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Selon Amir-Abdollahian, Israël chercherait à déstabiliser la Syrie

Le ministre iranien des Affaires étrangères a condamné la frappe d'une cible dans le sud du pays ; selon l'OSDH, la frappe visait des armes à l'intention du Hezbollah

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, s'exprimant lors d'une conférence conjointe avec son homologue syrien, dans la capitale syrienne, Damas, le 2 juillet 2022. (Crédit: Louai Beshara/AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, s'exprimant lors d'une conférence conjointe avec son homologue syrien, dans la capitale syrienne, Damas, le 2 juillet 2022. (Crédit: Louai Beshara/AFP)

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, a condamné samedi une frappe aérienne attribuée à Israël sur la Syrie plus tôt dans la journée.

Amir-Abdollahian a fait une déclaration, peu après son arrivée à Damas, sur la frappe qui a eut lieu au début de sa visite dans la capitale syrienne, où il devait discuter des relations mutuelles et des affaires régionales avec de hauts responsables syriens.

« Nous condamnons fermement les actions du régime sioniste et leur empiètement sur l’intégrité territoriale de la Syrie », a déclaré Amir-Abdollahian, selon l’agence de presse de la République islamique.

« Parallèlement aux sanctions appliquées contre le peuple et la résistance syriens, les sionistes cherchent à déstabiliser et à accroître les problèmes du peuple syrien », a-t-il ajouté.

La Syrie a déclaré samedi qu’Israël aurait effectué une rare frappe aérienne diurne dans le sud du pays, blessant deux personnes.

Il n’y a eu aucun commentaire de la part de Tsahal sur les frappes initiales présumées, conformément à sa politique d’ambiguïté concernant ses activités en Syrie.

Des dommages sont constatés sur une structure après une frappe aérienne attribuée à Israël à al-Hamidiyah, en Syrie, le 2 juillet 2022. (Crédit: Réseaux sociaux)

Tsahal a réalisé des centaines de frappes aériennes en Syrie au cours de la dernière décennie, mais ne reconnaît ou ne discute que rarement de ces opérations.

Israël a déclaré par le passé qu’il visait les bases des milices alliées de l’Iran, en réponse aux efforts de ce dernier pour y établir un front contre Israël, et pour transférer des armes à travers le pays à ses mandataires dans la région, en particulier le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah..

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), un groupe d’opposition basé au Royaume-Uni dont le financement n’est pas clair, a déclaré que la frappe de samedi visait des armes destinées au Hezbollah au Liban. Cette affirmation n’a pas été confirmée par d’autres organisations.

Citant une source militaire, l’agence de presse syrienne SANA a déclaré que les missiles avaient été lancés samedi par des avions de combat israéliens au-dessus de la mer Méditerranée, à l’ouest de la ville de Tripoli, au nord du Liban, sur la ville syrienne d’al-Hamidiyah, au sud de Tartus.

Alors que les attaques israéliennes présumées en Syrie ont généralement lieu sous le couvert de l’obscurité, la frappe présumée de samedi a été effectuée en plein jour, vers 6 h 30 du matin.

Selon SANA, des « fermes avicoles » ont été visées par la frappe aérienne, et deux civils ont été blessés. Leur état n’est pas tout à fait clair. Des dégâts ont également été causés sur le site.

La Syrie affirme souvent que les cibles des frappes israéliennes ne sont pas militaires.

Des images vidéo diffusées par SANA ont montré des décombres sur ce qu’elle a déclaré être le site de l’installation visée.

La frappe de samedi est le premier raid de ce type attribué à Israël sous la direction du Premier ministre Yair Lapid, qui est entré en fonction vendredi matin.

Les attaques israéliennes ont continué dans l’espace aérien syrien, qui est largement contrôlé avec Moscou, et ce malgré la détérioration des liens entre la Russie et Israël, ces derniers mois. L’État juif s’est trouvé en porte-à-faux avec la Russie en apportant un appui de plus en plus visible à l’Ukraine tout en cherchant à conserver sa liberté de mouvement dans le ciel de la Syrie.

La dernière frappe en Syrie attribuée à Israël remonte au 10 juin, lorsque l’aéroport international de Damas a été la cible d’une attaque majeure et a dû être fermé pendant deux semaines, suite aux accusations d’Israël selon lesquelles l’Iran faisait passer des armes au groupe terroriste du Hezbollah libanais, via des vols civils vers la Syrie.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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