Suède: le parti d’extrême-droite réclame l’interdiction de la circoncision
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Suède: le parti d’extrême-droite réclame l’interdiction de la circoncision

Pour les Démocrates de Suède, la pratique non médicale de cet acte est une forme "arriérée" de maltraitance des enfants et une atteinte à leur intégrité et à leur autodétermination

Illustration : cérémonie de circoncision. (Crédit : yoglimogli, iStock by Getty Images))
Illustration : cérémonie de circoncision. (Crédit : yoglimogli, iStock by Getty Images))

Un dirigeant du parti populiste de droite des Démocrates de Suède a présenté un projet de motion demandant l’interdiction de la circoncision non médicale des garçons, que le texte qualifie de sévices « arriérés » envers les enfants.

Le secrétaire des Démocrates de Suède, Richard Jomshof, a présenté mercredi au Riksdag, le Parlement suédois, où son parti est le troisième en importance avec 18 % des sièges, le projet d’une motion non contraignante sur la circoncision.

Intitulé « Interdiction de la circoncision non médicale », le texte proposé, qui n’a pas encore fait l’objet d’un vote, stipule que « le Riksdag soutient ce qui est dit dans la motion visant à interdire la circoncision non médicale des enfants et en informe le gouvernement ».

Dans son argumentation en faveur du projet de motion, Jomshof affirme que cette tradition – que les Juifs pratiquent sur des bébés de 8 jours et que de nombreux musulmans pratiquent un peu plus tard durant l’enfance – constitue pour les enfants un mauvais traitement et une atteinte à leur intégrité et à leur droit à disposer d’eux-mêmes ».

L’argumentation prend également en compte le fait que plusieurs associations et agences médicales en Suède s’opposent à la circoncision non médicale des garçons pour ces raisons, bien que cela ne soit pas interdit par la loi. Parmi les organismes mentionnés figurent le Conseil suédois des soins infirmiers et l’Association suédoise pour l’enfance.

Le chef du parti Démocrates de Suède, Richard Jomshof, s’adresse à la presse à Stockholm, Suède, le 9 septembre 2018. (Michael Campanella/Getty Images via JTA)

« Il serait triste que la Suède apparaisse au niveau international comme une nation arriérée au lieu de chercher activement à protéger les droits de l’enfant », a ajouté Jomshof.

Dans toute la Scandinavie, la circoncision non médicale des garçons de moins de 18 ans fait l’objet d’un débat sur les droits des enfants et les libertés religieuses. Les médiateurs des enfants de tous les pays nordiques – Finlande, Islande, Danemark, Suède et Norvège – ont publié une déclaration commune en 2013 proposant une interdiction, bien qu’aucun de ces pays n’en ait adopté une.

Dans le débat, la circoncision est attaquée par les politiciens de droite qui la considèrent comme une importation étrangère dont la prolifération est souvent associée principalement à l’immigration musulmane. Et la gauche libérale et athée s’y oppose également en dénonçant une forme primitive de maltraitance à l’égard des enfants.

Le parti Démocrates de Suède, opposé à l’islam, a considérablement augmenté sa part de voix aux élections législatives du mois dernier, atteignant environ 18 % contre 12,9 % lors de l’élection précédente.

Alors qu’il a une attitude favorable à l’égard de l’État juif – le mois dernier, un membre du parti a présenté un projet de motion demandant à ce que l’ambassade de Suède en Israël soit déplacée à Jérusalem – le parti a des antécédents problématiques par rapport au peuple juif. Avant les élections, des politiciens régionaux des Démocrates de Suède ont tenu des propos antisémites en ligne, notamment en utilisant une photo d’Anne Frank pour se moquer des victimes de la Shoah.

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