Shaked: Chikli m’a induit en erreur sur le regroupement familial palestinien
Rechercher

Shaked: Chikli m’a induit en erreur sur le regroupement familial palestinien

La ministre de l'Intérieur s'en prend à son collègue Amichai Chikli qui a torpillé l'extension de la législation, portant ainsi un coup dur à la coalition naissante

Le député Yamina Amichai Chikli lors de la cérémonie de prestation de serment à la Knesset, le 5 avril 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Le député Yamina Amichai Chikli lors de la cérémonie de prestation de serment à la Knesset, le 5 avril 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked s’en est pris samedi au député Yamina Amichai Chikli – un membre rebelle du parti de droite du Premier ministre Naftali Bennett – pour avoir émis le vote décisif cette semaine contre l’extension de la loi sur le regroupement familial palestinien.

« Il a promis de voter en sa faveur, qu’il ne me surprendrait pas », a écrit Shaked, la numéro 2 de Yamina, sur Facebook. « Je l’ai cru. Mais il a choisi de croire les mensonges du Likud et du Parti sioniste religieux concernant les chiffres fictifs sur les ententes. »

Selon Shaked, Chikli lui a dit qu’il voterait soit pour soutenir une extension de la loi – qui empêche les Palestiniens qui épousent des citoyens israéliens de recevoir automatiquement la citoyenneté ou la résidence – soit qu’il s’abstiendrait.

« S’il m’avait informée 10 minutes avant le vote qu’il avait craqué [sous la pression], nous aurions obtenu un troisième député de Raam », a-t-elle affirmé, en référence au parti islamiste de la coalition, dont deux députés ont voté en faveur de l’extension et deux se sont abstenus.

Le mois dernier, M. Chikli a voté contre la mise en place de la nouvelle coalition, qui regroupe des partis de droite, centristes, de gauche et islamistes et dispose d’une majorité très étroite à la Knesset, même si elle a fait de M. Bennett, le leader de son propre parti, le Premier ministre. Mais il a par la suite déclaré qu’il voterait avec la coalition sur la plupart des questions, semblant ainsi lui apporter un certain soutien, de l’extérieur.

Cependant, la Knesset n’a pas réussi, mardi matin, à approuver une extension de la loi controversée sur le regroupement familial palestinien, après que Chikli s’y soit opposé, portant ainsi un coup dur à la coalition naissante. Le vote qui s’est déroulé tôt dans la matinée – après une nuit de débat – s’est soldé par une égalité, 59 législateurs soutenant la motion et 59 s’y opposant, ce qui signifie que la loi a expiré à la fin de la journée.

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked s’adresse à la Knesset le 6 juillet 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Bennett avait déclaré tôt mardi qu’il considérait le vote comme une motion de confiance envers le gouvernement, après avoir trouvé un accord de compromis avec le parti islamiste Raam de la coalition et les partis de gauche Meretz et Travaillistes pour prolonger la loi de six mois au lieu d’un an. « Quiconque vote en faveur [de la loi] exprime sa confiance dans le gouvernement. Quiconque vote contre, exprime sa défiance envers le gouvernement », a déclaré le président de la Knesset, Mickey Levy, au nom de Bennett.

Toutefois, même si l’opposition avait réuni une majorité absolue de 61 députés lors du vote, le gouvernement serait resté intact. Pour faire tomber la coalition, l’opposition devrait réunir 61 voix ou plus, et soutenir un candidat spécifique au poste de premier ministre, dans une motion officielle de défiance à l’égard du gouvernement.

La loi sur le regroupement familial, qui empêche l’octroi automatique de la citoyenneté israélienne ou de la résidence aux Palestiniens sur la base d’un mariage avec un Israélien, a été promulguée pour la première fois en 2003 et a été prolongée chaque année.

Une manifestation contre la « loi sur la réunification des familles » devant la Knesset, à Jérusalem, le 5 juillet 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

La loi a été initialement adoptée après que quelque 130 000 Palestiniens soient entrés en Israël par le biais du regroupement familial entre 1993 et 2003, notamment pendant le déferlement de terrorisme palestinien de la deuxième Intifada. À l’époque, la principale préoccupation était que certains Palestiniens obtenant le statut d’Israélien s’adonnent à des activités terroristes, mais il y avait aussi un enjeu démographique : les services de sécurité estiment que, sans cette loi, quelque 200 000 Palestiniens obtiendraient la citoyenneté ou la résidence israélienne chaque décennie, a rapporté la Douzième chaîne.

L’agence de sécurité Shin Bet, dans un avis largement relayé par les médias israéliens ces derniers jours, a déclaré que « le principal danger posé par les regroupements familiaux provient du recrutement potentiel [des Palestiniens qui deviennent citoyens ou résidents israéliens] par des organisations terroristes, et de leur potentiel élevé à agir en tant que terroristes solitaires ».

Bien que les partis d’opposition de droite Likud et le parti sioniste religieux soutiennent la loi en principe, ils ont voté contre son extension, avec les partis ultra-orthodoxes et la Liste arabe unie, afin d’embarrasser le gouvernement.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...