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« Shaked n’est ni de droite, ni digne de confiance », assure le député Rothman

La bataille à droite s’intensifie, le parti nationaliste se positionnant pour attirer à lui les électeurs « qui regrettent d’avoir voté pour Yamina et Tikva Hadasha »

Le député du parti Sionisme religieux Simcha Rothman dans son bureau de la Knesset, le 5 juillet 2022. (Crédit : Jeremy Sharon)
Le député du parti Sionisme religieux Simcha Rothman dans son bureau de la Knesset, le 5 juillet 2022. (Crédit : Jeremy Sharon)

Le député Simcha Rothman, du parti d’extrême droite Sionisme religieux, reproche à la dirigeante du parti Yamina, Ayelet Shaked, de n’être ni « digne de confiance » ni « de droite », dans ce qui s’apparente à une nouvelle tentative des ex-alliés de Shaked pour débaucher les électeurs de Yamina.

Rothman a déclaré au Times of Israel que son parti n’envisagerait jamais de se présenter aux côtés de Yamina en raison, estime-t-il, du rôle clé joué par Shaked dans la construction et le maintien au pouvoir du gouvernement sortant. Il a assuré que le parti Sionisme religieux était bien plus fiable pour les électeurs de droite.

En réponse, le cabinet de Shaked a rappelé que de nombreuses politiques de droite avaient été mises en œuvre par l’ex-leader de Yamina, accusant Rothman d’avoir nui à la sécurité israélienne en votant contre le projet de loi [d’initiative gouvernementale] sur la citoyenneté, qui prive les conjoints palestiniens d’Israéliens de la citoyenneté ou de la résidence en Israël.

Plus tôt cette semaine, le leader de Tikva Hadasha, Gidon Saar, s’en est pris à Shaked mais dans le sens opposé, suggérant qu’elle abandonnerait sous peu ses partenaires de coalition pour aider Benjamin Netanyahu et son bloc de droite à revenir au pouvoir, à la faveur des prochaines élections.

Les attaques de Rothman et Saar illustrent la férocité de la bataille qui fait déjà rage pour courtiser les électeurs de Yamina, et la position difficile dans laquelle se trouve le parti de Shaked.

S’exprimant depuis son bureau à la Knesset mardi, Rothman a déclaré que son parti se préparait pour les primaires, programmées le 23 août, et qu’il espérait que la liste qui émergera « séduira ceux qui regrettent d’avoir voté pour Yamina et Tikva Hadasha ».

Il a exclu toute perspective d’alliance entre le parti Sionisme religieux et Yamina, que tous deux, sous des formes différentes, ont pu nouer par le passé.

« On peut en dire ce qu’on veut, mais elle n’est pas de droite et elle n’est pas digne de confiance », a affirmé Rothman à propos de Shaked, qu’il a qualifiée « d’architecte (parmi d’autres) » du gouvernement sortant.

Naftali Bennett, chef du parti Yamina, à droite, et la députée Yamina Ayelet Shakeddans la salle du plénum du parlement israélien lors du scrutin pour les élections présidentielles, à Jérusalem, le 2 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Il a assuré que les électeurs de Yamina avaient « perdu leur parti », avant d’ajouter ne pas « comprendre pas comment quelqu’un de sain d’esprit peut faire confiance à quelqu’un qui a déjà trahi sa confiance ».

Shaked a pris la tête de Yamina suite à l’annonce, par l’ex-Premier ministre Naftali Bennett, qu’il ne se présenterait pas aux prochaines élections.

Suite aux propos de Rothman, le cabinet de Shaked a déclaré mercredi matin que « pendant que Rothman passait son temps à vociférer et à diffamer, Shaked s’appliquait à protéger les valeurs de droite, àdoubler le salaire des femmes pendant le service national, à intégrer le budget de l’éducation religieuse au budget général de l’État, à augmenter considérablement les budgets des conseils régionaux en Judée-Samarie [implantations de Cisjordanie], à veiller à ce qu’il n’y ait pas de consulat américain à Jérusalem [pour les Palestiniens], à convoquer le Conseil supérieur de planification de l’administration civile pour effectuer des constructions en Judée-Samarie malgré les difficultés, et pour la première fois depuis longtemps, à établir 14 nouvelles villes dans le Neguev et le Golan.

Courtiser les ultra-orthodoxes ?

Une autre source de voix pour le parti Sionisme religieux se trouve du côté de la communauté ultra-orthodoxe, ou haredi, qui lui a déjà accordé des soutiens lors de récentes élections.

À la question de savoir si le Sionisme religieux irait chercher les voix ultra-orthodoxes, Rothman s’est montré prudent, probablement soucieux de ne pas contrarier les alliés haredi de son parti, le parti YaHadout HaTorah et le Shas.

Il a toutefois noté que certains rabbins ultra-orthodoxes, tels que le rabbin Meir Mazuz, avaient dit aux membres de leur communauté qu’ils pouvaient voter pour le Sionisme religieux, et a affirmé que le parti « était une bonne option pour eux ».

S’agissant du partenaire politique kahaniste du Sionisme religieux, Otzma Yehudit, Rothman a déclaré qu’il « espérait vraiment » que les deux partis se présentent à nouveau sur une liste commune, comme ils l’avaient fait lors des élections de 2021, et qu’il « avait beaucoup de respect » pour le chef d’Otzma, le député Itamar Ben Gvir.

Le député Itamar Ben Gvir assiste à une marche de militants de droite dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 avril 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Rothman a fait savoir qu’il ne croyait pas qu’Otzma et Ben Gvir étaient des extrémistes ou des racistes, soulignant que la Cour suprême avait rejeté les allégations selon lesquelles Ben Gvir était raciste, lui permettant de se présenter à la Knesset.

Il décrit Ben Gvir et ses opinions comme étant « presque communes », assurant à propos des différences idéologiques entre les deux partis. « Je ne vois pas de grande différence entre l’idéologie de Ben Gvir et celle du Likud, de Shas, de YaHadout HaTorah ou de Yamina. »

Otzma Yehudit est le successeur politique du parti extrémiste Kach, fondé et dirigé par le rabbin ultranationaliste Meir Kahane, assassiné en 1990.

La profession de foi du parti comprend une clause stipulant que le parti a vocation à « éliminer les ennemis d’Israël de notre pays » et créer une « autorité nationale encourageant l’émigration » des citoyens arabes d’Israël.

Ben Gvir a lui-même déclaré que les citoyens arabes qui n’étaient « pas loyaux » à l’État d’Israël devraient être expulsés, sans préciser ce qu’il entendait par loyauté.

Le chef du parti Sionisme religieux, Bezalel Smotrich, et le parti de l’Union nationale, prédécesseur du Sionisme religieux, ont par le passé adopté dans le cadre de leur plate-forme des politiques visant à encourager les Palestiniens à émigrer de Cisjordanie.

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