Sara Netanyahu aurait évoqué sa cuisinière « nulle » devant les policiers
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Sara Netanyahu aurait évoqué sa cuisinière « nulle » devant les policiers

Sara Netanyahu, inculpée pour avoir détourné des fonds publics pour acheter des repas gastronomiques, a nié toute malversation et qualifié les récits des témoins de "menteurs"

Sara Netanyahu, épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 22 janvier 2018. (Yonatan Sindel / Flash90)
Sara Netanyahu, épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 22 janvier 2018. (Yonatan Sindel / Flash90)

Les fuites d’information portant sur les retranscriptions du témoignage apporté par l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Sara, lors de son interrogatoire, ont continué dimanche, les médias affirmant qu’elle avait dit à la police que l’une des personnes à l’origine des accusations à son encontre était « nulle en cuisine ».

Netanyahu a nié de manière répétée les accusations qui ont mené à sa mise en examen pour détournement de plus de 100 000 dollars de fonds publics qui auraient servi à acheter des repas gastronomiques. Elle a, par ailleurs, accusé les témoins du dossier de « mensonges ».

Sara Netanyahu a été inculpée la semaine dernière aux côtés d’Ezra Saidoff, ancien directeur-général adjoint du Bureau du Premier ministre, pour tromperie et abus de confiance. Tous deux sont accusés d’avoir frauduleusement dépensé la somme de 359 000 shekels en repas gastronomiques au détriment de l’Etat entre 2010 et 2013.

Dans d’autres retranscriptions du témoignage apporté par Sara Netanyahu à la police durant son interrogatoire et diffusées dimanche par la Dixième chaîne, elle a expliqué aux enquêteurs que l’enquête était un « scandale » et que tout ce qui intéressait ces derniers était « ce que mange le Premier ministre ».

Ces retranscriptions sont venues s’ajouter à celles révélées vendredi, dans lesquelles elle disait faire fonctionner « un régime d’austérité« .

Alors que les récits des témoins lui étaient présentés, la réponse de Netanyahu à presque chaque question a été : « C’est un mensonge ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et son épouse Sara Netanyahu organisent un dîner pour le Premier ministre japonais Shinzo Abe et son épouse Akie, à la résidence du Premier ministre à Jérusalem le 2 mai 2018. (Kobi Gideon / GPO)

L’enquêteur lui a déclaré que les témoins avaient indiqué à la police qu’elle exigeait d’eux de mener à bien toutes les commandes passées, quelles qu’elles soient.

« C’est complètement faux », a-t-elle riposté. « La majorité de mes demandes ont été complètement rejetées. Ils n’ont fait rien de ce que j’ai demandé ».

Elle a insisté sur le fait qu’elle faisait plus attention aux fonds publics que n’importe quel autre Premier ministre israélien et elle a reproché à Menny Naftali — ancien gestionnaire de la résidence du Premier ministre qui, l’année dernière, a remporté le procès qu’il lui avait intenté pour violences verbales et psychologiques – d’avoir « follement jeté l’argent par les fenêtres ».

« Etti Haim (l’une des cuisinières) nous a dit que vous vouliez taire le fait qu’elle cuisinait », aurait dit l’enquêteur à Sara Netanyahu.

« C’est une menteuse et elle fait partie de ce groupe ordurier autour de Menny Naftali », a répondu Sara Netanyahu. « Elle a fait circuler de fausses histoires à mon sujet. Elle est nulle en cuisine. Elle a affirmé une fois que le Premier ministre adorait sa cuisine et c’est un mensonge ».

Le Prince William rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara à la résidence du Premier ministre à Jérusalem le 26 juin 2018. (Crédit : AFP / Pool / Thomas Coex)

Dans l’acte d’inculpation, elle et Saidoff sont accusés d’avoir enfreint des règles interdisant les commandes de repas préparés passées à l’extérieur lorsqu’un chef est d’ores et déjà employé à la résidence du Premier ministre.

Selon l’acte d’accusation, Netanyahu aurait affirmé de manière mensongère qu’il n’y avait pas de cuisinier disponible à la résidence de Jérusalem afin de justifier l’achat de repas à des restaurants.

Les accusations contre Saidoff sont plus sévères dans la mesure où il est également accusé d’avoir embauché de manière illicite des chefs et des serveurs pour des dîners privés au domicile de Netanyahu. Il aurait également falsifié des factures pour de telles activités pour les faire approuver.

Ezra Saidoff, directeur adjoint des opérations au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 10 mai 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La mise en examen porte également sur l’embauche d’un électricien, une embauche qui avait été initialement annulée par le bureau du Premier ministre en raison des liens proches entretenus entre cet homme et la famille Netanyahu.

Le Premier ministre a critiqué les accusations contre son épouse, qu’il a qualifié « d’absurde« .

Les avocats de Sara Netanyahu ont également démenti toute malversation de sa part.

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