le CSA nous contraint à arrêter l’émission. Ci-gît le débat public », a dénoncé l’éditorialiste ce lundi matin sur les réseaux sociaux. « Pendant que le CSA veut mettre fin à mon émission sur CNews, des procureurs dont le temps de parole n’est pas comptabilisé déversent tranquillement leur propagande sur le service public avec les impôts des Français », avait-il écrit hier.

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