Sans le principe essentiel du judaïsme, assiste-t-on au début de la fin ?
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Opinion

Sans le principe essentiel du judaïsme, assiste-t-on au début de la fin ?

Le massacre de Pittsburgh montre une Amérique polarisée et dissonante, souvent haineuse sur les réseaux sociaux - une usine d'extrémisme en ligne. Le judaïsme a la solution

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Un groupe tient une pancarte à l'intersection de Murray Ave. et Forbes Ave. dans le quartier de Squirrel Hill à Pittsburgh lors d'une veillée commémorative en l'honneur des victimes de la fusillade de la synagogue de Tree of life, où un tireur a ouvert le feu, faisant 11 morts et six blessés, dont quatre policiers, samedi 27 octobre 2018. (Crédit : AP Photo / Gene J. Puskar)
Un groupe tient une pancarte à l'intersection de Murray Ave. et Forbes Ave. dans le quartier de Squirrel Hill à Pittsburgh lors d'une veillée commémorative en l'honneur des victimes de la fusillade de la synagogue de Tree of life, où un tireur a ouvert le feu, faisant 11 morts et six blessés, dont quatre policiers, samedi 27 octobre 2018. (Crédit : AP Photo / Gene J. Puskar)

En visitant les Etats-Unis pour la première fois dans les années 1980, alors que j’étais dans ma vingtaine, je fus stupéfait et très agréablement surpris. En tant que juif ayant grandi en Angleterre, j’étais fasciné par le fait que mon nom de famille ne soit ni remarqué ni souligné de manière péjorative en Amérique, « ah, juif ». J’ai grandi en Angleterre dans les années 1970 et au début des années 1980 avec l’antisémitisme en toile de fond, alors qu’en Amérique, il semblait ne pas exister d’antisémitisme.

Dans une Grande-Bretagne où le parti travailliste dirigé par Jeremy Corbyn pourrait bien former le prochain gouvernement, le bruit de fond antisémite est désormais un véritable brouhaha. Beaucoup de juifs britanniques se sentent vulnérables, ciblés, et poussés à s’éloigner de leur patrie juive. Il est bon de rappeler que Corbyn, il y a quelques semaines à peine, voulait que son parti déclare qu’il est acceptable, et pas du tout antisémite, d’affirmer qu’Israël est un projet raciste.

Mais malgré l’hostilité croissante à laquelle sont confrontés plus d’un quart de million de juifs en Angleterre, les six millions de juifs américains sont eux, de manière évidente, devant un danger plus immédiat.

Un raz-de-marée de haine s’est déversé et, avec le massacre de juifs en prière à Pittsburgh samedi – femmes et hommes d’âge mûr ou âgés, assassinés dans une synagogue – l’hostilité perverse est devenue le meurtre de masse.

Il y aura toujours des extrémistes; dans le climat de l’Amérique d’aujourd’hui, ils se sentent pousser des ailes. Et dans l’Amérique actuelle, contrairement au Royaume-Uni, obtenir l’armement nécessaire pour transformer ses pensées sombres en actes meurtriers est facile.

L’Amérique est maintenant divisée et stridente, de plus en plus intolérante, majoritairement engagée dans une orgie de haine sur les réseaux sociaux – une véritable fabrique d’extrémisme en ligne.

Le judaïsme, en son essence, contient le remède : « Ce qui te semble haineux, ne le fais pas à autrui », a résumé Hillel. « Aime ton prochain comme toi-même », commande le Lévitique tandis que Rabbi Akiva décrit cette phrase comme le principe de base de la vie. Suivez cette règle, et personne ne mourra en prière à Pittsburgh ou ailleurs.

En observant depuis Israël la communauté de Pittsburgh aux prises avec ce que l’on décrit déjà comme le pire acte de violence antisémite de l’histoire des États-Unis, nous pleurons et nous nous inquiétons.

Nous nous inquiétons car notre refuge – où la norme est d’être aimés par certains mais également détestés et pris pour cibles par d’autres; où nous ne sommes pas non plus protégés contre l’intolérance meurtrière; où nous sommes éminemment responsables, que nous le voulions ou non, de notre propre défense – pourrait devenir un refuge nécessaire pour les juifs américains. Nous accueillerions avec joie une vague d’alyot faites par choix; et à dieu ne plaise, une vague d’alyot faites par nécessité.

Une terrible fusillade ne signifie pas la fin du climat extraordinairement tolérant de l’Amérique envers le peuple juif. Mais cela marquera le début de la fin si la valeur juive essentielle d’aimer son prochain comme soi-même ne se réaffirme pas. Le début de la fin, non seulement pour les juifs d’Amérique, mais aussi pour le rêve qu’incarne l’Amérique.

Le peuple juif a survécu car le précepte divin qui est au cœur de notre foi est essentiel pour tous. Les juifs, et d’autres, sont pris pour cibles en Amérique parce que ce précepte fondamental est en train d’être oublié.

Cela peut sembler simpliste. C’est juste le fondement de l’humanité.

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